Histoire de l'UNICEF

Les étapes : 1986-1995

Year

Notes

1986

Près de 100 pays en développement et 400 organisations non gouvernementales s'emploient très activement à parvenir à la vaccination universelle des enfants. L’UNICEF affecte 57 millions de dollars à des activités de vaccination, ce qui représente 17 pour cent des dépenses totales de ses programmes. La distribution de vaccins augmente de 24 pour cent ; 500 millions de doses sont livrées.

L’offre mondiale de sels de réhydratation orale a presque été multipliée par six depuis 1982 ; près de la moitié des 487 millions d'enfants de moins de cinq ans des pays en développement y ont accès. Grâce à la vaccination universelle des enfants et à la thérapeutique de réhydratation par voie orale, un million et demi d’enfants qui, sans ces efforts entrepris tout au long de l'année, auraient trouvé la mort sont encore en vie en décembre 1986.

L’UNICEF a recours à la mobilisation sociale – un véritable engagement de tous les secteurs d'une société – pour mettre en oeuvre durablement la Révolution pour la survie et le développement de l'enfant.

La campagne « Course contre la montre » suscite une prise de conscience de la situation critique de l'Afrique.

L'analyse effectuée par l'UNICEF des politiques relatives aux « enfants vivant dans des circonstances particulièrement difficiles » – à l'origine les enfants abandonnés, les enfants des rues, les enfants victimes de maltraitance de négligence et les enfants touchés par les conflits armés – contribue à ouvrir le débat sur les questions ayant trait à la protection de l'enfance.

Les programmes de nutrition des enfants sont menés dans 98 pays. Ils consistent, entre autres, à développer les programmes de nutrition appliquée dans 18 300 villages, fournir des bourses de formation à 9000 agents chargés de la nutrition à l'échelle des villages et livrer 15 460 tonnes de dons alimentaires à distribuer dans le cadre des programmes de nutrition et d'alimentation d'urgence.

Les programmes de santé des enfants sont actifs dans 113 pays. Ils permettent notamment de fournir des subventions de formation, des cours d'initiation et de remise à niveau à 410 900 agents de santé (médecins, infirmiers/infirmières, agents de santé publique, auxiliaires médicaux, sages-femmes et accoucheuses traditionnelles) et de procurer des fournitures et du matériel technique à 61 500 centres de santé de divers types. 

Les programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement sont menés dans 93 pays. Ils permettent notamment d'installer environ 83 468 systèmes d'approvisionnement en eau, y compris 71 341 puits à ciel ouvert ou puits-citernes équipés de pompes à main, 1203 systèmes de canalisation, 567 pompes à moteur et 10 357 autres systèmes (par exemple des systèmes de protection des sources, de collecte de l'eau de pluie ou de traitement des eaux usées), qui bénéficient à quelque 18,7 millions de personnes.

L’UNICEF commence à coopérer avec le gouvernement ougandais et l’OMS pour lutter contre le VIH et le sida par le biais de l'éducation.

L’UNICEF modifie son logo, qui représente désormais une mère et son enfant assortis de l’acronyme en lettres minuscules.

1987

On estime à 2 millions le nombre de décès d'enfants évités cette année-là grâce aux activités entreprises dans le cadre de la révolution pour la survie et le développement de l'enfant. L'action menée en vue de parvenir à l'objectif de la vaccination universelle des enfants s'intensifie dans toutes les régions. Dans le monde en développement, 97 pour cent des enfants vivent dans des pays dotés de programmes opérationnels de lutte contre les maladies diarrhéiques.

Outre la révolution pour la survie et le développement de l'enfant, l’UNICEF met l'accent sur « l'ajustement à visage humain ». Un rapport historique publié sous ce titre est un exemple de plaidoyer fondé sur des données, qui suscite un débat mondial sur la façon de protéger les enfants et les femmes des effets négatifs des ajustements et réformes économiques. Dans un contexte de crise économique, les études réalisées dans le cadre du rapport montrent que les réductions des budgets nationaux consacrés à la santé et l'éducation se sont traduites tout au long des années 1980 par une hausse de la malnutrition et une baisse des niveaux d'éducation dans au moins 31 pays. Associées à de nouvelles possibilités, les difficultés économiques ont cependant aussi donné lieu à divers efforts nationaux de promotion de la croissance et de protection des pauvres. De nombreux pays se sont efforcés de mobiliser des ressources nationales et de les utiliser à meilleur escient afin de concilier les entreprises du secteur privé et celles du secteur public ; de promouvoir la production alimentaire nationale et de renforcer la coopération interrégionale et Sud-Sud.

