Cameroun

Une démarche intégrée contribue à diminuer de moitié la transmission du VIH du parent à l’enfant

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À la naissance, des nouveau-nés de l’Hôpital central de Yaoundé sont envoyés dans le service de pédiatrie, où ils bénéficient de soins spécifiques jusqu’à ce qu’on ait déterminé s’ils étaient ou non séropositifs au VIH.

Par Thierry Delvigne-Jean

YAOUNDÉ, Cameroun, 6 juin 2005 – Chaque année, environ 600 000 enfants dans le monde sont contaminés par le virus du VIH durant la grossesse de leur mère, à la naissance ou pendant l’allaitement maternel.

La majorité des femmes enceintes séropositives au VIH vivent en Afrique, où les taux de mortalité infantile ont doublé au cours de ces dernières années dans les pays les plus touchés par le VIH/SIDA.

Mais il est possible d’inverser cette tendance. On en a une preuve avec les succès enregistrés à l’Hôpital central de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Cet hôpital, dans son service maternité, a diminué de moitié le nombre d’enfants infectés par le virus du fait d’une transmission de la mère à l’enfant.

Le programme, auquel la Fondation Chantal Biya et l’UNICEF ont accordé leur soutien, offre une large gamme de services dans les mêmes locaux, contribuant à fournir aux femmes et aux enfants les services en matière de prévention, de traitement et de soins dont ils ont besoin, durant la grossesse et bien au-delà.

Pour une femme enceinte séropositive au VIH, le risque de transmettre le virus à son enfant est généralement de 25 à 30 pour cent, si des mesures de prévention ne sont pas prises.

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Micheline, une mère de neuf enfants, assiste à une séance de soutien psychologique.

« Grâce à notre gamme d’interventions, nous sommes parvenus à faire passer le pourcentage de risque à 12 pour cent – ce qui représente une diminution de 50 pour cent » indique le docteur Gilbert Tene, qui supervise le programme de transmission de la mère à l’enfant au service de pédiatrie de l’Hôpital central de Yaoundé.

Lors de la première consultation, on propose aux femmes un test de dépistage du VIH et un soutien psychologique. Les femmes séropositives au VIH vont bénéficier d’une thérapie antirétrovirale gratuite, qui peut diviser par deux le risque de transmission du virus VIH à leurs enfants.

Parmi les possibilités de soins, il y a un traitement d’un mois à la zidovudine (AZT) lors des dernières semaines de grossesse, ou l’administration à la mère d’une dose unique de névirapine lors de l’accouchement, puis d’une dose unique au nourrisson, dans les 72 heures qui suivent la naissance.

Dans les mois qui précèdent l’accouchement, des séances d’information, menées par des conseillers ayant suivi une formation, donnent l’occasion de parler de la prévention du VIH/SIDA, de la grossesse, de la nutrition et des risques ainsi que des avantages de l’allaitement maternel.

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Le docteur Gilbert Tene discute avec une mère sur des questions de nutrition.

Micheline, une mère de neuf enfants, venue dans le service y chercher du soutien, au cours de plusieurs grossesses récentes, dit qu’elle préfère ce service à d’autres formules, en raison de la large gamme de services que l’hôpital propose.

« Lors de la première consultation, nous bénéficions de conseils sur tout ce qui nous est nécessaire durant la grossesse. Puis, après la naissance, on nous apprend comment soigner nos enfants afin qu’ils restent en bonne santé », dit-elle.

Après la naissance, les nourrissons nés d’une mère séropositive au VIH sont envoyés dans le service de pédiatrie, où ils bénéficient de soins spécifiques jusqu’à ce qu’on ait établi s’ils étaient séropositifs au VIH ou non. Les enfants séropositifs vont recevoir des médicaments antirétroviraux gratuits jusqu’à l’âge de 15 ans.

« Maintenant que nous avons obtenu des résultats impressionnants avec notre programme de prévention et avec celui de soins et de traitement des enfants séropositifs au VIH, nous aimerions mettre en place un programme de soins et d’aide à domicile », dit le docteur Tene.

On estime que, chaque année, au Cameroun, 10 pour cent des femmes qui deviennent enceintes sont séropositives au VIH. Appliqués à l’échelle nationale, des programmes comme celui de l’Hôpital central de Yaoundé pourraient, chaque année, préserver d’une infection au VIH des milliers de bébés.


 

 

Vidéo

mai 2005 :
le correspondant de l’UNICEF, Thierry Delvigne-Jean, rend compte du projet de prévention de la transmission de la mère à l’enfant, au Cameroun.

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