Ouganda

La double mission d’Angélique Kidjo dans le Nord de l’Ouganda : sensibiliser aux dangers du VIH/SIDA et faire renaître l’espoir

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Angélique Kidjo, Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, en compagnie d’une jeune enfant et de sa mère (à l’arrière-plan à droite) au centre d’alimentation thérapeutique de l’hôpital régional de Lira dans le Nord de l’Ouganda.

Par Sarah Crowe

DISTRICT de LIRA, Ouganda, 21 novembre 2006 – Au cours d’une visite officielle de deux jours effectuée dans le Nord de l’Ouganda, une région qui émerge à peine d’un conflit prolongé, Angélique Kidjo, la célèbre musicienne africaine et Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, a transmis son message sur la prévention et le dépistage du VIH. Elle l’a transmis d’une manière originale – en dansant avec les femmes et en sautant à la corde avec les filles.

Mais dans une région qui connaît les taux d’infection par le VIH les plus élevés du pays, cette mission représentait un formidable défi. Mme Kidjo a profité du premier anniversaire du lancement en Ouganda de la campagne UNISSONS-NOUS POUR LES ENFANTS CONTRE LE SIDA pour marteler son message.

« Vous devez-vous faire tester – c’est ce que je vous demande, » a-t-elle répété au cours de ses multiples visites de camps de personnes déplacées. « Votre pays a besoin de vous, nous avons besoin de vous pour développer l’Afrique. »

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Dans le village d’Alela, situé au Nord de l’Ouganda dans le district de Lira, Angélique Kidjo écoute les témoignages d’enfants victimes d’enlèvement.
Crise humanitaire

En Ouganda, deux décennies de conflit armé, d’enlèvements répétés et de violences sexuelles systématiques, qui ont causé le déplacement de 1,6 million de personnes qui vivent aujourd’hui dans des camps surpeuplés, ont provoqué et exacerbé une grave crise humanitaire – avec pour conséquence des taux d’infection au VIH très élevés et un accès très difficile aux services essentiels.

Et ce sont les enfants qui sont les victimes principales de cette situation, forcés de fuir leurs villages la nuit pour trouver un abri et échapper aux enlèvements commis par les rebelles. Les filles enlevées ont souvent été livrées comme « femmes » aux commandants rebelles, les garçons forcés de transporter des armes ou de combattre. Une fois de retour dans leurs villages, un grand nombre d’entre eux ne sont plus acceptés par leur communauté.

Ces terribles événements sont encore très présents dans la mémoire des enfants accueillis dans un centre soutenu par l’UNICEF et proche du camp d’Agweng; ils ont montré à Mme Kidjo leurs dessins qui décrivent des scènes d’enlèvement et de violence.

« Aidons-nous nous-mêmes »

« Voir comment ces enfants ont été traités me rend furieuse, déclare Mme Kidjo, on les a forcés à vivre comme des bêtes. J’en ai honte en tant qu’Africaine. »

« Mais il y a aujourd’hui un réel espoir de paix, nous devons faire tout notre possible pour aider ces enfants, » ajoute-t-elle en référence à l’annonce récente du gouvernement qui a conclu une trêve pour mettre fin aux hostilités avec les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army).

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Angélique Kidjo félicite des travailleurs de la santé pour leur travail au centre de dépistage du VIH/SIDA du camp de personnes déplacées d’Agweng, situé près de la ville de Lira, dans le Nord de l’Ouganda

« L’Ouganda a commencé à réagir vraiment très tôt à l’épidémie de VIH/SIDA, mais à cause du conflit les chiffres ici sont restés élevés, note Mme Kidjo. Avant d’appeler à l’aide les gens des pays riches, nous devons commencer par nous aider nous-mêmes. »

La réaction de l’Ouganda à la crise du SIDA a été un modèle pour les autres pays africains et a permis d’obtenir depuis 1992 une baisse spectaculaire au niveau national des taux d’infection au VIH. Environ 50 pour cent de gens qui ont besoin de traitement en reçoivent un. Dans le Nord, un nombre croissant de personnes sont testées et obtiennent un traitement.

Prévention, dépistage et traitement

« Notre objectif consiste maintenant à continuer à réduire la vulnérabilité de ces habitants du Nord et à nous assurer qu’on peut commencer à y assurer des services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH/SIDA, » déclare Martin Mogwanja, le représentant de l’UNICEF en Ouganda.

« Ils ont été forcés de vivre entassés les uns sur les autres, ajoute-t-il. Le tissu social a été complètement déchiré. Maintenant que les gens commencent à repartir chez eux, nous devons être sûrs que les taux d’infection au VIH que nous connaissons ici ne se reproduiront pas dans les villages. Sinon, nous n’échapperons jamais au cycle de transmission du SIDA. La paix est une chance formidable et nous devons la saisir. »

Les signes d’amélioration semblent positifs mais les femmes de 14 à 19 ans sont toujours exposées au risque le plus élevé d’infection par le VIH, l’objectif principal est donc maintenant de donner à ces jeunes filles le contrôle de leur propre vie. Par sa visite, Mme Kidjo cherche à encourager les signes d’espoir et à aider les enfants du Nord de l’Ouganda à entrer dans une nouvelle ère de paix et de sécurité.


 

 

Vidéo (en anglais)

21 novembre 2006:
Le reportage de Sarah Crowe, correspondante de l’UNICEF, sur la visite dans le Nord de l’Ouganda d’Angélique Kidjo et sa mission de sensibilisation aux dangers du VIH/SIDA.
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Audio (en anglais)

21 novembre 2006:
Dans un camp du nord de l'Ouganda, le représentant de l'UNICEF Martin Mogwanja explique l'importance de l'éducation, la prévention et du dépistage du VIH parmi les personnes déplacées par le conflit.
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Campagne contre le SIDA

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