Adolescence

Un groupe de jeunes promeut les initiatives menées pour défendre les droits des peuples autochtones

Par Branwyn Lancourt

NEW YORK, États-Unis, 20 mai 2011 – Une fascinante conversation sur les initiatives des jeunes pour la promotion et la protection des droits des peuples autochtones a eu lieu hier au siège de l’UNICEF à New York. Le dialogue avait pour but de montrer comment les jeunes autochtones prennent des initiatives et provoquent le changement dans leurs communautés dans le monde.

VIDÉO (en anglais) : Voici « Les adolescents de Pataxó, promoteurs de la citoyenneté », une vidéo sur les adolescents autochtones réalisée dans le cadre d’un projet commun entre l’UNICEF et l’Instituto Tribos Jovens au Brésil. La vidéo a été projetée lors de la réunion d’un groupe de jeunes autochtones à New York.

 

Cet événement, qui a eu lieu parallèlement à la 10e session de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations unies (UNFPII aussi appelée Forum permanent des peuples autochtones), a réuni un groupe de représentants de la jeunesse de différentes régions qui ont abordé avec passion un large éventail de sujets affectant directement leur vie.

La participation des jeunes est indispensable

L’événement a démarré avec la première de « Les adolescents de Pataxó, promoteurs de la citoyenneté », une vidéo qui rassemble des images, des témoignages et opinions d’adolescents autochtones. Elle a été réalisée dans le cadre d’un projet commun de l’UNICEF et de l’Instituto Tribos Jovens, une organisation de la société civile au Brésil.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2011-0635/Markisz
Les participants du groupe des jeunes autochtones (de g. à d.) : Alancay Morales, représentant le peuple Brunka du Costa Rica; Marcela Tobón Yagarí des Embera Chamí en Colombie; un traducteur; Indianara Ramires Machado des Guanarí-Kaiowá au Brésil; Crystal Lee des Navajo d’Amérique du Nord; et Amala Groom des Wiradjuri en Australie.

M. Ravi Karkara, spécialiste du développement de l’enfant à l’UNICEF a modéré le débat qui a suivi la projection.

Certes les jeunes qui se sont adressés à la salle comble provenaient de différentes communautés avec différentes langues, cultures et traditions, mais tous ont abondé dans le même sens : la participation des jeunes est indispensable au changement social. 

Amala Groom, qui représentait le peuple Wiradjuri en Australie, a insisté sur la nécessité pour les peuples autochtones de travailler ensemble et d’utiliser les réseaux existants pour faire avancer leur cause. « Si tous les réseaux s’unissent pour défendre les droits des peuples autochtones, nous pourrons répondre aux besoins des personnes marginalisées et démunies, et influencer notre gouvernement pour qu’il agisse », a-t-elle affirmé.

Le suicide et les pressions extérieures

Le débat s’est alors tourné vers un problème nettement plus préoccupant : le taux élevé de suicides chez les jeunes autochtones dans le monde. Pour Marcela Tobón Yagaro, qui représentait les Embera Chamí de Colombie, le problème est global.

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© UNICEF/NYHQ2011-0636/Markisz
Marcela Tobón Yagarí, qui représente les Embera Chamí en Colombie, s’adresse aux participants du groupe sur les initiatives des jeunes autochtones, au siège de l’UNICEF à New York.

« La hausse des suicides et la dégradation de la situation socioéconomique sont directement liées », a-t-elle affirmé. Les pressions extérieures sur les territoires, l’extraction des ressources et le manque d’éducation et de politiques publiques ont des conséquences traumatisantes sur les jeunes autochtones. Il faut que les jeunes participent à la prise de décisions et à l’élaboration des programmes pour remédier au problème ».

Malheureusement, les statistiques sur les taux de mortalité liés aux suicides chez les peuples autochtones sont  imprécises pour diverses raisons, notamment l’isolement des communautés et le manque de volonté des autorités politiques pour approfondir les recherches.

Il s’agit toutefois clairement d’un problème majeur, comme l’a souligné Indianara Ramires Machado, représentante des Guanarí-Kaiowá au Brésil. Indianara a fait remarquer que le taux de suicide chez les autochtones était beaucoup plus élevé que le taux national dans son pays, et que les suicides touchaient les adolescents et les jeunes adultes Guanarí de manière disproportionnée. « Pour résoudre ce problème, il faut en parler davantage au niveau communautaire et international », a-t-elle ajouté. 

L’appui à l’éducation

Parmi les principaux thèmes du groupe de discussion figurait également le besoin crucial d’éducation pour les jeunes autochtones dans le monde. C’est dans ce but précis que Crystal Lee, représentante du peuple Navajo d’Amérique du Nord, a lancé un programme de mentorat en ligne.

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© UNICEF/NYHQ2011-0640/Susan Markisz
Crystal Lee, qui représente le peuple Navajo, s’exprime au sein du groupe de jeunes, un événement organisé en parallèle à l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies (UNPFII).

« Un encadrement est nécessaire pour compenser le manque d’appui en dehors des réserves pour trouver une solution aux conflits culturels », a-t-elle expliqué.

Crystal a elle-même souffert des conflits lors de ses études à l’université. Elle a appliqué les conseils de son grand-père : « Quand je ne serai plus là, toutes mes chansons et mes prières resteront auprès de toi. Reste à l’école coûte que coûte, et obtiens ton diplôme ».

Sensibilisation et responsabilisation

La conversation s’est achevée sur la conclusion qu’il faut déployer davantage d’efforts pour la sensibilisation aux questions autochtones, et sur l’espoir que d’autres forums permanents comme celui-ci encourageront d’autres jeunes à se joindre au dialogue et à agir pour la protection des droits des autochtones.

Alancay Morales, représentant du peuple Brunka au Costa Rica, a insisté sur l’importance de la prise de conscience et ses conséquences : « La sensibilisation fait également naître des attentes chez les jeunes autochtones », a-t-il affirmé. « Et cela implique la responsabilité d’aller jusqu’au bout de nos idées avec des actions concrètes ».


 

 

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