Haïti

En Haïti, un dispensaire cherche à améliorer la prise en charge des enfants et des jeunes adultes séropositifs

Le reportage du correspondant de l’UNICEF, Thomas Nybo , sur la façon dont la responsable d’un dispensaire pour adolescents de Port-au-Prince, le Dr Rachel Bertrand, s’est donné pour mission d’améliorer la prise en charge des enfant et des jeunes adultes séropositifs en Haïti.  Regarder dans RealPlayer

 

Par Thomas Nybo

À Port-au-Prince, en Haïti, un dispensaire pour adolescents offre, entre autres prestations,  prise en charge, soutien et informations pour les jeunes qui sont séropositifs.

PORT-AU-PRINCE, Haïti, 12 juin 2013 – En Haïti, le Dr Rachel Bertrand s’est donné pour mission d’améliorer la prise en charge des enfants et des jeunes adultes séropositifs. Elle est responsable d’un dispensaire pour adolescents de Port-au-Prince géré par GHESKIO et appuyé par l’UNICEF qui traite de jeunes patients âgés de 10 à 24 ans.

Une population qui a des besoins qui lui sont propres

« Les membres de cette population ont des besoins qui leur sont propres, » dit le Dr Bertrand. « Ils ont besoin d’un endroit où ils peuvent se sentir chez eux, où quelqu’un peut s’occuper d’eux, où ils peuvent se sentir à l’aise pour s’exprimer et dire ce qu’ils ressentent, où ils peuvent venir jouer et trouver des prestations de santé. »

Ce jour-là, pareil à tant d’autres, elle réunit un petit groupe de patients et ceux-ci s’assoient sur l’herbe à l’extérieur du dispensaire pour parler de leurs vies. Prennent-il toujours leurs médicaments ? De nouvelles difficultés se sont-elle présentées dans leurs vies depuis la dernière fois qu’ils sont venus parler ?

« Les jeunes adultes et les adolescents particulièrement – c’est une époque de leur vie où ils font de nouvelles expériences, » dit-elle. « Par conséquent, ils ont des rapports sexuels non protégés et ils deviennent séropositifs. Il est alors très difficile d’expliquer à quelqu’un qu’il a été en  bonne santé et toutes ces choses et qu’il a à présent une maladie, qu’il doit prendre des médicaments pour toute sa vie jusqu‘à la fin de ses jours. Disons que nous les accompagnons, que nous les encourageons à prendre leurs médicaments et à continuer à se faire surveiller. »

L’information et différents modes de soutien

Tous les patients ne sont pas séropositifs. Certains ont la tuberculose, d’autres se sont révélés séronégatifs mais, comme ils risquent de se trouver dans un groupe à risque élevé, ils reçoivent des informations sur les meilleurs moyens de s’auto-protéger.

Comme toutes les prises en charge assurées par GHESKIO, les prestations sont gratuites. Le dispensaire offre des tests de dépistage, une orientation psychosociale, des examens périodiques, des médicaments antirétroviraux et des tests de dépistage pour les maladies sexuellement transmissibles. Il possède aussi un service pour la tuberculose et un dispensaire distinct pout les adultes.

L’histoire de Marcus

Un des patients du Dr Bertrand s’appelle Marcus* et il a dix-sept ans.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
Le dispensaire, géré par GHESKIO et appuyé par l’UNICEF, offre des tests de dépistage, une orientation psychosociale, des examens périodiques, des médicaments antirétroviraux et des tests de dépistage pour les maladies sexuellement transmissibles.

« Quand j’avais 12 ans et qu’on m’a dit que j’étais séropositif, j’ai été très choqué, » dit-il. « J’ai cru que j’allais mourir. Je me suis dit que je ne reverrais jamais mes amis, que je ne jouerais plus jamais avec eux. Mais par la suite, j’ai appris que si on croit en Dieu et dans les médicaments, ont peut mener une bonne vie et vivre la période normale de temps que les gens doivent vivre. »

Marcus dit que les autres patients du dispensaire sont pour lui comme des frères et sœurs. « Mais ce sont les médicaments qui doivent sauver ma vie et que je prend depuis cinq ans que j’apprécie le plus, » dit Marcus.

« Je m’inquiète du fait qu’on puisse découvrir que je suis séropositif et qu’on me traite mal, » dit Marcus.

« Seule ma famille sait que je suis séropositif, » dit-il. « Je ne révèlerai pas ma condition. C’est un secret entre moi, ma famille et Dieu. »

Marcus est né avec le virus qui lui a été transmis par sa mère. Son père est également séropositif ainsi que sa sœur.

« Toujours là pour eux »

« Le dispensaire voit environ 50 patients par jour et a environ 770 patients séropositifs qui prennent des médicaments antirétroviraux, » dit le Dr Bertrand.

« Nous sommes toujours là pour eux, » dit-elle. « Ils ont mon numéro de téléphone, ils m’appellent la nuit ou à n’importe quelle heure. »

« Je ne suis pas ici en tant que médecin, » dit-elle, « mais en tant qu’amie. »

*Le nom a été modifié.


 

 

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