Survie et développement de l’enfant

Progrès pour les enfants : l’UNICEF qualifie les décès des mères d’ « indicible tragédie »

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© UNICEF/HQ07-1056/Asselin
Mariana Coulibaly, 16 ans, est assise dans un lit d’une maternité du Sénégal durant les derniers moments de l’accouchement. L’UNICEF soutient dans la région des programmes pour la santé des mères et des enfants.

Par Chris Niles

NEW YORK, Etats-Unis, 19 septembre 2008 – Un rapport publié aujourd’hui par l’UNICEF révèle l’écart scandaleux qui sépare les femmes des pays en développement et celles des pays industrialisés en ce qui concerne les grossesses et les accouchements.

« Progrès pour les enfants : mortalité maternelle, un bilan statistique » révèle que plus d’un demi million de femmes  meurent chaque année à la suite de complications survenues pendant la grossesse et l’accouchement. Quelque 99% de ces décès, qui auraient pu être évités dans leur vaste majorité, se produisent dans les pays en développement.

Les  régions où la situation est la pire pour accoucher sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud. A elles deux, elles représentent 84% des décès maternels. Le pays du monde où la situation est la pire pour la mortalité maternelle est le Niger. On estime que les chances de décès y sont d’une sur sept.

Les causes sous-jacentes des décès maternels

« Il s’agit d’une indicible tragédie », a déclaré le Dr Peter Salama, Chef des services de santé de l’UNICEF. « Les causes de la mortalité maternelle sont claires, a-t-il ajouté, et les moyens de les combattre sont tout aussi clairs. Et pourtant des femmes continuent de mourir alors que ces décès auraient pu être évités ».

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Au Népal, une sage-femme vérifie la tension artérielle d’Anisha Ghimire, 26 ans, alors que celle-ci se prépare à accoucher. Peu après, Anisha a donné naissance à un bébé de sexe masculin en pleine santé.

Les femmes meurent car elles ne reçoivent pas les soins de santé de base avant, pendant et après l’accouchement, affirme le rapport. Des facteurs sociétaux, notamment la condition inférieure des femmes,  contribuent à entraver de façon significative l’accès des femmes aux soins dont elles ont besoin.

« Nous devons nous attaquer aux causes essentielles et sous-jacentes [telles que] la condition inférieure de la femme, développer le niveau d’instruction des filles et faire ce que nous pouvons pour accroître l’autonomie des femmes, » affirme le Dr Salama.

Elargir à plus grande échelle les soins de santé

Bien que des progrès aient été accomplis dans certains pays, la mortalité maternelle reste dans son ensemble un des domaines les plus négligés de la santé publique.  Il faut un élargissement radical des prestations de santé régulières et de qualité pour réduire le nombre de décès maternels de 75% d’ici à 2015, une des cibles de l’Objectif du Millénaire pour le développement.

Le rapport « Progrès pour les enfants » souligne que l’amélioration de la santé des femmes ne représente pas seulement une obligation morale mais qu’elle est logique en terme d’investissement car les enfants ayant une mère en bonne santé ont une plus grande chance d’être eux-mêmes en bonne santé.

« Nous savons que,  lorsque sa mère est malade, l’enfant n’aura pas accès au lait  maternel qui lui est indispensable durant les six premiers mois de sa vie, » affirme le Dr Salama. « Et des données très solides suggèrent que les taux de mortalité sont plus élevés chez les enfants qui grandissent sans mère. »


 

 

Vidéo (en anglais)

16 septembre 2008 :
le reportage de la correspondante de l’UNICEF Chris Niles sur les facteurs responsables des décès des femmes dans les pays en développement.
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Reportage photo spécial (en anglais)

Time Magazine: Death and Life in Sierra Leone
(lien externe, s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)

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