Les enfants et le VIH/SIDA

Faire face aux défis posés par le SIDA avec des ressources financières en diminution

NEW YORK, États-Unis, 1er décembre 2011 – Alors que l'UNICEF est confronté, face à la récession économique mondiale, à une pression croissante sur les investissements concernant les enfants et le VIH, l'organisation s'applique à trouver des moyens pour tirer le meilleur parti de ses ressources financières en « faisant plus avec moins ».

VIDÉO (en anglais) : regardez des experts internationaux sur le SIDA discuter des défis rencontrés pour la fondation d'une génération libérée du SIDA malgré la récession économique mondiale.  Regarder dans RealPlayer

 

Dans un entretien en ligne en direct  à la veille de la Journée mondiale de la lutte contre le SIDA, au siège de l'UNICEF, à New York, la Directrice générale adjointe de l'UNICEF, Geeta Rao Gupta, a expliqué que cette longue récession ne représentait pas seulement un défi mais une occasion à saisir. 

« Faire mieux avec moins », a-t-elle dit « signifie, quand on est confronté à une crise économique et qu'on a peu de moyens pour aller plus loin, que c'est à ce moment qu'on devient le plus imaginatif, le plus concentré, le plus efficace et par conséquent le plus créatif ».

Tirer le meilleur parti de ressources limitées

« Au lieu de penser la crise comme simplement une crise », a déclaré Geeta Rao Gupta, « il faut la voir comme un moment privilégié dans l'histoire pour se demander « Quand nous avons des ressources limitées, comment les utiliser le mieux possible ? » En agissant en cette période au nom des enfants, il est particulièrement important de se demander quelles mesures se sont révélées efficaces ».  

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© UNICEF/NYHQ2011-2038/Markisz
La Directrice générale adjointe de l'UNICEF, Geeta Rao Gupta (à gauche), et le Chef de la section VIH/SID, Craig McClure (à droite), participent en direct à une discussion en ligne à la veille de la Journée mondiale de la lutte contre le SIDA. Geeta Rao Gupta a insisté sur l'importance du maintien du financement concernant le VIH et les enfants, un investissement pour l'avenir malgré la récession économique mondiale.

« Nous devons être davantage ciblés », a-t-elle dit, « et nous devons utiliser ce qui s'est avéré avoir fonctionné ».
 
Aux côtés de Geeta Rao Gupta se trouvaient Craig McClure, Chef de la Section de l'UNICEF VIH et SIDA, Chris Desmond, économiste au Centre FXB pour la santé et les droits de l'homme de l'École de santé publique de l'Université d'Harvard. La correspondante de la BBC, Jane O’Brien, animait le débat. 

Craig McClure a cité les « progrès étonnants » accomplis en faveur des enfants touchés par le VIH, particulièrement pendant la dernière décennie mais il a dit : « Bien plus reste encore à faire. Par exemple, 400 000 enfants de moins de cinq ans ont été infectés l'année dernière. Cela est inacceptable mais c'est une baisse de 30 pour cent par rapport à il y a seulement cinq ou six ans. »

Élimination des infections chez les enfants

La campagne de l'UNICEF « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA » accueillait l'entretien à la fois pour marquer la Journée mondiale de la lutte contre le SIDA et pour annoncer le prolongement de la campagne jusqu'à 2015. Cette campagne soutient une action destinée à réaliser deux objectifs de prévention d'ici cette année : éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants et diviser par deux le nombre d'infections nouvelles chez les adolescents et les jeunes.

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© UNICEF/NYHQ2011-2042/Susan Markisz
Le personnel de l'UNICEF supervise la voie vidéo pour recueillir en direct les questions du public regardant l'entretien en ligne. Cet entretien marquait à la fois la Journée mondiale pour la lutte contre le SIDA, célébrée le 1er décembre, et le prolongement jusqu'à 2015 de la campagne de l'UNICEF « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA ».

Cet objectif peut donner le sentiment d'être particulièrement difficile à atteindre compte tenu des budgets plus limités des donateurs. Un rappel des effets de la crise sur les investissements s'est présenté au début de mois lorsqu'il a été rapporté qu'une organisation majeure de financement, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, n'accorderait pas de nouvelles subventions jusqu'en 2014. Cela s'est produit après que le Fonds, qui avait demandé 20 milliards de dollars aux donateurs internationaux, n'en a reçu que 11,5. 

Chris Desmond, qui est spécialisé dans l'économie du VIH et du SIDA, affirme que le problème posé par cette baisse dépend de la façon dont des organisations comme l'UNICEF ainsi que les gouvernements et les communautés locaux choisissent d'y faire face. « La première réponse est de se demander : “Allons-nous accepter ceci comme une baisse ?” »

« Les sommes faisant l'objet de dons en faveur du développement international représentent en fait seulement un portion relativement faible de vastes budgets nationaux », dit Chris Desmond. « Un contexte a été créé, faisant croire que les réductions de financements sont nécessaires, mais cela n'est simplement pas vrai ».

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© UNICEF/NYHQ2011-2040/Markisz
Craig McClure, Chef de la section VIH/SIDA de l'UNICEF, écoute Chris Desmond, économiste spécialiste du VIH à l'Université d'Harvard lors de la diffusion en flux continu sur Internet d'un entretien la veille de la Journée mondiale contre le SIDA. Chris Desmond encourag l'UNICF à ne pas accepter les réductions de financements comme un fait inévitable, alors que Craig McClure dit des financements des programmes de lutte contre le VIH : qu’« Il ne s'agit pas d'un coût, mais d’un investissement. »

Les enfants trop petits pour compter ?

« Quand les banques de Wall Street étaient en faillite », dit-il,  « elles ont trouvé l'argent. On a dit qu’elles étaient “trop grandes pour s'effondrer.”  Mais apparemment, les enfants sont trop petits pour compter. Par conséquent, la vraie question est si oui ou non l'UNICEF et les autres prendront des mesures pour veiller à ce que nous n'acceptions pas simplement ces réductions et que nous nous n'ayons pas à en subir les conséquences. Parce que, vraiment, est-on en train de dire que les banques sont plus importantes que l'avenir de nos enfants ? »

En fait, tant Geeta Rao Gupta que Craig McClure soutiennent que l'argent dépensé pour les enfants touchés par le VIH et le SIDA devrait être perçu comme un investissement dans l'avenir et non pas comme un coût.

« La moitié des femmes qui ont besoin d'antirétroviraux pour empêcher leurs enfants d'être infectés par le VIH et pour rester elles-mêmes en vie les ont à présent », a dit Craig McClure. « Nous sommes en bonne voie pour mettre fin à cette épidémie ».

Comme le fait remarquer Geeta Rao Gupta, « On ne veut pas faire durer éternellement la crise que nous avons aujourd'hui. On veut y mettre fin. Et le meilleur moyen de faire cela est d'investir dans les enfants ».


 

 

Campagne contre le SIDA

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