Les enfants et le VIH/SIDA

La région d'Asie de l'Est et du Pacifique approuve l’Appel à l’action d’Hanoï contre le VIH/SIDA

Image de l'UNICEF
© UNICEF EAPRO/2006/Nguyen
Les adieux des treize jeunes délégués qui participaient à la Consultation régionale pour l'Asie de l'Est et le Pacifique sur les enfants et le VIH/SIDA.

Par Jennifer Chen

HANOÏ, Vietnam, 24 mars 2006 – Les dirigeants des pays de l'Asie de l'Est et du Pacifique se sont engagés aujourd’hui à mettre en place, pour la première fois dans la région, des mesures radicales en faveur des enfants contre le fléau du VIH/SIDA.

A l’issue de trois jours de réunion, plus de 300 représentants de gouvernements, d'organismes internationaux et de groupes de militants ont clôturé les débats de la Consultation pour la région d'Asie de l'Est/Pacifique sur le HIV/SIDA. La conclusion de cette rencontre : ils ont apporté leur soutien inconditionnel à l’Appel à l’action d'Hanoï.  qui demande aux pays de la région d’appliquer de toute urgence un train de mesures contre l'impact du SIDA sur les enfants.

«Pour la première fois dans cette partie du monde, nous avons pris un engagement collectif qui définit une action concrète et va nous permettre d'élargir les moyens d'action déjà engagés», a déclaré Anupama Rao Singh, la Directrice régionale pour l'Asie de l'Est/Pacifique, lors de la cérémonie de clôture.

Cas d'urgence

Dans un communiqué, le Dr Peter Piot, Directeur exécutif d’ONUSIDA, a souligné qu'il fallait placer au tout premier rang les enfants et les jeunes dans la lutte contre le VIH/SIDA. Les spécialistes estiment que toute progression sensible de la prévalence du VIH en Asie de l'Est pourrait être dévastatrice à cause de l'énorme population de la région.

«Viser l’accès universel en terme de traitement est urgent parce que de nombreux pays d'Asie de l'Est/Pacifique sont confrontés à une explosion des infections par le virus VIH, a ajouté le Dr Piot. Pour y arriver, le point de départ est de donner la priorité absolue à des services  destinés aux enfants et aux jeunes.»

Parmi ses recommandations, l’Appel à l’action d'Hanoï invite instamment les pays de la région  à dresser au plus vite un état des lieux précis pour les enfants touchés tant par le virus VIH que le SIDA. Pour l'heure, on estime que dans les pays de la région de l'Asie de l'Est et du Pacifique, 31 000 enfants sont infectés par le virus VIH tandis que 450 000 sont orphelins d'un ou deux parents à cause du SIDA.

Appel au secours

Les pays de cette partie du monde ont aussi besoin d'en finir avec la stigmatisation rampante qui va de pair avec le virus VIH et le SIDA. Durant ces trois jours de réunion, les délégués ont constamment rappelé que le poids de cette stigmatisation et de la discrimination sur les personnes vivant avec le virus VIH ou le SIDA, ainsi que sur les populations à risque, constitue un des obstacles majeurs à l’aide apportée aux enfants touchés par le virus et à leurs familles.

Pour le docteur Beverly Nyberg, du Bureau du coordonnateur pour les Etats-Unis de la lutte mondiale contre le SIDA, « Nous devons trouver un moyen d'enrayer cette stigmatisation pour qu'elle ne soit pas un frein à la prévention, au traitement et à la prise en charge dont à la fois les enfants et leurs parents ont besoin.»

Durant la cérémonie de clôture, les moins de 18 ans ont lancé un véritable appel au secours et demandé que cette réunion soit suivie de plans d'action concrets. Ainsi cette déclaration émouvante d’un jeune délégué du Myanmar : «Nous ne voulons pas que des promesses, nous avons besoin d'engagements et d'actions pour la protection contre le virus VIH, le traitement et la prise en charge. Nous vous supplions de ne pas gâcher nos espoirs et par dessus tout notre avenir.»


 

 

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