L'enfant dans la famille

Uruguay : égalité entre sexes et rapports familiaux démocratiques

Image de l'UNICEF
© UNICEF Uruguay/2004/Contrera

Comme dans bien d’autres pays, la famille en Uruguay a subi d’importantes transformations ces dernières années.

Le divorce et les séparations se sont multipliés, et le nombre d’enfants vivant dans un foyer d’où le père est absent a fortement augmenté.
Bien que les femmes uruguayennes profitent plus que les hommes des possibilités de s’instruire, elles sont plus souvent sans emploi ou en sous-emploi que les hommes, malgré leur très forte présence sur le marché du travail. Les femmes gagnent un salaire inférieur à celui des hommes pour le même type de travail et assument en grande partie la responsabilité des tâches domestiques et des soins prodigués aux enfants.

Pour comprendre les effets de ces transformations sur la famille uruguayenne, sur l’éducation des enfants et sur les relations entre hommes et femmes au sein du foyer, l’UNICEF a soutenu des recherches effectuées par l’Université de la République d’Uruguay.

Ces recherches indiquent clairement que les hommes et les femmes ne sont pas à égalité lorsqu’il s’agit de s’occuper des enfants. L’un des points qui a attiré le plus d’attention est le déclin économique des foyers dans lesquels les parents se sont séparés ou ont divorcé. Un grand nombre de pères cessent de contribuer à la sécurité économique de leurs enfants après une séparation. À Montevideo, la capitale, 60 % des pères ne paient aucun type de pension alimentaire. La situation est encore compliquée par le fait que 32 % des enfants dont les parents se sont séparés n’ont plus aucun contact avec leur père. Par conséquent, les mères doivent assumer toutes les responsabilités de l’éducation des enfants dans un foyer dont le budget est  considérablement réduit.

Les soins aux enfants et les travaux domestiques sont la responsabilité des femmes, quelle que soit la structure familiale. Un fort pourcentage de femmes uruguayennes ont deux emplois différents en plus du travail qu’elles font à la maison. Par conséquent, conclut l’étude, les femmes qui n’ont pas d’enfants ont plus de satisfaction dans la vie que les mères de famille.

Pour trouver des pratiques efficaces de soins des enfants qui respectent en même temps les droits des femmes, il faut : identifier les types de tâches accomplies par les hommes et les femmes pour s’occuper des enfants ; le temps qu’ils consacrent à ces tâches ; et les membres de la famille mis à contribution. L’étude a sensibilité l’opinion aux problèmes familiaux qui ont des répercussions sur les enfants, et pourra contribuer à revoir et à formuler des politiques publiques.

L’UNICEF et l’université ont prouvé qu’il fallait encourager et promouvoir une paternité plus responsable, tout en garantissant les droits des femmes et des enfants. Les dirigeants politiques, ainsi que tous les Uruguayens et Uruguayennes, joueront un rôle essentiel dans la prise de mesures législatives et sociales propres à briser les stéréotypes sexuels qui prévalent aujourd’hui dans la société uruguayenne.


 

 

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