Afrique du Sud

En Afrique du Sud, l’UNICEF et ses partenaires publient un rapport sur la prévention du VIH chez les jeunes

«Tirer parti de la crise : prévenir le VIH du début de l'adolescence au début de l'âge adulte»

Par Kun Li

JOHANNESBURG, Afrique du Sud, 2 juin 2011 – En Afrique du Sud, le pays qui compte le plus grand nombre de jeunes séropositifs, il est plus facile de comprendre la nature destructrice de cette épidémie que n’importe où ailleurs dans le monde. Selon le rapport mondial publié ici hier par l’UNICEF et ses partenaires, un jeune sur trois nouvellement infecté chaque année par le virus se trouve en Afrique du Sud ou au Nigéria.

VIDÉO: 2 juin 2011 – Le reportage de Kun Li pour l’UNICEF sur le lancement du rapport « Tirer parti de la crise : prévenir le VIH du début de l'adolescence au début de l'âge adulte », un rapport mondial conjoint de l’UNICEF et de ses partenaires.  Regarder dans RealPlayer

 

Ce rapport – « Tirer parti de la crise : prévenir le VIH du début de l'adolescence au début de l'âge adulte » – confirme que les jeunes à travers le monde sont exposés quotidiennement à un risque important d’infection par le VIH; leur vulnérabilité est de plus accentuée par l’incapacité à leur fournir les informations adéquates et les services essentiels nécessaires.

« Rien qu’en 2009, ces réalités, ces lacunes et cette inefficacité dans l’intervention se sont traduites par environ 890 000 nouvelles infections chez les jeunes à travers le monde », a déclaré Elhadj As Sy, le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Afrique du Sud/2011/Kun Li
De jeunes participants se rassemblent à Johannesburg (Afrique du Sud) à l’occasion de la publication de « Tirer parti de la crise », un rapport mondial conjoint sur les jeunes et la prévention du VIH.

Des solutions pour les jeunes

Pour les jeunes hommes et les jeunes femmes de « loveLife », la plus importante initiative nationale de prévention conçue pour la jeunesse en Afrique du Sud, le VIH est une réalité essentielle de la vie quotidienne et de la vie professionnelle. Pour assurer que leurs pairs disposent des informations nécessaires pour se protéger, ils s’engagent dans le dialogue direct avec les jeunes aussi bien que dans des campagnes dans les médias de masse. Ils produisent également des pièces de théâtre et des émissions de radio et organisent des débats sur la question des jeunes et du VIH.

Les jeunes militants de loveLife ont participé à un débat à l’occasion du lancement du rapport  « Tirer parti de la crise : prévenir le VIH du début de l'adolescence au début de l'âge adulte ».

En compagnie de représentants des organisations partenaires qui ont participé à l’élaboration conjointe de ce document – UNICEF, ONUSIDA (Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida), FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population), UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) , OIT (Organisation internationale du Travail), OMS (Organisation mondiale de la Santé), Banque mondiale.

« Nous devons offrir des solutions aux jeunes », a déclaré un des participants au débat. « Si je suis une jeune personne sans travail mais que je doive néanmoins assumer le rôle de soutien de famille à la maison, ce sera très facile pour moi de succomber à la pression de mes pairs, de trouver un adulte qui m’entretienne et de faire tout ce qui va m’exposer au risque de contracter l’infection du VIH ».

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© UNICEF Afrique du Sud/2011/Kun Li
Les Participants au débat lors du lancement du rapport « Tirer parti de la crise : prévenir le VIH du début de l'adolescence au début de l'âge adulte » : (de g. à d.) Elhadj As Sy, Directeur régional UNICEF Afrique de l’Est et Afrique australe; Nicola Willis, Directeur Africaid Zimbabwe; Dr N. Dlamini, Directeur stratégies de prévention au ministère sud-africain de la Santé; Shumikazi Kwinana, Directeur des services de terrain, loveLife; et Rayhana Rassool, Directeur de campagne pour Soul City.

