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L'UNICEF s’unit aux communautés religieuses pour mettre fin à la violence contre les enfants

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© UNICEF Timor-Leste/2011/Yakabe
Dans le cadre de la Journée de prière et d'action pour les enfants, l'évêque de Dili, Timor-Leste, des enfants et des invités spéciaux se sont rassemblés devant la cathédrale pour un lâcher de ballons colorés qui traduit l'espoir d'un environnement qui protègera mieux les enfants.

Par Stephen Hanmer et Clara Sommarin

NEW YORK, USA, 29 novembre 2011—Mohamed, un jeune Mauritanien de 15 ans, avait peur d’aller à son école coranique (madrassa) parce qu'il y était régulièrement frappé par l'enseignant. « Ça me bouleversait, dit-il, quelquefois, je me faisais vraiment tabasser ».

Mais maintenant, Mohamed aime aller à l'école et il aime apprendre, grâce à la publication il y a deux ans d’une fatwa* (un décret religieux) sans précédent qui interdisait la violence contre les enfants. Avant, les enfants étaient souvent victimes de châtiments corporels, que ce soit dans les madrassas ou les écoles non confessionnelles du cycle primaire.

Réduire les châtiments corporels

La fatwa a été le résultat d'une étude menée par un réseau d’imams connus qui ont, avec le soutien de l'UNICEF, examiné le Coran et autres textes islamiques et n'y ont trouvé aucune justification des châtiments corporels. La fatwa a été distribuée à plus de 2000 écoles et centres religieux et soutenue par des ateliers organisés pour sensibiliser le public à la question.

« Les responsables des madrassas qui ont lu la fatwa ont reconnu que son contenu était en plein accord avec les enseignements de l'Islam », a déclaré l'Imam Hademine Ould Saleck. « Certains enseignants ont admis qu'ils maltraitaient les enfants et la plupart ont convenu de cesser de les battre ».

La fatwa a été récemment mise en valeur lors d'une cérémonie présidée par le Ministre des affaires sociales et la Représentante de l'UNICEF pour commémorer la troisième Journée mondiale annuelle de prière et d'action pour les enfants. Des séances de sensibilisation axées sur une diminution encore plus forte des châtiments corporels ont également eu lieu dans les différentes régions du pays.

VIDÉO (en anglais) : l’UNICEF présente les efforts menés pour combattre la violence contre les enfants à l’école en Mauritanie.  Regarder dans RealPlayer

 

« La violence ne fait aucune discrimination »

Des événements similaires ont eu lieu autour du globe pour célébrer la Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants, qui a un nouveau thème pour les trois années à venir : Mettre fin à la violence contre les enfants. La campagne va mobiliser les organisations confessionnelles et laïques afin de protéger les enfants contre toutes les formes de violence.

La journée est célébrée le 20 novembre pour coïncider avec la Journée mondiale de l'enfance et l'anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant. L'UNICEF a soutenu des activités dans 37 pays et a travaillé avec les communautés religieuses pour sensibiliser les membres de leurs vastes réseaux et encourager les fidèles à éliminer la violence contre les enfants.

« La violence ne fait aucune discrimination », a déclaré Anthony Lake, Directeur général de l'UNICEF. « Elle concerne toutes les races,  religions, classes et cultures ».

Prière et action

Pour les parents, les méthodes parentales positives représentent l’un des meilleurs moyens d’aider leurs enfants. L’influence et la protection parentales jouent un rôle crucial dans le bien-être de l’enfant, et les parents n’ont pas besoin de recourir à des méthodes disciplinaires violentes, qui sont nocives et ne donnent pas de bons résultats.

Autre mesure capitale pour protéger les enfants : l'enregistrement des naissances. Ce document tout simple établit l’existence légale de l’enfant et lui permet de jouir sans entraves de ses droits civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels. Les enfants qui n’ont pas de certificat de naissance peuvent se voir refuser l’accès aux soins de santé, à l’éducation et à l’assistance sociale. Ils sont les premiers à passer à travers les mailles des filets de protection sociale et ils courent le risque que les atteintes à leurs droits ne soient jamais mises en lumière.

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© UNICEF Panama/ 2011
Le 20 novembre 2011, l'archevêque catholique José Domingo Ulloa a prononcé à Panama une messe diffusée dans tout le pays et dans laquelle il a insisté sur l'importance d'une petite enfance sans violence.

Autre axe important de la Journée mondiale, le  problème du mariage précoce, qui touche essentiellement les filles. Les épouses trop jeunes risquent davantage d’être victimes de violence, d’abus sexuels et d’exploitation et les grossesses précoces risquent de compromettre leur santé. Elles sont aussi plus vulnérables à des maladies sexuellement transmissibles que les femmes plus âgées.

« Pour mettre fin à de telles violences, nous devons travailler tous ensemble, indépendamment de clivages comme la religion ou l’appartenance politique ou les frontières. Nous devons faire oeuvre de sensibilisation, toucher nos communautés et renforcer les systèmes de protection de l’enfance, a dit M. Anthony Lake. Que cela commence par une prière et se traduise en actions ».

Des activités soutenues par l'UNICEF

S'appuyant sur sa longue histoire de collaboration avec les communautés religieuses de toutes confessions sur les questions qui touchent les enfants, l'UNICEF a soutenu des activités dans 37 pays pour la Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants de 2011, notamment :

  • Afghanistan -- Le Ministère des affaires religieuses a diffusé des interviews avec les mollahs à la radio et à la télévision, d’autres stations ont fourni également aux enfants des informations faciles à comprendre sur leurs droits et des mollahs se sont servis de la prière du vendredi pour relayer des messages sur la violence à l’égard des enfants.

  • Nigeria- Nigéria- Un atelier national organisé avec les principaux chefs religieux les a mobilisés en qualité de défenseurs de l’enregistrement universel des naissances. Leur efficacité sera évaluée par des rapports électroniques réguliers utilisant la technologie rapide de SMS.

  • Panama – L’archevêque de l’Eglise catholique romaine a  célébré une messe qui sera retransmise en direct à la télévision où il a rappelé l’importance d’une petite enfance sans violence. D’autres communautés religieuses ont également célébré cette journée lors de leurs diverses cérémonies. La Première Dame du pays a aussi organisé un événement dans un parc du centre de Panama City.

  • Soudan du Sud- Le Conseil suprême des Imams du Soudan du Sud et le Conseil des Eglises du Soudan ont exhorté le gouvernement, les dirigeants des communautés et tous les citoyens à protéger les enfants.

  • Timor-Leste - Un discours télévisé du président et une messe à la cathédrale de Dili dirigée par l'évêque ont mis en lumière le rôle critique des communautés religieuses dans la protection des enfants contre la violence.

  • Ouganda- Les autorités religieuses ont partagé un message lié au thème « Zéro violence contre les enfants » avec leurs congrégations, par le biais de leurs émissions à la radio et d’une prière organisée au petit-déjeuner en partenariat avec le gouvernement et les autorités religieuses et culturelles.

Pour en savoir plus sur les activités soutenues par l’UNICEF dans le cadre de ce partenariat mondial avec les autorités et associations religieuses.


 

 

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