Le projet « Allégement de la dette pour la survie des enfants » est proposé. Il s'agit de convertir une partie de la dette extérieure due par les pays en développement à des banques commerciales et des gouvernements en fonds nationaux, pouvant être affectés localement par les gouvernements endettés et l’UNICEF à des programmes de survie et de développement de l'enfant.

De nouveaux efforts sont déployés pour remédier aux problèmes relatifs au travail des enfants et aux enfants vivant dans des circonstances particulièrement difficiles (enfants vivant ou travaillant dans la rue, enfants touchés par les conflits armés et enfants victimes de maltraitance).

La campagne de collecte de fonds intitulée « Quête pour les enfants » est lancée et se poursuivra, avec succès, au XXIe siècle.

1988

L’UNICEF propose l'idée d'un « Sommet mondial pour les enfants », qui rassemble des dirigeants de tous les horizons géographiques, politiques et économiques dans le cadre d'un dialogue économique plus constructif « en faveur de la survie mutuelle ». Le Directeur général, Jim Grant, indique que les pays du monde entier sont maintenant plus à même de codifier, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un ensemble d'obligations juridiques envers les enfants, sous la forme d'une Convention internationale relative aux droits de l'enfant.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF décident de procéder à la mise en oeuvre de l’Initiative de Bamako, en vue de redynamiser les services de santé primaire en Afrique. Il s'agit de favoriser la création de services de santé autonomes pouvant être gérés et financés par la collectivité locale grâce aux frais perçus lors de la vente de médicaments de base et des consultations, ou à d'autres moyens adaptés à la situation.

Bien que les effets de la crise mondiale de l'endettement continuent de se faire sentir, l'intensification des programmes de survie et de développement des enfants figure parmi les points positifs de l'année. Les programmes peu coûteux de vaccination et de réhydratation par voie orale sont développés. L'UNICEF continue de promouvoir « l'ajustement à visage humain », position soutenue par le FMI qui déclare que « l'ajustement n'a pas nécessairement à réduire les normes humaines fondamentales ».

Le Centre international pour le développement de l'enfant de l’UNICEF (désigné par la suite sous le nom de Centre de recherche Innocenti) est établi à Florence (Italie) et chargé d'analyser les politiques en la matière, d’effectuer de la recherche appliquée et d'assurer l’échange d’information, l'accent étant mis sur les droits de l'enfant, la protection de l'enfance, les politiques économiques et l'impact des politiques socio-économiques sur les femmes, les enfants et autres groupes vulnérables.

1989

Le 20 novembre, au terme de dix ans de préparatifs, les 159 États Membres des Nations Unies adoptent la Convention relative aux droits de l'enfant. La Convention établit des normes minimales de protection des enfants du monde entier contre l'exploitation, la maltraitance et la négligence. Le Secrétaire général de l’ONU, Perez de Cuellar, annonce qu'un Sommet mondial pour les enfants se tiendra au Siège de l’ONU en septembre 1990 dans le cadre du suivi de l'application de la Convention. Le Sommet sera le premier forum de haut niveau de ce type, qui permettra aux dirigeants nationaux de se consacrer exclusivement aux questions concernant l'avenir des enfants de leur pays.

À la fin de l'année 1988, 68 pour cent des enfants des pays en développement ont été vaccinés en ayant reçu trois doses de vaccin DCT (diphtérie, coqueluche et tétanos) et anti-poliomyélite avant leur premier anniversaire. La thérapeutique de réhydratation par voie orale contre la déshydratation due à la diarrhée a permis de sauver la vie d'environ 750 000 enfants par an et d'après les estimations, près de 60 pour cent des enfants de moins de cinq ans ont accès à un fournisseur de sels de réhydratation dûment formé et régulièrement approvisionné.

