Survie et développement de l’enfant

Un cap primordial a été franchi : le nombre de décès d’enfants passe sous la barre des 10 millions pour la première fois

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Des enfants d’âge préscolaire sourient lors du programme Consol Homes Orphan Care organisé pour les orphelins du Malawi avec le soutien de l’UNICEF. Le taux de mortalité des moins de 5 ans a chuté de 29 pour cent dans le pays entre 2000 et 2004.

Par Amy Bennett

NEW YORK, Etats-Unis, 13 septembre 2007 – Le monde vient de passer un cap primordial dans la survie de l’enfant. Pour la première fois dans l’histoire moderne, le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année est passé en dessous de la barre des 10 millions par an.

Les nouveaux chiffres rapportés par l’UNICEF aujourd’hui indiquent des progrès solides : le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans est de 9,7 millions – alors qu’il atteignait presque les 13 millions en 1990.

Ce succès donnera une nouvelle impulsion aux efforts accomplis pour se rapprocher des Objectifs du Millénaire pour le développement adoptés par les dirigeants de la communauté internationale en 2000. En atteignant l’OMD 4 – une réduction des deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans entre 1990 à 2015 – on pourrait éviter chaque année la mort de 5,4 millions d’enfants.

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Une mère et son fils de 18 mois sous une moustiquaire donnée par C-NES, un partenaire de l’UNICEF dans l’Etat indien d’Assam.

Des interventions sanitaires de base

La Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman a qualifié d’ « historique » ces nouveaux chiffres tout en insistant sur le travail qu’il restait à accomplir. « La perte de 9,7 millions de jeunes vies chaque année est inacceptable », a-t-elle déclaré, « la plupart de ces décès auraient pu être évités et, comme en attestent les progrès récents, il existe des solutions qui ont fait leurs preuves ».

De fait, les progrès résultent en grande partie de l’adoption généralisée d’interventions sanitaires de base, comme l’allaitement maternel exclusif au sein très vite après la naissance, la vaccination anti-rougeole, les compléments de vitamine A pour renforcer le système immunitaire de l’enfant et l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide à titre de prévention contre le paludisme.

Des traitements appropriés contre la pneumonie, les maladies diarrhéiques et la malnutrition sévère et le traitement du VIH/SIDA pédiatrique sont également importants pour la survie de l’enfant – de même que la promotion de l’hygiène et l’accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement.

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Un garçon autochtone Wayuu pleure alors qu’il se fait vacciner contre la rougeole au cours d’une campagne de vaccination, organisée avec l’appui de l’UNICEF dans l’Etat de Zulia, au nord-ouest du Venezuela.

Principales conclusions sur la mortalité des enfants de moins de cinq ans

Les statistiques publiées aujourd’hui proviennent d’une analyse de sources de données nationales mises au point par l’UNICEF et ses partenaires, notamment des enquêtes à grappes à indicateurs multiples et des enquêtes démographiques et sanitaires, Outre la réduction sans précédent du nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde, les enquêtes mettent à jour les résultats suivants :

  • Toutes les régions ont progressé vers la diminution des taux de mortalité des moins de cinq ans. Les diminutions les plus rapides entre 1990 et 2006 sont intervenues en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Europe centrale et orientale et dans la Communauté d’Etats indépendants, et en Asie orientale et Pacifique.
  • Auparavant, la plupart des décès d’enfants survenaient en Asie. Aujourd’hui, près de 50 pour cent des décès d’enfants surviennent en Afrique subsaharienne. Si les tendances actuelles se maintiennent, en 2015, près de 60 pour cent de tous les décès des enfants de moins de cinq ans auront lieu en Afrique subsaharienne.
  • La diminution du taux de mortalité des moins de cinq ans en Asie a contribué au fléchissement mondial. Depuis 1990, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans en Chine est passé de 45 pour 1 000 naissances vivantes à 24 pour 1 000 en 2006, une réduction de 47 pour cent. En Inde, le taux de mortalité des moins de cinq ans a plongé, passant de 115 à 76 pour 1 000 naissances vivantes dans le même laps de temps, soit une réduction de 34 pour cent.

Progrès et problèmes en Afrique

En dépit de la tendance globale en Afrique subsaharienne, on constate des progrès considérables dans plusieurs pays de la région. Au Malawi, par exemple, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de 29 pour cent entre 2000 et 2004 et l’on a constaté des réductions de plus de 20 pour cent en Ethiopie, au Mozambique, en Namibie, au Niger, au Rwanda et en Tanzanie.

C’est encore dans les pays d’Afrique de l’Ouest et centrale que l’on trouve les taux de mortalité des enfants les plus élevés. En Afrique australe, les progrès obtenus après de gros efforts pour la survie de l’enfant ont été sapés par la propagation du VIH et du SIDA.

Si l’on continue d’appuyer les initiatives en faveur de la santé des enfants, d’augmenter  les financements et d’élargir les partenariats, on pourra améliorer encore davantage la survie de l’enfant, tant au niveau mondial que régional. Cela revêt d’ailleurs une importance critique : la vie des enfants les plus jeunes et les plus vulnérables est en jeu.

Avec la contribution de Tim Ledwith.


 

 

Vidéo (en anglais)

13 septembre 2007 :
La Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman commente les dernières statistiques qui indiquent une diminution considérable de la mortalité des enfants dans le monde.

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