Les progrès de la prévention

En dépit de ces difficultés, « Tirer parti de la crise » reconnaît que des progrès ont été réalisés dans le domaine de la prévention de nouvelles infections parmi les jeunes. Dans de nombreux pays fortement touchés par l’épidémie, la prévalence et l’incidence du VIH ont baissé.

Alors qu’en 2001 on comptait 5,7 millions de jeunes personnes séropositives dans le monde, le chiffre s’établit aujourd’hui à 5 millions. Néanmoins, la baisse réelle – 12 pour cent – représente moins de la moitié de la cible de 25 pour cent fixée par les dirigeants des pays du monde il y a dix ans.

De plus, les jeunes Africains, et spécialement les jeunes femmes, restent les plus vulnérables malgré les progrès contre le VIH.

« Ce sombre tableau, particulièrement la dure réalité à laquelle est confrontée la jeunesse africaine, devrait nous inciter tous à marquer un temps d’arrêt et à réfléchir aux engagements que nous avons pris d’assurer un passage sans danger à un âge adulte sain et productif », à déclaré M. Sy. « La prévention des nouvelles infections exige un engagement plus important de la part des familles, des enseignants, des dirigeants pour mettre en place un environnement assurant sécurité et protection aux plus vulnérables, plus spécialement les filles ».

Un ensemble d’interventions

Les participants au débat organisé à l’occasion du lancement du rapport ont souligné que la réduction du nombre d’infections exigera de porter une plus grande attention à la prévention, aux soins et au soutien fournis aux adolescents et aux jeunes à risque. Ils ont aussi fait valoir que tout le monde savait maintenant ce qui était vraiment efficace pour prévenir la transmission du VIH parmi les jeunes; cet ensemble d’interventions comprend :

  • Abstinence sexuelle et non-usage de drogues
  • Usage correct et systématique de préservatifs pour hommes et femmes
  • Circoncision médicale pour les hommes
  • Programmes d’échange de seringues et d’aiguilles pour les toxicomanes dans le cadre d’un programme élargi de réduction des risques de transmission
  • Utilisation d’antirétroviraux pour les traitements (ce qui réduit les risques de transmission) et pour la prévention d’après-exposition
  • Communication pour le changement social et le changement des comportements
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© UNICEF Afrique du Sud/2011/Kun Li
Le public et les participants au débat organisé à Johannesburg (Afrique du Sud) pour le lancement du rapport intitulé « Tirer parti de la crise : prévenir le VIH du début de l'adolescence au début de l'âge adulte » un rapport mondial conjoint sur les jeunes et la prévention du VIH.

Concernant le dernier point en particulier, les jeunes eux-mêmes ont un rôle clé à jouer dans le succès des efforts de prévention. En devenant éducateurs pour leurs pairs comme les militants de loveLife, ces jeunes auront aussi l’occasion d’acquérir plus de confiance en eux-mêmes et de s’initier à de nouveaux savoir-faire.

« Faire une différence »

« Je ne savais pas que j’aimais la radio, mais maintenant c’est devenu la chose que je préfère le plus au monde, » explique Xolani Khoza, 19 ans, une productrice d’émissions de radio qui travaille avec loveLife à Orange Farm, un quartier déshérité de la banlieue de Johannesburg.

« Environ 400 enfants viennent chaque jour à notre centre pour les jeunes après l’école, juste pour écouter nos émissions. Notre émission ne les éduque pas seulement sur des questions importantes comme les grossesses à l’adolescence, mais sur toutes les autres questions qui touchent leur vies », ajoute Xolani.

« J’étais très timide avant », explique Kedibone Segonote, 19 ans, un autre jeune impliqué dans l’éducation par les pairs. « Après avoir rencontré de nombreux jeunes et avoir parlé avec eux depuis que je fais partie de loveLife, j’ai pris beaucoup plus confiance en moi et je pense que je suis vraiment capable de faire une différence dans leur vie ».


 

 

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