Survie et développement de l’enfant

L’équité pour la survie et le développement des enfants : une chance d'améliorer les choses

La Séries d'interviews de « Progrès pour les enfants »

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2009/Markisz
Richard Morgan, Directeur des politiques et des pratiques à l'UNICEF.

L'édition 2010 de « Progrès pour les enfants », de l'UNICEF, montre que malgré une avancée vers les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), une grande partie des enfants les plus pauvres et les plus défavorisés continuent d'être laissés pour compte. L'UNICEF a invité plusieurs spécialistes afin qu'ils présentent leurs idées sur ce qui peut être fait en vue de la réalisation des OMD pour tous.

Par Eileen Wu

NEW YORK, États-Unis, 9 septembre 2010 – Le thème du rapport phare « Progrès pour les enfants » de cette année, « Atteindre les OMD avec équité », fait référence à l'écart des chances entre les nantis et les démunis dans le monde. C'est un écart qui, dans certains cas, s'est creusé au cours des deux dernières décennies.  

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Proportionnellement, comme le montrent les analyses du rapport, un nombre de plus en plus grand d'enfants qui meurent dans leurs cinq premières années de vie se trouvent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Et dans toutes les régions du monde en développement, les enfants les plus pauvres – ceux qui vivent dans les 20 pour cent des ménages les plus pauvres – ont un risque deux fois plus important de mourir avant l'âge de cinq ans que les enfants de leur âge les plus riches. 

Réduire l'écart

Pour progresser davantage vers l’Objectif 4 du Millénaire pour le développement des Nations Unies, qui a pour but de diminuer de deux tiers la mortalité infantile, ces écarts entre et à l'intérieur des régions doivent être réduits. Au cours d'une récente interview, Richard Morgan, Directeur de la division des politiques et des pratiques à l'UNICEF, explique pourquoi.

« Ces enfants qui ne sont pas vaccinés, ces mères qui n'ont pas accès aux soins prénatals sont vraiment ceux sur lesquels nous devons concentrer nos moyens si nous voulons faire les progrès les plus rapides, » dit-il.

Des millions d'enfants continuent de mourir avant l'âge de cinq de causes évitables comme la pneumonie et la diarrhée, souvent aggravées par la sous-nutrition. Richard Morgan affirme que  l'apport de compléments nutritionnels, les vaccinations et les médicaments, en plus des conseils pratiques à l'intention des mères et des pères, sont essentiels pour la survie du jeune enfant.   

Une fois de plus, ce sont les enfants issus des familles les pauvres et ceux vivant dans les zones rurales qui semblent être laissés à l'écart de ces actions indispensables. Par exemple, dans les pays qui ont réduit le nombre général d'enfants atteints d'insuffisance pondérale, ce sont les ménages les plus pauvres qui progressent le moins.

Atteindre ceux qui restent hors d'atteinte

« Chaque dirigeant devrait savoir qui sont les familles les plus pauvres, où elles se trouvent et comment les atteindre, » dit Richard Morgan.
Pour atteindre ceux qui restent hors d'atteinte, il faut commencer par savoir qui est laissé à l'écart et pourquoi.

« De nombreuses familles sont confrontées à des obstacles, » explique Richard Morgan. « Il se peut que les distances qu'elles aient à parcourir soient trop importantes, il se peut qu'elles manquent de temps ou qu'elles n'aient pas l'argent qui leur est nécessaire pour payer les honoraires locaux. Nous devons comprendre le rôle des obstacles auxquels se heurtent ces familles. »

« Une solution répandue qui a prouvé son efficacité, » dit Richard Morgan, « apporte un ensemble de services disponibles dans les cliniques et les dispensaires auprès des familles qui, autrement, n'y auraient pas accès. » 

Les « Journées de la santé de l'enfant » où des prestations multiples, comme la vaccination contre la rougeole et l'administration de vermifuge, sont offertes au même moment, à une date spécifique, dans les villages et les zones urbaines, sont un bon exemple de cette stratégie.

Autonomisation des communautés locales

Les maladies diarrhéiques, une des causes principales de mortalité chez les enfants, sont liées à un mauvais assainissement. A la fin des années 90, le Bangladesh a été le premier à utiliser une  démarche appelée « Assainissement intégral mené par la communauté » qui réunissait les communautés pour pouvoir trouver des alternatives à la défécation à l’air libre. Cette opération s'était employée à modifier les normes de la communauté et faisait appel au sentiment de fierté qu'éprouvaient tous ses membres lorsqu'ils utilisaient des latrines.

Des opérations similaires ont depuis été introduites dans plus de 40 pays répartis sur quatre continents à la fois dans des zones rurales et urbaines.

Et, c'est peut-être le plus important, les demandes de changement émanent souvent de la communauté elle-même.

Depuis l'introduction du programme d'assainissement, le Bangladesh a enregistré une réduction spectaculaire de la défécation à l’air libre. Des améliorations dans l'utilisation des installations sanitaires ont même touché les segments les plus pauvres de la population. Ces leçons à tirer, qui se sont accumulées au fil des années, illustrent les possibilités à venir – pour s'assurer que les enfants les plus défavorisés ne soient pas laissés à l’écart des progrès d'ensemble vers les OMD.

« Il y a de nombreux pays qui ont atteint une plus grande égalité en terme de survie de l'enfant, » dit Richard Morgan. « Nous devrions être stimulés par ces réussites, nous devrions en tirer des leçons. »


 

 

Audio (en anglais)

Le Directeur des Politiques et Pratiques de l'UNICEF, Richard Morgan, aide à faire comprendre certaines des conclusions importantes contenues dans les « Progrès pour les enfants ».
AUDIO écouter

Voici une transcription de l'interview.
[PDF en anglais]

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