L'allaitement maternel fait un retour spectaculaire dans de nombreux pays industrialisés. De nombreux programmes ont été ou sont lancés en réponse au problème du sida. Des efforts sont déployés pour redynamiser les soins de santé primaire en Afrique subsaharienne dans le cadre de l'Initiative de Bamako. L'approvisionnement en eau potable pour tous progresse considérablement mais des obstacles plus importants subsistent en ce qui concerne les services d'assainissement.

 L’UNICEF et d'autres organisations internationales participent aux préparatifs de la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous.

« Savoir pour sauver », un fascicule sur les besoins fondamentaux en matière de santé et d’éducation, est publié en juillet par l’UNICEF, l’OMS et l’UNESCO. Plus d'un million d'exemplaires sont rapidement distribués, en une quarantaine de langues. Les messages de Savoir pour sauver sont diffusés dans des dessins animés, sur des affiches et dans des spectacles de marionnettes, ainsi qu'à la radio, la télévision et dans les journaux.

1990

Le Sommet mondial pour les enfants a lieu à New York en septembre. Les dirigeants de 152 pays y participent, représentant 99 pour cent de la population mondiale. Le Sommet adopte la Déclaration mondiale en faveur de la survie, de la protection et du développement de l’enfant et un plan d'action, qui ensemble définissent la « priorité absolue » à donner aux enfants. Le Sommet marque l'aboutissement de 40 années d’efforts de l'UNICEF visant à inscrire les besoins des enfants au premier rang du programme d'action de la communauté internationale.

La Convention relative aux droits de l'enfant entre en vigueur le 2 septembre 1990 – aucun autre traité relatif aux droits de l'homme n'est jamais entré en vigueur aussi rapidement.

La Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, coparrainée par l'UNICEF, se tient à Jomtien (Thaïlande) en mars. Cette Conférence, à laquelle participent quasiment tous les gouvernements, ainsi qu'un grand nombre d’ONG et d’institutions internationales, adopte une conception plus générale de l'éducation de base et un solide cadre d'action pour la décennie. L'objectif est de faire en sorte qu’en l’an 2000 au plus tard, au moins 80 pour cent de tous les garçons et filles de 14 ans aient atteint un niveau acceptable d'éducation primaire.

La Déclaration Innocenti sur la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement au sein est publiée et sert de base aux débats, aux politiques et à l'action menés dans le monde sur la question.

Il ressort d'une étude réalisée par l’UNICEF sur la mortalité due au sida parmi les enfants de dix pays africains durement touchés que de 1,4 à 2,7 millions d'enfants vont mourir du sida pendant les années 1990.

Quatre ambassadeurs itinérants de renom de l’UNICEF reçoivent des distinctions honorifiques : Liv Ullmann reçoit le prix « Services distingués » de l’UNICEF après 19 années de services; Audrey Hepburn se voit décerner un Golden Globe Award à Hollywood ; Harry Belafonte le prix Nelson Mandela du courage ; et Sir Peter Ustinov est promu chevalier de l’Empire britannique. 

1991

Dans le cadre de la suite à donner au Sommet mondial pour les enfants, une mobilisation sans précédent a lieu, notamment parmi les gouvernements, l’UNICEF et les organisations des Nations Unies, les parlementaires et ONG. Le nombre de gouvernements ayant signé la Déclaration et le Plan d'action du Sommet mondial passe à 135 et une centaine de ces pays font savoir qu'ils sont en passe d’intégrer dans leurs programmes d'action nationaux les 27 objectifs du Sommet relatifs à la survie, à la protection et au développement de l'enfant.

Le rôle que l'UNICEF doit jouer dans l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant est défini, le Conseil d'administration décidant que l'UNICEF devrait continuer à apporter son soutien à la Convention dans le cadre de ses programmes de pays et de son action de plaidoyer menée à l'échelle mondiale. Le Comité des droits de l’enfant, composé de 10 membres, est établi pour veiller à l’application de la Convention.

