Les enfants et le VIH/SIDA

Prévenir l’infection chez les adolescents et les jeunes

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ97-0248/Horner
De jeunes dirigeants forment un cercle en se donnant la main pour illustrer le slogan : « Ensemble, nous pouvons le faire », dans une garderie qui s’occupent d’enfants affectés par le SIDA à Manille, Philippines.

La situation

En 2007, on estimait à plus de 5,4 millions le nombre de jeunes séropositifs entre 15 et 24 ans. Les plus forts taux de prévalence sont enregistrés en Afrique subsaharienne, et dans cette région, on compte plus de jeunes femmes séropositives que de jeunes hommes. Un niveau élevé de prévalence du VIH dans un pays suggère que la probabilité qu’un individu soit infecté s’il a un comportement à risque est plus forte que dans un pays à faible prévalence. Indépendamment du nombre de personnes qui vivent avec le VIH dans un pays donné, certains sous-groupes de population spécifiques, en raison de divers facteurs, seront ceux qui « courent le plus de risques » de contracter l’infection. Les programmes de prévention du VIH devront donc s’attacher en priorité à identifier ces sous-groupes, à comprendre pourquoi ils courent « le plus de risques » ou sont les plus « vulnérables », et à concevoir leurs interventions en conséquence.

La probabilité que des adolescents et des jeunes contractent le VIH dépend de nombreux facteurs. On peut citer, notamment, le fait d’avoir des comportements risqués, par exemple, en ayant des relations sexuelles non protégées avec un partenaire infecté ou en utilisant du matériel d’injection non stérile. Les rapports sexuels forcés ou violents sans préservatif accroissent aussi la probabilité que le VIH se transmette, tout comme la fréquence des rapports non protégés, le nombre de partenaires, surtout s’ils sont simultanés et toute infection associée à une infection sexuellement transmissible. Mais il ne faut pas assimiler certains comportements à des comportements risqués. Par exemple, les adolescents qui s’injectent de la drogue mais qui utilisent du matériel stérile ne risquent pas de contracter le VIH pendant cette opération. Mais s’ils partagent leur matériel avec d’autres, c’est ce comportement risqué qui augmente considérablement la probabilité qu’ils soient eux-mêmes infectés.

Les problèmes

De nombreux adolescents ont de multiples comportements risqués. Ceux qui s’injectent de la drogue, par exemple, peuvent vendre ou acheter des relations sexuelles en échange de ces produits. Ce jeu de réciprocité entre la consommation de drogue et les rapports sexuels non protégés, dont la plupart sont purement commerciaux, est au centre de nombreuses épidémies de VIH. Pourtant, les stratégies de prévention ne sont souvent axées que sur un groupe ou un comportement à risque, et considèrent rarement une combinaison de prises de risques.

Il est avéré que les jeunes du monde entier ont plus de chances d’éviter les comportements à risque lorsqu’ils disposent des informations, des connaissances pratiques et des services pertinents, dans un environnement où ils sont encouragés et protégés. Partout, les jeunes ont besoin d’une éducation fondée sur des connaissances nécessaires dans la vie courante qui leur donne des informations exactes sur la transmission du VIH, et qui les incite à se montrer compatissants envers ceux qui sont affectés ou exposés aux risques du VIH. 

Des programmes complets sont aussi nécessaires pour aider les adolescents qui travaillent dans l’industrie du sexe, qui consomment des drogues injectables et qui ont des rapports sexuels risqués avec d’autres hommes. Une étude réalisée au Guatemala et en El Salvador, par exemple, a montré que les taux d’infection par le VIH chez les femmes et les filles qui se livrent au commerce du sexe dans la rue était quatre fois plus élevé que chez celles qui, dans la même communauté, travaillaient dans des endroits fixes.

Les efforts de prévention doivent tenir compte des complexités qui engendrent ces variations, notamment la corrélation entre des comportements qui impliquent une prise de risques et leur contexte, pour s’assurer que les adolescents qui courent « le plus de risques » soient atteints. Les adolescents peuvent être vulnérables à l’infection par le VIH, mais ne courent pas nécessairement le risque de la contracter.

