Histoire de l'UNICEF

Les étapes : 1976-1985

Année

Notes

1976

Dans de nombreux pays, la crise économique modifie la façon dont sont envisagés les services destinés aux enfants. L’UNICEF élabore une nouvelle stratégie de mobilisation des ressources à l'échelle communautaire dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l'éducation et de l'amélioration de la situation des femmes.

Le Conseil économique et social recommande que l’Assemblée générale proclame 1979 « Année internationale de l’enfant ».

Plus d'une centaine d'organisations non gouvernementales sont maintenant dotées du statut consultatif auprès de l’UNICEF. Le Conseil d'administration examine comment l’UNICEF et les 30 Comités nationaux pour l’UNICEF peuvent coopérer plus efficacement dans l'intérêt des enfants des pays en développement.

1977

Le Conseil d’administration estime qu'il faut continuer à accorder l’aide à l’éducation principalement pour améliorer la qualité de l'enseignement primaire et financer l'éducation informelle, notamment à terme dans le cadre des services de base. Le Conseil décide d’aider davantage les pays à renforcer leurs capacités nationales à fournir des services bénéficiant aux enfants.

Le Conseil considère que la coopération dans le cadre des programmes de vaccination élargie constitue une priorité pour l’UNICEF, l'approvisionnement en vaccins, médicaments et autres fournitures devant s’effectuer pendant suffisamment longtemps pour avoir des effets durables ; et se déclare de nouveau convaincu que les recettes de l’UNICEF doivent continuer à provenir principalement de contributions volontaires dont la plus grande partie serait fournie par des gouvernements au titre des ressources ordinaires. Le Conseil réaffirme également l'importance des contributions versées à des fins précises et des contributions des particuliers.

1978

Le Conseil accroît la souplesse des mécanismes d'aide bénéficiant aux enfants des pays les moins avancés et des pays à faible revenu et lance un appel, lors de la dixième session extraordinaire de l'Assemblée générale, consacrée au désarmement, pour qu’une partie des fonds économisés grâce à la réduction des armements serve à répondre aux besoins fondamentaux des enfants.

La Conférence internationale d’Alma Ata sur la santé pour tous (OMS/UNICEF) promeut une conception globale des soins de santé primaire, la priorité étant donnée aux approches à base communautaire.

L'Assemblée générale des Nations Unies établit au sein de la Commission des droits de l’homme un groupe de travail chargé de rédiger la Convention relative aux droits de l'enfant. L’UNICEF aide les ONG à faire part de leurs opinions sur la question et fait en sorte que le droit à la survie et au développement soit inclus, en plus du droit à la protection.

Les recettes de l’UNICEF s'élèvent à 211 millions de dollars, dépassant ainsi l'objectif précédemment fixé de 200 millions de dollars.

1979

L’observation de l'Année internationale de l’enfant suscite une prise de conscience nettement plus importante des problèmes des enfants et donne lieu à de nombreuses nouvelles activités. La nécessité d'un examen régulier de la situation des enfants, ainsi que des politiques et programmes les concernant est également admise par un nombre croissant de gouvernements.

Le Conseil approuve pour la première fois un plan de travail continu à moyen terme (pour la période 1978-1982), qui vise à parvenir à une planification à long terme plus précise de l'action de l’UNICEF.

Le Conseil approuve les recommandations du Comité mixte UNICEF/OMS des directives sanitaires, qui énonce divers moyens permettant à l’UNICEF de soutenir davantage les soins de santé primaire (y compris les programmes élargis de vaccination, l'apport de médicaments essentiels et la lutte contre les maladies diarrhéiques) ; l'approvisionnement en eau potable en milieu rural et dans certaines zones urbaines et l'assainissement de l'environnement.

Nommé organisme chef de file des Nations Unies du fait de son statut apolitique, l’UNICEF joue un rôle de premier plan dans le cadre des secours (d’un montant total de 634 millions de dollars) apportés conjointement par les Nations Unies et la Croix-Rouge au Cambodge en situation de crise.

1980

Le 1er janvier, James Grant succède à Henry Labouisse au poste de Directeur général.

Lors de sa session ordinaire tenue en mai, le Conseil décide que le suivi de l'Année internationale de l'enfant effectué par l'UNICEF devrait s'inscrire dans le cadre de l'action continuelle de l'organisation, en promouvant ainsi une perspective mondiale en faveur de tous les enfants et en faisant appel à une plus vaste coopération dans les pays en développement en ce qui concerne les politiques et services relatifs au développement de l'enfant, qui complètent ceux portant sur le bien-être physique de l'enfant

Le Conseil d'administration approuve l'action commune menée par l’UNICEF et l’OMS pour mettre au point un code international de commercialisation du lait en poudre pour nourrissons.

En 1980, le montant estimatif des recettes s'élève à 311 millions de dollars, dont 61 millions versés au titre des secours à apporter au Cambodge. L’UNICEF apporte maintenant son aide à 110 pays et territoires, dans le cadre notamment de nouveaux programmes en Chine et au Zimbabwe.

1981

Le Conseil d'administration de l’UNICEF accroît l'assistance apportée à neuf pays africains touchés par la sécheresse et les troubles civils et décide que cet effort supplémentaire se poursuivra pendant quelques années. À la demande du Secrétaire général, l’UNICEF demeure l’organisme chef de file des Nations Unies dans le cadre de l'opération de secours humanitaire menée au Cambodge jusqu'en 1981.