L’initiative Hôpitaux amis des bébés est lancée. Des hôpitaux et des maternités du monde entier adoptent les « dix étapes pour un allaitement réussi » promues par l'UNICEF et l’OMS. En 2000, plus de 15 000 hôpitaux et maternités de 136 pays se seront joints à l'initiative et auront reçu le label « amis des bébés ».

Pour la première fois, le rapport de 1991 sur « La Situation des enfants dans le monde » traite également des enfants des pays industrialisés.

En octobre, des représentants de l'UNICEF et de l’OMS annoncent au Secrétaire général de l'ONU, Perez de Cuellar, que 80 pour cent des enfants des pays en développement sont vaccinés contre les principales maladies meurtrières et handicapantes de l'enfance – l'un des grands objectifs de l'initiative de vaccination universelle des enfants. Cette annonce est largement reprise par les médias. De nombreux pays se servent de l'infrastructure ainsi mise en place pour fournir des services tels que la distribution de suppléments de vitamine A et de fer et d'autres services prénatals.

Le nombre de pays recevant une aide d’urgence de l'UNICEF augmente considérablement, passant de 26 en 1990 à plus de 40 en 1991.

1992

Le nombre de pays recevant une aide humanitaire d'urgence de l'UNICEF augmente de nouveau, passant à 54. Ces situations d'urgence sont causées par des événements aussi variés que la sécheresse, des inondations, des éruptions volcaniques ou des guerres civiles. Mais le Directeur général de l'UNICEF, James Grant, attire l'attention sur le fait que les « situations d'urgence silencieuses » – la malnutrition et les maladies résultant par exemple de l'absence de vaccination, du manque d’eau salubre et d'assainissement et d'une pauvreté endémique – menacent bien plus d'enfants que les situations d'urgence faisant l'objet d'une large couverture médiatique.

La première Journée internationale de la radio et de la télévision en faveur des enfants est lancée, à l'initiative de l'UNICEF et de ses partenaires du secteur de l'audiovisuel. Il s'agit de promouvoir des émissions de radio et de télévision de qualité pour et avec les enfants.

L'assistance apportée aux enfants des pays d'Europe de l'Est, des États baltes et des « États nouvellement indépendants » se développe considérablement.
Le nombre total d'exemplaires de « Savoir pour sauver » en circulation atteint 6 millions, répartis entre plus de 170 langues.

À la fin de l'année 1992, les Programmes d'action nationaux des pays en développement et la Convention relative aux droits de l'enfant sont devenus d'importantes références permettant de fixer des priorités et des stratégies en faveur du bien-être des enfants. Les Programmes d'action nationaux montrent que la communauté internationale reconnaît de plus en plus que le développement doit avoir un « visage humain ».

La Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (le Sommet de la Terre, tenu en juin à Rio de Janeiro)  adopte des objectifs en matière de développement durable ; les intérêts des enfants y sont représentés par des processus participatifs et par l'importance donnée aux préoccupations des enfants en ce qui concerne l’environnement.

Parmi les autres grandes conférences organisées cette année-là figurent la Conférence internationale sur l'assistance aux enfants africains (Dakar), la Conférence internationale sur la nutrition (Rome) et la Conférence internationale sur l’eau et l’environnement (Irlande).

1993

À la fin de l'année 1993, l'espérance de vie des habitants des pays en développement a augmenté d'environ un tiers par rapport à ce qu’elle était à la fin de la deuxième Guerre mondiale. Les taux de mortalité infantile et post-infantile ont été réduits de moitié, la proportion d'enfants commençant leur scolarité a augmenté, passant de 50 à 75 pour ent, et le nombre de familles rurales ayant accès à l’eau potable est passé de seulement 10 pour cent à près de 60 pour cent. Depuis 1980, le nombre de décès de nourrissons dus à la rougeole et au tétanos néonatal a été réduit de moitié au moins.

Le nombre de pays bénéficiant d’une assistance humanitaire d'urgence de l’UNICEF augmente de nouveau pour atteindre 64.

L'Assemblée générale des Nations Unies demande que soit réalisé un rapport sur les mesures à prendre pour remédier aux problèmes des enfants touchés par les conflits armés, alors que la communauté internationale est choquée par des attaques de femmes et d’enfants pris pour cibles par des dirigeants militaires et des groupes armés. L'UNICEF organise le premier séminaire mondial sur les programmes psychosociaux destinés aux enfants vivant en période de conflits armés.

