Adolescence

Des enfants autochtones prennent la parole à la conférence tenue en Espagne

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© UNICEF Spain/2005/Llienas
La Reine Sofia de l’Espagne avec les enfants autochtones qui ont participés à la réunion de Madrid.

Par Gabriela Malo et Maria Blanco

MADRID, 6 juillet 2005 – Venant de 17 pays latino-américains, 80 adolescents autochtones participent à la Réunion ibéro-américaine consacrée aux droits des enfants autochtones. Des adolescents attendent anxieusement la chance d’être entendus. En tant que représentants de leurs communautés autochtones respectives, ils sont porteurs des aspirations et des craintes de leur peuple, un fardeau qu’ils endossent volontiers, et ils sont animés par le sentiment de siècles de discrimination et d’injustice – et par un espoir renouvelé de changement. Assis sous le soleil de l’été, ils partagent leurs expériences, leurs doléances et leurs attentes. Cette réunion est parrainée par le bureau régional de l’UNICEF pour l’Amérique latine et les Caraïbes, le Comité espagnol pour l’UNICEF et l’Agence espagnole pour la coopération. internationale.

On compte au moins 40 millions d’autochtones dans toute l’Amérique latine, ce qui correspondant à environ dix pour cent de la population totale de la région, et parlent de 300 à 400 langues différentes.

Pour la plupart de ces enfants, cette réunion en Espagne est le moment le plus important de leur jeune vie. Ils appartiennent à une grande variété de groupes ethniques et un bon nombre d’entre eux sont partis pour la première fois de chez eux, dans les montagnes andines ou le bassin de l’Amazonie, des secteurs difficiles d’accès – prenant l’avion qu’ils n’avaient vu qu’en photo – afin de se rendre à Madrid et de dire ce qu’ils ont sur le coeur.

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La Bolivienne Beatriz Veizaga (à gauche) et une amie participent à des séances de travail.

Beaucoup d’entre eux s’y sont préparés depuis longtemps. C’est ainsi qu’en Équateur, au cours des 18 derniers mois, des centaines de garçons et de filles autochtones ont participé à des consultations sur leurs droits, organisées par l’UNICEF dans le cadre du système scolaire bilingue – c’est-à-dire organisés dans la langue autochtone et en espagnol. Puis, deux cents de ces enfants se sont réunis dans la capitale, Quito, et ont ébauché un programme national concernant leurs droits. Ce programme décrit avec leurs propres mots et de leur point de vue le genre de pays où ils veulent vivre et celui qu’ils refusent.

Sinchi Chimba est l’un de ces garçons. Jeune Quechua d’Otavalo, il espère beaucoup de l’avenir, comme la plupart des enfants. María Ernestina Pilca Cholango, une adolescente elle aussi de l’Équateur, a déclaré qu’elle était soucieuse de préserver sa culture et sa langue quechua.

Une autre participante à la réunion, Yolanda Cupil, 16 ans, qui vient de Quetzaltemango, Guatemala, a eu ces mots : « Nous sommes des êtres égaux et nous méritons de bénéficier des mêmes opportunités dans la vie. Le gouvernement n’en tient pas compte, il ne soutient que les candidats politiques non autochtones. »

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Yolanda Cupil, 16 ans, de Quetzaltenango, au Guatemala.

Yolanda précise que la discrimination dans son pays est telle qu’il n’y a que trois membres du parlement qui soient autochtones, malgré le nombre important des autochtones au Guatemala – plus de 50 pour cent de la population. Cette discrimination entraîne la perte de notre identité culturelle en cherchant à bénéficier de la tolérance.

Malheureusement, dans la société, ce sont les plus jeunes qui sont le plus affectés par la discrimination et ses effets secondaires négatifs.

« Il nous faut une structure permanente qui facilite les consultations politiques au nom de la jeunesse en vue d’améliorer la situation des enfants et des jeunes », a ajouté Yolanda.

La voix des enfants autochtones a souvent été peu audible et elle a été rarement entendue par les gouvernements, les dirigeants communautaires ou les parents. La réunion de Madrid a pour objectif de rendre cette voix plus forte et de la faire entendre à travers le monde. Pour les enfants qui y participent, c’est une expérience entièrement nouvelle. Faisant fi de leur timidité, ils parlent franchement du grand nombre d’entre eux qui ne vont pas à l’école, de ceux qui ratent en permanence leur première année d’initiation à une nouvelle langue, de ceux qui souffrent de malnutrition et sont en état de faiblesse, et de ceux qui subissent des mauvais traitements de la part de leurs parents et de leurs enseignants

Quels que soient l’âge de ces jeunes dirigeants, leur appartenance ethnique ou leur formation, il est certain que ces adolescents vont profiter de l’occasion pour faire entendre les préoccupations de leur communauté, qui sont rarement entendues. Ils parlent sans mâcher leurs mots, s’efforçant de résoudre les problèmes d’une génération nouvelle, des problèmes qui devraient être dépassés dans le monde d’aujourd’hui. Avec l’ouverture de la réunion ibéro-américaine consacrée aux droits des enfants autochtones, une étape importante va être franchie dans cette direction.


 

 

Vídeo (en anglais)

Alfredo Alavi Cusillio, un jeune Bolivien de 13 ans, prépare depuis longtemps la réunion ibéro-américaine tenue en Espagne. C’est son histoire – avec ses propres mots.

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Entretien (en anglais)

Le Représentant de l’UNICEF en Équateur, Paul Martin, évoque la situation des enfants autochtones en Amérique latine.

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Reportage photo (en anglais)

Gabriela Malo, de l’UNICEF Équateur, décrit la préparation qui a été faite par des milliers d’enfants et d’adolescents équatoriens en vue des réunions nationales et continentales sur les droits des enfants autochtones.

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