Les enfants et le VIH/SIDA

Offrir un traitement pédiatrique

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© UNICEF/HQ02-0391/Pirozzi
Des enfants dansent dans la salle de jeux du GAPA (Groupe de soutien et de prévention du SIDA) au Brésil, où beaucoup d’entre eux reçoivent une thérapie antirétrovirale.

La situation

Chaque jour, près de 1000 enfants de moins de 15 ans contractent le VIH, et en 2007, l’ONUSIDA, a estimé que 2 millions d’enfants vivaient avec le VIH, dont près de 90 pour cent en Afrique. La plus grqnde majorité de ces enfants sont infectés avant la naissance, durant la grossesse, au moment de l’accouchement ou lorsqu’ils sont allaités (si leur mère est séropositive au VIH).

La progression du VIH/SIDA est particulièrement fulgurante chez les enfants. Faute de soins et d’un traitement, le virus se multiplie et détruit le système immunitaire de l’enfant, ce qui diminue sa résistance aux infections, notamment la pneumonie et d’autres maladies infantiles communes. Près de la moitié des enfants qui ont été infectés par leur mère meurent avant leur deuxième anniversaire.

En 2007, l’ONUSIDA a estimé que 270 000 enfants de moins de 15 ans étaient morts de maladies associées au VIH. Grâce à la baisse des prix des médicaments, à une meilleure sensibilisation, à l’introduction de doses fixes de combinaisons d’antirétroviraux (ARV) et à des projections plus fiables des besoins en ARV pédiatriques, de nombreux pays ont pu se procurer et distribuer des ARV pour enfants, et prendre les mesures suivantes :

  • Les femmes en âge de procréer doivent avoir accès à des services de prévention du VIH, y compris les tests de dépistage. Pour celles qui sont déjà infectées, des mesures de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant doivent être prises pour réduire les risques d’infection des bébés. Dans les pays à revenu élevé, l’infection par le VIH a pratiquement été éliminée car les femmes ont accès à des interventions complètes de PTME.
  • La première étape de tout programme de soins consiste à identifier les enfants infectés. Il est nécessaire d’associer la PTME aux programmes de traitement du VIH dans le cadre d’interventions par équipe axées sur la famille afin d’identifier le plus grand nombre d’enfants séropositifs qui ont besoin de soins. De la même façon, dans les groupes de population à forte prévalence, des tests de dépistage du VIH devraient être administrés à tous les enfants malades par les dispensaires, et pour l’ensemble de la population, à tous les enfants d’adultes dont la séropositivité est connue dans les centres de dépistage volontaire et d'accompagnement psychologique (VCT) ou les centres de traitement antirétroviral (ART).
  • Il est possible d’améliorer l’accès aux tests virologiques en utilisant du sang séché sur papier filtre (DBS) pour transporter les échantillons recueillis dans les centres de soins isolés qui ne disposent pas de matériel de laboratoire.
  • Les enfants séropositifs doivent avoir accès aux ART. La thérapie antirétrovirale est extrêmement efficace chez les enfants, même dans les pays à faible et à moyen revenu. Des études scientifiques et certains programmes font état de taux de survie de plus de 80 pour cent.
  • Le cotrimoxazole, un antibiotique de faible coût que l’on donne aux enfants exposés au VIH, peut réduire le nombre de décès causés par les infections secondaires et d’autres maladies infantiles communes, y compris le paludisme. Les directives de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) World Health Organization  recommandent actuellement que l’on administre une prophylaxie par le cotrimoxazole à tous les nourrissons nés de mères séropositives à partir de six semaines, jusqu’à ce que l’on détermine s’ils sont eux-mêmes infectés.
  • Comme les enfants sont souvent traités dans des cliniques différentes de celles où leur mère a reçu des soins prénatals ou a accouché, ceux qui ont été exposés au VIH ne sont souvent pas repérés lorsqu’ils se présentent pour recevoir des soins, par exemple, leurs premiers vaccins. Plusieurs pays commencent à documenter le statut sérologique de la mère sur la fiche de santé de l’enfant, de sorte que les agents de santé puissent identifier les enfants qui ont besoin d’un traitement du VIH et d’un soutien supplémentaires.

Les problèmes

Voici certaines des difficultés que pose le passage à plus vaste échelle des traitements pédiatriques :

  • La couverture des services reste limitée. L’accès au cotrimoxazole et à un diagnostic précoce est encore très faible.
  • La plupart des pays ne disposent pas de plans pour élargir ces services, ce qui fait qu’il est difficile de déterminer le nombre d’enfants qui vivent avec le VIH ou qui ont besoin d’un traitement à l’échelon du pays. Sans ces données, il s’avère problématique de fixer des cibles de traitement qui se fondent sur la réalité ou de mesurer les progrès accomplis pour accroître la couverture de la prise en charge.
  • Beaucoup de travail reste à faire pour éliminer vraiment les disparités dont souffrent les enfants en matière d’accès aux soins et aux traitements. Dans de nombreux cas, les prochaines étapes consistent à intensifier et à mieux harmoniser les efforts et à apporter aux gouvernements nationaux les outils et les capacités dont ils ont besoin pour faire une différence appréciable dans la vie des enfants.
  • Pour intensifier les soins et la prise en charge du VIH, il faut aussi s’assurer que les enfants ont accès à d’autres interventions en faveur de la survie de l’enfant, comme la vaccination, une bonne nutrition, de l’eau salubre et un assainissement de base.

Le rôle de l’UNICEF

Le rôle de l’UNICEF consiste à fournir une assistance technique et financière aux pays qui élaborent des plans stratégiques; à offrir des directives et des outils de développement; à développer les capacités des ressources humaines et à soutenir la mise en œuvre des programmes.

Conformément à la division du travail entre les institutions de l’ONU, l’UNICEF est le principal partenaire de l’organisation chef de file – l’OMS - en ce qui concerne la prise en charge pédiatrique du VIH, le soutien et le traitement des enfants séropositifs. L’UNICEF appuie aussi les activités normatives de l’OMS, notamment l’élaboration de traitements et de directives relatives au cotrimoxazole. L’OMS et l’UNICEF dirigent ensemble l’Équipe de travail interinstitutions (IATT) chargée de la prévention du VIH chez les femmes enceintes, les mères et leurs enfants, et leur mandat a été élargi pour inclure les soins pédiatriques du VIH, ainsi que le traitement et le soutien des enfants séropositifs.

En collaboration avec d’importants partenaires de mise en œuvre, l’UNICEF a effectué des missions techniques mixtes dans les pays pour examiner le statut des programmes et faire des recommandations qui visent à améliorer l’accès des enfants et des adolescents aux traitements.


 

 

Acronymes

VCT: Test et conseils volontaires
ART: Thérapie ou traitement antirétroviral
ANC: Soins prénatals
ARV: Médicaments antirétroviraux
DBS: Sang séché

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