Adolescence

Un séminaire international met en avant les droits des filles en tant qu'élément clé du développement

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-2033/Sweeting
Dans la région nord du Cameroun, des filles courent pendant un cours d'éducation physique à l'école du village de Perma. L'UNICEF collabore avec des partenaires locaux pour encourager les filles à rester à l'école, malgré la pauvreté et la préférence traditionnelle donnée à l'éducation des garçons.

Par Chris Niles

NEW YORK, 26 avril 2010 - Des experts internationaux se sont réunis à New York cette semaine pour trouver de nouveaux moyens de promouvoir les droits des adolescentes.

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Un séminaire de trois jours intitulé : « Les adolescentes - pierre angulaire de la société : établir des preuves et des politiques pour une société ouverte, » a commencé aujourd'hui. Il était organisé par l'UNICEF et le Graduate Program in International Affairs de la New School.

« Loin des yeux »
Au cours des débats liminaires de la matinée, les participants ont observé que près de deux milliards d'individus - un tiers de la population mondiale - ont moins de 25 ans. Et la plupart de ces jeunes, y compris plus de 500 millions d'adolescentes, vivent dans des pays pauvres et en développement.

Les adolescentes sont plus susceptibles que les garçons et les hommes de souffrir de la faim, de la pauvreté, de la discrimination et de la violence. En outre, elles sont touchées de manière disproportionnée par des problèmes plus généraux comme la crise économique mondiale et le changement climatique.

« Ces filles marginalisées vivent à l'abri des regards, elles sont invisibles, » déclare la Directrice adjointe de l'UNICEF chargée de la politique et de la pratique, Elizabeth Gibbons. « Ce débat nous aidera à comprendre les problèmes et à établir une feuille de route pour y remédier. »

Le Directeur des conférences de la New School, M. Alberto Minujin, ajoute : « Les adolescentes doivent être au coeur du développement. L'objectif final est de promouvoir la prise d'initiatives. Nous savons que ce n'est pas une tâche facile, mais nous y croyons. »

Décider en connaissance de cause
Aujourd'hui, les participants au séminaire ont pris connaissance des initiatives réussies menées avec le soutien de l'UNICEF dans des pays en développement comme le Cameroun, où les jeunes femmes sont encouragées à s'impliquer dans la gestion des affaires locales, et en Inde, où les filles de milieux désavantagés reçoivent une aide pour prendre des décisions informées concernant les soins de santé et le mariage précoce, entre autres.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/INDIA2009-00104/Khemka
Au Bengale occidental, en Inde, Arfa a travaillé pendant son enfance et lorsqu'elle a eu 13 ans ses parents ont arrangé son mariage. Avec le soutien de l'UNICEF et de ses partenaires, elle a pu refuser. Aujourd'hui, elle se consacre à la lutte contre le mariage précoce et le travail des enfants.

Mais les jeunes qui vivent dans ce qu'on appelle les pays à « revenu moyen » sont aussi confrontés à des difficultés uniques qui leur sont propres.

« La violence est omniprésente dans la société, on la rencontre dans les rues, à l'école, partout. Nos adolescentes doivent donc savoir ce qu'est la violence, sous toutes ses formes, et pouvoir dire "non" à cette violence, » explique Mme Sepideh Yousefzadeh, une chercheuse iranienne qui travaille à l'université de Maastricht aux Pays-Bas.

Les filles rejettent les rôles sexistes
Au début du séminaire, la journaliste et chargée de cours à la New York University Law School Carol Gilligan a présenté les dernières recherches consacrées aux adolescentes. Ces données montrent que lorsqu'elles grandissent, les filles refusent instinctivement de faire partie d'une société qui leur accorde une valeur moindre que celle de leurs frères.

« C'est une résistance saine qui prend racine dans leur nature humaine... C'est une résistance saine contre des pertes dont le coût psychologique et politique est élevé, » déclare Mme Gilligan, qui, en 1996, a été désignée par Time magazine comme l'une des 25 personnes les plus influentes aux États-Unis.

 Selon Mme Gilligan, les rôles attribués aux hommes et aux femmes qui obligent les hommes à rejeter tout ce qui est féminin, et les rôles dans lesquels ils sont privilégiés, sont « l'ADN du patriarcat », qu'elle décrit comme l'antithèse de la démocratie.

« La résistance des filles est fondamentale pour réaliser ce que je considère être une vision féministe » explique-t-elle. « Le problème n'est pas propre aux femmes ou aux hommes, il ne s'agit pas d'une guerre entre les sexes, mais d'un des plus grands mouvements de libération de l'histoire de l'humanité ... Le mouvement de libération de la démocratie contre le patriarcat. »


 

 

Vidéos (en anglais)

26 avril 2010 : Mme Sepideh Yousefzadeh de l'université de Maastricht parle des difficultés spécifiques que les jeunes femmes iraniennes doivent affronter.
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26 avril 2010 : Mme Carol Gilligan, journaliste et professeur, présente les dernières recherches consacrées à la vision que les adolescentes ont de leur vie.
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