Côte d'Ivoire

Un activiste de Côte d'Ivoire parle des conséquences du VIH pour les jeunes

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Rodrigue Koffi Kolou, un militant de la communauté, à sa maison familiale de Bouaké en Côte d’Ivoire.

Par Bill Horn

BOUAKÉ, Côte d’Ivoire, 26 juin 2006 – Rodrigue Koffi Kolou, maintenant âgé de 20 ans, a perdu sa mère à l’âge de 10 ans et son père à 14 ans, tous deux morts de maladies liées au SIDA. A commencé alors une période de très grande difficulté pour cette famille.

« Être confronté à cette maladie à un si jeune âge a été une épreuve terrible pour nous, dit-il, nous étions devenus des parias. C’est à cause de cela que je me suis jeté si rapidement dans l’univers des organisations non gouvernementales. »

Rodrigue est un des membres fondateurs de l’association N’Zarama (ce qui veut dire « étoile » dans la langue Boulé). Le groupe réunit des jeunes qui vivent avec le VIH et ceux qui, comme Rodrigue, ont subi les conséquences tragiques de la maladie.

Le VIH/SIDA a fait plus de 300 000 orphelins rien que pour la seule Côte d’Ivoire.

Avec l’aide d’une sœur qui a interrompu ses propres études pour s’occuper de la famille, Rodrigue a pu continuer son éducation. De très nombreux autres jeunes n’ont pas cette chance. Ils ne vont plus à l’école et les services de santé et services sociaux, même les plus élémentaires, leur font complètement défaut.

Les membres de N’Zarama apportent un soutien moral aux enfants et aux jeunes et les mettent en contact avec les dispensaires locaux et les autres groupes qui travaillent dans la région.

La prochaine étape

 N’Zarama n’a cependant pas les ressources nécessaires pour aider les enfants à retourner en classe ou pour leur permettre de se procurer des médicaments.

L’accès aux traitements requis est très limité en Côte d’Ivoire : sur les 40 000 enfants qui vivent avec le VIH, moins de 3 pour cent reçoivent des médicaments antirétroviraux.
Pour Rodrigue et ses amis de N’Zarama cette histoire est encore plus personnelle.

« Il y avait une petite fille séropositive à [le dispensaire local] qui était vraiment épuisée, se rappelle Rodrigue, elle avait clairement besoin d’être traitée aux antirétroviraux. Cette petite fille était à Bouaké et le district ne disposait pas de médicaments pédiatriques. Les médecins de l’hôpital local ont essayé de faire quelque chose, ils ont essayé de l’envoyer à Abidjan pour recevoir le médicament, mais pendant le temps que ça a pris elle était très malade et elle est morte le jour même où nous allions la faire transporter à Abidjan. »

Plus d’actes, moins de paroles

Faisant passer son action au niveau international, Rodrigue a récemment pris la parole à une Conférence sur l’enfance et le SIDA qui s’est tenue à Paris les 15 et 16 juin. Il a profité de la session finale de cette réunion organisée par l’UNICEF, des organismes partenaires et le Gouvernement français pour demander plus d’action et moins de paroles.

« Nous en avons assez des programmes et des plans nationaux pour les orphelins et les enfants vulnérables qui n’existent que sur le papier et qui ne produisent que l’organisation d’ateliers. Ce que nous attendons est que de l’argent soit mis à la disposition des ONG, des associations et des organisations qui font un travail efficace sur le terrain, » a-t-il déclaré au cours de la séance de clôture de la conférence qui avait lieu à la Cité des Sciences et de l’Industrie.


 

 

Vidéo

Juin 2006:
L'activiste communautaire Rodrigue Koffi Kolou parle de l'impact du VIH sur les jeunes.
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