Le renforcement des capacités de suivi des objectifs relatifs aux enfants permet à l'UNICEF de publier le premier d'une nouvelle série de rapports – le « Progrès des nations » – qui permet de comparer les indicateurs clés de différents pays et de mettre en valeur les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Sommet mondial pour les enfants.

La Conférence mondiale sur les droits de l'homme, le premier bilan effectué à l'échelle planétaire des droits de l'homme et de l'action menée par les Nations Unies dans ce domaine depuis 1968, approuve l'objectif fixé lors du Sommet mondial pour les enfants qui consiste à obtenir, en 1995 au plus tard, la ratification universelle de la Convention relative aux droits de l'enfant, ainsi que son principe fondateur, à savoir que les droits économiques, sociaux et culturels sont indissociables des droits civils et politiques.

Le principal entrepôt de l’UNICEF situé à Copenhague (fourni par le gouvernement danois) manutentionne cette année-là pour plus de 112 millions de dollars (en dollars de 1993) de fournitures destinés aux programmes d'aide ordinaire et d'urgence en faveur des enfants et des femmes. Cet entrepôt est à ce jour la plus grande structure couverte d’Europe.

On compte désormais 34 Comités nationaux pour l'UNICEF.

1994

La mort du Président rwandais dans un accident d’avion est suivie du massacre de plus de 500 000 personnes, des civils pour la plupart. Quatorze membres du personnel de l'UNICEF trouvent la mort. Dans le cadre d'une gigantesque opération de transport aérien, des contingents militaires des pays occidentaux acheminent des milliers de tonnes de fournitures de secours, distribuées par des organismes des Nations Unies, dont l'UNICEF, et des ONG et élus locaux. L’UNICEF aide également à protéger les enfants non accompagnés et à apporter aux réfugiés du matériel d’assainissement de l’eau, des vaccins et autres médicaments et du matériel éducatif.

Du fait de l'intensification des conflits armés dans le monde, on estime cette année-là à 25 millions le nombre de personnes déplacées dans leur propre pays et à 18 millions le nombre de réfugiés dans des pays voisins du leur, dont deux tiers sont des enfants. Des millions de personnes transitent par les camps et centres de secours bénéficiant du soutien de l'UNICEF, qui leur fournissent abris, vêtements, matériel d'épuration de l'eau, installations sanitaires, nutrition, éducation et soins de santé, y compris des vaccins.

Les partenaires des Nations Unies, au nombre desquels figure l’UNICEF, mettent au point le projet « 20/20 ». Il s’agit de financer l'accès aux services sociaux de base, tels que les soins de santé et l’éducation en demandant aux pays en développement d'affecter 20 pour cent de leurs budgets nationaux et 20 pour cent de l'aide reçue aux services sociaux.

L'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles africaines est lancée, sous la direction de l'UNICEF, et mise en oeuvre avec des partenaires dans plus de 60 pays – étape importante dans la réalisation de l'objectif de l'éducation pour tous.

La Conférence internationale sur la population et le développement adopte un programme d'action qui met en lumière les liens existants entre développement et population et contribue à attirer l'attention sur la question de la maternité sans risque et à susciter une mobilisation dans ce domaine.

Le Sommet mondial pour les enfants continue de faire l'objet d'un suivi intensif : entre 1990 et la fin de l'année 1994, le Directeur général de l'UNICEF et ses représentants à l'échelle nationale organisent une centaine de réunions avec des présidents et premiers ministre de façon à promouvoir la réalisation des objectifs en faveur des enfants.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux réfugiés, l’UNICEF, le Comité international de la Croix-Rouge et des ONG commencent à préconiser l'adoption d’un Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés.

À la fin de l'année, 34 pays africains participent à l’Initiative de Bamako, qui vise à améliorer les soins de santé primaire au moyen d'approches à base communautaire. Beaucoup réalisent d'importants progrès ; la Guinée, par exemple, a fait passer de 31 en 1987 à 295 en 1994 le nombre de centres de santé fonctionnels.