Le rôle de l’UNICEF

L’UNICEF s’est associé à des institutions chef de file comme le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) , l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, (UNESCO), l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour prévenir l’infection par le VIH chez les adolescents et les jeunes, en mettant particulièrement l’accent sur les moins de 18 ans, notamment les adolescents qui courent le plus de risques. 


Pour garantir l’efficacité des mesures de prévention primaire, l’UNICEF et ses partenaires à l’ONU soutiennent des programmes nationaux d’acquisition de connaissances pratiques à l’école et dans les communautés, l’éducation pour les pairs, les services pour les adolescents, le conseil et le dépistage, et la communication interpersonnelle et dans les médias. En outre, apprendre aux adolescents et aux jeunes à réduire les risques qu’ils courent – à prendre des décisions informées, à régler leurs problèmes, à faire preuve d’esprit critique, à gérer leurs émotions et leur stress, et à négocier – peut les aider à se sortir de situations difficiles, à adopter des comportements sains, et à agir de leur propre chef. 

Ces programmes axés sur la réduction des risques visent à encourager : l’abstinence; la fidélité; la diminution du nombre de partenaires; l’utilisation du préservatif à chaque fois; l’accès à des informations complètes et pertinentes sur la sexualité, la santé liée à la procréation, et la consommation de drogue; l’acquisition d’aptitudes permettant de réduire le risque et la vulnérabilité à l’infection par le VIH, en fonction de l’âge; et des liens vers des services de santé adaptés aux jeunes qui fournissent des conseils et le traitement des infections sexuellement transmissibles. Pour les jeunes les plus marginalisés, comme ceux qui s’injectent de la drogue, des services de prévention spécialisés sont aussi essentiels.

Un ensemble d’interventions est nécessaire pour prévenir le VIH chez les adolescents et les jeunes. Cela comprend, entre autres, des occasions de leur inculquer des aptitudes propres à diminuer les risques qu’ils courent. Dans plus de 70 pays en développement, les programmes scolaires nationaux doivent à présent couvrir l’acquisition de connaissances nécessaires dans la vie courante, dont un volet est consacré au VIH. Dix-neuf de ces programmes ont été élaborés ou remis à jour depuis 2005. 

L’UNICEF et l’UNESCO se sont associés aux gouvernements nationaux pour offrir en classe une éducation fondée sur l’acquisition de connaissances pratiques (LSBE), qui couvre la prévention du VIH. Cette approche importante permet d’aborder les sujets de la sexualité, des rapports sexuels et de la consommation de drogue. Sous une forme ou une autre, presque tous les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont intégré l’acquisition de connaissances pratiques à leurs programmes scolaires, y compris ses volets sur le VIH et l’égalité des sexes. L’apport obligatoire de ces connaissances dans le cadre du programme scolaire national a été constaté au Cameroun, en République centrafricaine, au Tchad, en Côte d’Ivoire, en Gambie, au Ghana, en Mauritanie, au Nigeria, au Sénégal et au Togo. Les pays de cette région ont aussi adopté des approches scolaires globales, comme au Nigeria, dans le cadre d’une politique nationale de santé à l’école, et des plans sectoriels d’éducation sur le VIH/SIDA, comme au Bénin, en République démocratique du Congo, au Gabon, au Ghana, et au Sénégal. Toutefois, comme cette région enregistre les plus faibles taux de participation scolaire au niveau du primaire, et les taux les plus faibles après ceux de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe au niveau du secondaire, il est évident que des efforts supplémentaires seront requis pour atteindre les adolescents et les jeunes qui ne vont pas à l’école.


 

 

Adolescents particulièrement vulnérables

Les adolescents « particulièrement vulnérables » sont souvent les partenaires sexuels d’individus qui consomment des drogues injectables ou qui se livrent au commerce du sexe. Ils peuvent souffrir de handicaps physiques ou mentaux, faire partie de groupes de population mobiles ou déplacés, de minorités ethniques, avoir abandonné l’école ou vivre dans des régions rurales.

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