Survie et développement de l’enfant

Innocenti : de plus en plus d’enfants pauvres dans les pays riches

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© UNICEF/HQ97-0211/Press
Tiffany, 10 ans, est assise avec sa mère et son beau-père sur un banc public, en Floride, aux États-Unis. Sans domicile fixe depuis des mois, on les envoie, elle et sa sœur, chez sa grand-mère, dans un autre Etat.

NEW YORK, 1er mars 2005 – Selon le dernier rapport de l’UNICEF en provenance du Centre de recherche Innocenti de Florence, le pourcentage d’enfants vivant dans la pauvreté, soit avec moins d’un dollar des E.-U. par jour, a augmenté dans la plupart des pays développés depuis le début des années 90.

Cette publication, la sixième de la série des Fiches Innocenti, est conçue pour suivre ce que les pays industrialisés ont réalisé afin de promouvoir les droits de leurs enfants. Elle est en outre la première d’une série de rapports d’Innocenti sur « La pauvreté des enfants dans le monde en développement ».

Le rapport s'interroge sur les causes de cette hausse des taux de pauvreté et sur les raisons expliquant pourquoi certains pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) obtiennent de bien meilleurs résultats que d’autres dans la protection des enfants contre ce risque.

Aux premiers rangs de la lutte contre la pauvreté des enfants, on trouve le Danemark et la Finlande, avec des taux inférieurs à 3 pour cent, mais la Norvège est le seul pays de l’OCDE dont on peut dire que le taux de pauvreté infantile est « très faible et en baisse continue ». Les États-Unis et le Mexique figurent dans le bas du classement, avec des taux supérieurs à 20 pour cent.

« Ces résultats sont impressionnants », déclare le conseiller principal en politique mondiale de l’UNICEF, Gaspar Fajth. « Il est évident que les dépenses et les interventions publiques en faveur des enfants jouent un rôle de protection. Nous savons que c’est le cas dans les pays pauvres, mais le rapport constate qu’il en est de même dans les pays riches ».

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Un garçon sans domicile fixe, en compagnie de sa famille, à l’entrée de la soupe populaire de la ville de Halifax, sur la côte est des États-Unis.

La pauvreté des enfants n’a pas la même signification dans les pays riches que dans le monde en développement, où la moitié des enfants n’ont pas accès aux soins de santé de base ou à l’éducation. Les chiffres se réfèrent à la pauvreté relative, définie comme un revenu inférieur à 50 pour cent de la médiane nationale. Ils indiquent que 40 à 50 millions d’enfants, vivant dans certains des pays les plus riches, grandissent dans la pauvreté.

Gaspar Fajth déclare que «ce rapport contient un message essentiel, un message selon lequel aucun pays, même parmi les plus riches, ne peut réduire la pauvreté infantile de façon constante et appréciable sans tenir compte des aspects politiques. Aucun pays, même parmi les plus riches, ne peut réduire la pauvreté infantile sans définir très clairement ce que la pauvreté infantile signifie.  Aucun pays, même parmi les plus riches, ne peut obtenir une baisse importante de la pauvreté infantile s’il n’accorde pas la priorité aux enfants. »

Selon le rapport, trois facteurs principaux ont une incidence déterminante sur la pauvreté des enfants : les facteurs démographiques et familiaux; les facteurs liés au marché du travail, y compris les changements intervenant au niveau des revenus et de l’emploi des parents; et les interventions publiques.  Les résultats incitent à penser que les pouvoirs publics disposent d’un potentiel appréciable de réduction de la pauvreté infantile sans être obligés de se lancer dans des dépenses supplémentaires. Ces résultats montrent que des pays se situant dans la moyenne ont différents types de dépenses. Par conséquent, ce qui importe, ce n’est pas la somme d’argent dépensée mais plutôt comment elle est dépensée.

Gaspar Fajth déclare en conclusion que ce rapport ne cherche pas à critiquer quelque pays que ce soit, mais à favoriser le dialogue à ce sujet. « Le but , dit-il, c’est que les pays apprennent entre eux comment parvenir à réduire la pauvreté infantile ».


 

 

Vidéo (en anglais)

25 février 2005 : le Conseiller principal pour la politique mondiale de l’UNICEF, Gaspar Fajth, commente les conclusions du rapport Innocenti.

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