Il ressort des recherches sur la nutrition financées par l’UNICEF cette année-là que la malnutrition est un facteur important qui intervient dans plus de la moitié des décès d'enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement – chiffre beaucoup plus élevé que ce qui était précédemment estimé. 

1995

Malgré une croissance record de la population, le taux d'inscription à l'école primaire est passé de 48 à 77 pour cent dans les pays en développement depuis 1960. La thérapeutique de réhydratation par voie orale était quasiment inutilisée encore en 1980, mais en 1995 elle a été utilisée dans 60 pour cent des cas de diarrhée à l'échelle mondiale, ce qui a permis de sauver la vie d’environ 1,5 million d'enfants pendant l'année. L'objectif fixé pour le milieu de la décennie en matière d'approvisionnement en eau salubre, qui consistait à réduire de 25 pour cent l'écart entre le niveau de 1990 et l’accès universel, est atteint et dépassé, cet écart ayant été réduit de 36 pour cent à l'échelle mondiale.

Le Sommet mondial pour le développement social tenu à Copenhague en mars 1995 marque un changement de cap décisif pour les gouvernements, qui soutiennent désormais les politiques favorables à une approche du développement social et de la justice axée sur l’être humain. Parmi les dix principaux engagements pris lors du Sommet, plusieurs ont directement trait aux préoccupations des enfants et des femmes : citons notamment la promotion de l'égalité des sexes et la promotion de l'accès universel et équitable à une éducation et des soins de santé de qualité. L’Initiative 20/20, dont l’UNICEF est le principal chef de file au sein du système des Nations Unies, est une composante essentielle de la suite donnée par l’UNICEF au Sommet.

Lors de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes tenue à Beijing en septembre 1995, la communauté internationale réaffirme son engagement en faveur des droits des femmes. L’UNICEF obtient que la situation des filles soit inscrite au programme d’action. Le soutien accru apporté à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes se fonde sur la complémentarité entre les droits des enfants et les droits des femmes.

Une nouvelle méthode d'estimation de la mortalité maternelle, mise au point par l’université Johns Hopkins, l’OMS et l’UNICEF est publiée dans le Progrès des nations de 1996 (accessible pour la première fois sur Internet). Ces nouveaux chiffres suscitent un débat général sur la question de la mortalité maternelle, qui donne lieu à une prise de conscience accrue et une intensification des efforts déployés dans ce domaine.

Le Réseau d'information des droits de l'enfant, nouvellement lancé, réunit des organismes des Nations Unies, des établissements universitaires et des ONG qui collectent des informations sur des activités menées en faveur des droits de l'enfant dans le monde.

En décembre 1995, tous les pays du monde sauf huit ont ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant, qui est ainsi sur le point de devenir le premier traité universel de l'histoire de l'humanité. Longtemps considérés comme la propriété de leurs parents, les enfants sont maintenant perçus comme des individus dotés de droits fondamentaux que les adultes doivent respecter et de besoins essentiels auxquels il faut répondre.

Le consensus croissant en faveur des droits des enfants et le solide Cadre de référence que constitue la Convention relative aux droits de l'enfant aident l’UNICEF à demander que soient prises des mesures de protection sociale en faveur des enfants en situation dangereuse – par exemple ceux qui travaillent en étant exploités, qui sont handicapés ou atteints du VIH/sida, qui ont perdu leur famille ou les adultes qui s'occupaient d’eux, ou qui sont touchés par la guerre ou d'autres formes de violence organisée.

Carol Bellamy est nommée Directrice générale de l'UNICEF en mai 1995.

Étapes :
1946-1955 | 1956-1965 | 1966-1975 
1976-1985 | 1986-1995


 

 

L'histoire en multimédia

Le site Web multimédia suivant sur l'histoire de l'UNICEF a été publié pour le 60ème anniversaire de l'organisation. Chaque segment comprend une chronologie illustrée, des affiches et des timbres, ainsi que des entretiens vidéo d'événements dans la période donnée. Certains segments contiennent de la musique et également des pièces de monnaie.

1980-1989 | 1990-1999
2000-2006

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