Les enfants et le VIH/SIDA

Lancement du « Rapport sur les enfants et le SIDA : quatrième bilan de la situation »

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© UNICEF/NYHQ2009-0715/Nesbitt
Martha Mumba porte dans ses bras Vincent, son fils de six mois, à l’extérieur de leur logement, à Lusaka, Zambie. Mme Mumba participe à un programme de la clinique Chelstone, afin de prévenir la transmission du VIH à son fils grâce à un traitement antirétroviral prophylactique et à des tests de dépistage.

Par Amy Bennett

NEW YORK, États-Unis, 30 novembre 2009 – Combattre les effets du VIH et du SIDA sur les familles vulnérables et offrir une aide à des mères et des enfants à risque en détresse, tels sont les points sur lesquels s’est focalisé le « Rapport sur les enfants et le SIDA : quatrième bilan de la situation », dont le lancement a eu lieu aujourd’hui, à New York.

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Publié conjointement par l’ONUSIDA, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé, ce rapport arrive à la conclusion que la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant constitue le moyen essentiel permettant de réduire l’impact de la pandémie, et que la crise économique mondiale a été particulièrement dure pour ceux qui luttent contre les effets du VIH et du SIDA.

L’objectif, c’est l’accès universel

De nouvelles données factuelles permettent de penser que, chez les jeunes enfants, le sommet de la courbe de mortalité due au SIDA se situe à un très jeune âge. Par conséquent, selon le rapport, sur la base de ces nouveaux éléments, il est encore plus urgent de faire un diagnostic chez le jeune enfant et de prévenir la transmission du VIH aux nourrissons.

« En ce qui concerne la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, 45 pour cent des femmes ayant besoin d’une aide en bénéficient, à comparer à 10 pour cent il y a seulement quatre ans, » a indiqué le Chef de la section VIH/SIDA et Directeur associé des programmes de l’UNICEF, Jimmy Kolker. « En outre, 19 pays ont déjà atteint l’objectif d’accès universel, à savoir une couverture de 80 pour cent pour la prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Néanmoins, cela signifie, bien sûr, que 100 pays n’ont pas réalisé cet objectif.

« Nous allons devoir accroître nos efforts si nous voulons parvenir au but fixé, l’accès universel pour la prévention, le traitement, les soins et le soutien, » a ajouté M. Kolker.

Bâtir un système de protection sociale

Le rapport poursuit en demandant avec insistance une augmentation de l’investissement dans la protection sociale, une démarche globale visant à aider les familles les plus vulnérables du monde et à faire en sorte qu’elles ne soient pas contraintes à faire des choix impossibles.

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© UNICEF Lesotho/2009/Barbadoro
Dans le village de Lebakeng, Lesotho, des bénéficiaires du Programme d’allocation en espèces pour les enfants sont rassemblés, alors que des hélicoptères atterrissent. Le programme a pour objectif de satisfaire les besoins de base et d’améliorer le bien-être d’enfants vulnérables, y compris ceux qui sont affectés par le VIH et le SIDA.

« On constate partout cet effet du VIH/SIDA sur les ménages : la présence du virus entraîne une réaffectation des dépenses en faveur du malade et des soins qu’on lui consacre, » a précisé Linda Richter, du Human Sciences Research Council, Afrique du Sud, qui participait à une réunion du Joint Learning Initiative on Children and HIV/AIDS –JLICA (L’initiative conjointe de recherche sur les enfants et le VIH/SIDA). La JLICA a présenté en juin dernier, au siège de l’UNICEF, une analyse indépendante sur le rôle de la protection sociale.

Chris Desmond, chercheur associé au FXB Centre for Health and Human Rights à la Harvard School of Public Health, est allé dans le même sens. « Vous pouvez donner un traitement aux gens, mais, si les intéressés ont faim, l’effet sera limité, » a-t-il fait observer. « Vous pouvez offrir des services, mais si les gens ne peuvent pas se permettre d’accéder à ces services, c’est inutile. »

Pour sa part, M. Kolker, de l’UNICEF, a rappelé que la priorité de l’organisation était d’aider les enfants vulnérables – y compris les orphelins et autres enfants à risque.

« Et le SIDA a encore aggravé le problème, » a-t-il dit. « Dans les pays affectés par le SIDA, ces familles ont vraiment un grand besoin d’une aide extérieure. Les familles et les communautés elles-mêmes n’ont pas le moyen de s’assurer que les enfants reçoivent une attention digne de ce nom et dont ils ont besoin lorsque leur famille est affectée par le SIDA. »

Des allocations pour les ménages vulnérables

Dans l’un des pays les plus durement touchés par la pandémie du SIDA, le Lesotho, la moitié de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Le programme du Lesotho d’allocation pour les enfants, une initiative pilote, soutenue par l’UNICEF, prévoit des allocations d’espèces à ceux qui sont dans le besoin, notamment les enfants orphelins à cause du SIDA.

Ce programme est un excellent exemple de protection sociale. Ses allocations en espèces sont destinées aux ménages se trouvant dans des zones où les taux de mortalité maternelle et infantile sont élevés.

« Nous avons des enfants qui s’occupent de leur famille et des gens qui ne se préoccupent pas de leur santé, » a dit le ministre de la Santé et de la Protection sociale, le Dr. Mphu Ramatlapeng, faisant référence à des foyers où des enfants âgés de seulement 12 ans s’occupent de leurs frères et sœurs plus jeunes.

Environ 950 foyers – dont plus de 2370 orphelins et enfants vulnérables – bénéficient actuellement de modestes allocations trimestrielles. Ce programme pilote va être peaufiné pour une adoption progressive dans d’autres districts du pays d’ici 2011. À plus long terme, le gouvernement prévoit d’intégrer ce programme dans le budget national.

Un monde débarrassé du SIDA

Que ce soit par des allocations d’espèces ou par des distribution de produits alimentaires en temps de crise, la protection sociale peut donner aux familles la force de survivre et d’obtenir les soins absolument nécessaires lorsqu’elles sont confrontées au VIH et au SIDA, lit-on dans le « Rapport 2009 sur les enfants et le SIDA : quatrième bilan de la situation. »

Ce rapport évalue les progrès réalisés pour tous les enfants affectés par le SIDA et considère honnêtement les efforts couronnés de succès, ceux qui ont abouti à un échec et les améliorations possibles. Au cœur d’un ralentissement économique mondial, ce rapport d’évaluation insiste sur la nécessité d’un engagement prolongé dans le but à long terme d’avoir un monde débarrassé du SIDA.


 

 

Vidéo (en anglais)

30 novembre 2009 : le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Amy Bennett sur le lancement du « Rapport sur les enfants et le SIDA : quatrième bilan de la situation  »
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