En bref : Viet Nam

Au Viêt-Nam, des moines bouddhistes combattent la stigmatisation et sensibilisent au VIH

Image de l'UNICEF
© UNICEF Viet Nam/2010/Bisin
Dans une pagode au Viêt-Nam, un moine Bouddhiste mène une session de communication avec des enfants pour tâcher d’en finir avec la stigmatisation et la discrimination envers les personnes affectées par le VIH et le SIDA.

Par Sandra Bisin

HANOI, Viêt-Nam, 13 mai 2011 – Nha, 31 ans, rayonne de fierté et d'amour pour sa petite fille Thuy, 8 ans, qui rentre à la maison après l'école. La fillette  lance un sourire espiègle à sa mère et grimpe rapidement sur ses genoux pour s'enlacer.

« C'est seulement quand Thuy a eu quatre ans que nous avons découverts qu'elle aussi était positive au VIH », se remémore Nha. « Elle avait toujours eu des tests négatifs et la nouvelle est venue comme un choc. J'aime tellement ma fille. Je me suis alors sentie inquiète et déprimée, et j’ai commencé à perdre espoir dans l'avenir ».

Thuy est maintenant en troisième année. « J'aime beaucoup aller à l'école », dit-elle. « J'ai des amis et j'apprends beaucoup de choses chaque jour ». À l'école, personne n'a connaissance de de son statut VIH.

Affronter la stigmatisation, faire face au VIH

« J'ai des amis qui ont décidé de révéler le fait que leur enfant était séropositif. Quand les parents d'autres élèves l’ont appris, ils ont refusé de laisser l'enfant revenir à l'école. Ca ne pouvait être pire. Je ne veux pas que ma fille souffre, donc je me tiens juste tranquille », raconte Nha.

Thuy et Nha subissent régulièrement des contrôles de santé à l'hôpital voisin. Chaque mois, Thuy, Nha et son deuxième mari, Anh, bénéficient gratuitement d'un traitement anti-rétroviral. Le premier mari de Nha est mort du SIDA en 2002.

« Il travaillait dans la construction et voyageait beaucoup. Il a probablement contracté la maladie en ayant des rapports sexuels non protégés avec une prostituée », dit Nha. À la même époque, elle a découvert son propre statut VIH.

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Le moine Huan, moine en chef à la pagode de Phap Van à Hanoi, au Viêt-Nam, organise deux fois par semaine des sessions d'enseignement Bouddhistes sur la réduction de la stigmatisation du VIH. Plus de 2000 enfants et jeunes ont suivi ces sessions ces deux dernières années.

« J'ai beaucoup pleuré quand le docteur m'a dit que j'étais séropositive. C'était il y a longtemps maintenant, mais je me le rappellerai pour toujours. Je ne savais rien de la maladie, et le docteur a expliqué ce que cela signifiait. J'étais désespérée », dit Nha.

Espoir et soutien spirituel

Il y a quelques années, les amis de Nha l'ont emmenée à la pagode de Phap Van, où elle a rencontré le Moine Huan et son équipe composée de moines et de volontaires qui fournissent aide et assistance aux enfants affectés par le VIH et à leurs familles.

« Ils m'ont non seulement donné de la nourriture, mais aussi un soutien émotionnel et psychologique énorme », dit-elle. « J'ai pu aussi rencontrer des personnes qui vivaient une histoire semblable à la mienne. Je me suis aperçue que je n'étais pas seule. Cela m’a vraiment aidé à avancer. J'ai aussi appris comment m’adresser à ma communauté et ainsi protéger ma famille ».

À la pagode, le Moine Huan organise deux fois par semaine des sessions d'enseignement Bouddhistes. « Par ces sessions, nous essayons de réduire la stigmatisation autour du VIH et nous informons sur le VIH : comment il se transmet, comment se protéger. Plus de 2000 enfants et jeunes ont suivi ces sessions ces deux dernières années ».

En plus des sessions d'enseignement, une équipe de volontaires formés par les moines organise des visites mensuelles dans environ 40 familles du voisinage.

L'« Initiative de leadership bouddhiste »

Environ 280 000 adultes et enfants vivent avec le VIH au Viêt-Nam. Dans ce  pays à la population majoritairement Bouddhiste, les moines Bouddhistes sont fortement respectés et influents.

L'« Initiative de leadership bouddhiste »  a été mise en place par l'UNICEF au Viêt-Nam en 2003. Dans le cadre de cette Initiative, l'UNICEF collabore avec le gouvernement et les partenaires internationaux pour former des moines à soutenir les besoins spécifiques des personnes affectées par le VIH - et à renforcer la prise de conscience dans leurs communautés sur le VIH et le SIDA.

« Les moines bouddhistes sont la clé de notre stratégie pour diminuer la stigmatisation et la discrimination envers les familles vivant avec le VIH/SIDA », explique la Spécialiste du VIH et du SIDA à l'UNICEF Viêt-Nam, Yasuda Tadashi.

« La pagode m’apporte un grand soutien spirituel », dit Nha. « Ils sont une inspiration pour moi. Je me suis fait beaucoup d'amis à la pagode. Cela me fait espérer en un avenir plus radieux, particulièrement pour ma fille. Je veux que son rêve se réalise. Elle veut devenir professeur ».

L'UNICEF apporte son aide pour la mise en oeuvre du modèle d'« Initiative de leadership bouddhiste » dans sept pagodes des deux principaux centres urbains du pays (trois à Hanoi et quatre à Hô-Chi-Minh-Ville). En pariant sur le succès de l'initiative, le Front de la Patrie du Viêt-Nam a récemment lancé un programme pour reproduire cette approche dans 40 autres provinces dans tout le pays.


 

 

Campagne contre le SIDA

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