Lors de sa session ordinaire de mai, le Conseil d'administration considère que l’UNICEF a certes un rôle important et particulier à jouer en matière de secours d'urgence, mais que cela ne devrait pas s’effectuer au détriment de l’action de développement à long terme en faveur des enfants, qui constitue la mission première de l’UNICEF.

En examinant la participation de l’UNICEF à l'Année internationale des personnes handicapées, le Conseil considère que la prévention constitue la plus grande priorité, y compris la vaccination, la formation des agents de santé communautaires et des sages-femmes et l'éducation des futures mères.

Fortement préoccupée par le recul de l'allaitement maternel, l'Assemblée mondiale de la santé adopte en mai un Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, mis au point par l’OMS et l’UNICEF, qui appelle à mettre fin aux publicités pour le lait en poudre et autres pratiques promotionnelles qui risquent de détourner les mères de l'allaitement au sein.

1982

Dans le rapport annuel « La situation des enfants dans le monde (1982-83) », l’UNICEF lance une campagne visant à sauver la vie de millions d'enfants chaque année: la révolution pour la survie et le développement des enfants. Une attention particulière est accordée à quatre mesures peu coûteuses : surveillance de la croissance, thérapeutique de réhydratation par voie orale, promotion de l'allaitement maternelle et vaccination. Cet ensemble de mesures est parfois désigné par l'acronyme anglais GOBI.

Le Conseil d'administration approuve une approche intégrée diversifiée des problèmes des enfants vivant en milieu urbain fondée sur la participation de la communauté, une importance particulière étant accordée à la malnutrition des enfants, la situation des femmes, les services préscolaires et de garde d’enfants, les responsabilités parentales et la planification familiale, les enfants abandonnés ou handicapés et l'approvisionnement en eau et l'assainissement.
 Le Conseil approuve également une initiative quinquennale dans le cadre de laquelle l’UNICEF collaborera avec l’OMS pour contribuer à réduire la faim et la malnutrition parmi les enfants et les mères (Programme mixte d’appui à la nutrition).

Un match de foot organisé au profit de l’UNICEF a lieu devant près de 77 000 spectateurs et est diffusé à la télé dans plus de 60 pays, le nombre total de téléspectateurs dépassant selon les estimations un milliard de personnes. Le match FIFA All-Star qui a lieu au stade des Giants dans le New Jersey (États-Unis) réunit 36 des plus grands joueurs du monde et a pour capitaine honorifique Franz Beckenbauer - pour « l’Europe » - et Pele - pour « le reste du monde ».

1983

Le plan stratégique de l’UNICEF définit de nouveaux objectifs pour les cinq ans à venir : promouvoir la survie de l'enfant et réduire la mortalité infantile et post-infantile ; contribuer à améliorer la situation et la protection sociale des enfants ; et contribuer à améliorer la situation et la protection sociale des femmes, notamment des mères et des femmes les plus pauvres.

Le Conseil d'administration approuve le recours systématique au taux de mortalité infantile (TMI), avec, notamment, le PNB par habitant et le nombre d'enfants dans la population, pour définir la teneur et le montant de l'assistance apportée par l’UNICEF. D'autres indicateurs, notamment les taux de morbidité, de mortalité maternelle et d'alphabétisation doivent également être utilisés. L’UNICEF sera ainsi en mesure de répondre plus efficacement à l'évolution des besoins des enfants dans divers pays.

La révolution pour la survie et le développement des enfants ne peut se réaliser durablement sans amélioration de l'alphabétisation des femmes, de l'éducation primaire des enfants et du niveau général d'éducation d’une communauté ; le Conseil approuve les objectifs d’un programme à mener conjointement avec l’UNESCO en vue de développer l'éducation primaire universelle et l'alphabétisation, en commençant par le Bangladesh, l’Éthiopie, le Népal, le Nicaragua et le Pérou.

Reconnaissant le rôle des femmes en tant que partenaires essentiels du développement, l’appui qu’apporte l’UNICEF à l'acquisition de compétences rémunératrices comprend maintenant également des formations à la gestion et à la commercialisation, ainsi que des conseils sur l'obtention de crédits.

Le Conseil adopte une résolution dans laquelle il nomme Danny Kaye « Représentant honoraire » en signe de respect et en guise de remerciements pour « ses contributions et le rôle de premier plan qu'il joué en tant qu’ambassadeur itinérant numéro un de l’UNICEF ». En 1983, Danny Kaye, dont l’exemple a été suivi par d'autres célébrités et a également inspiré des millions de citoyens bénévoles, plaide sans relâche depuis trente ans la cause des enfants aux côtés de l’UNICEF.

1984

La sécheresse et la famine atteignant des proportions de crise en Afrique, le Directeur général lance un appel de fonds international, demandant 50 millions de dollars (montant qui sera plus tard porté à 67 millions) pour financer les activités dans 21 pays en difficulté. Les bureaux de l’UNICEF sur le terrain sont considérablement renforcés. Les ambassadeurs itinérants de l’UNICEF sont mobilisés : Liv Ullmann se rend en Afrique et attire l’attention des médias sur la crise de plus en plus importante que connaît l’Afrique de l’Ouest ; Tetsuko Kuroyanagi visite l'Afrique de l'Est, ce qui suscite un grand intérêt des Japonais pour la situation critique de cette région, ainsi qu’une mobilisation de fonds.

En Éthiopie, l’UNICEF participe au lancement d'un système de travail communautaire argent-contre-aliments, qui a d'importantes implications sur les futures stratégies de secours d'urgence et de redressement.

Le Conseil d'administration de l’UNICEF approuve une approche globale du développement de la petite enfance, qui tient notamment compte du développement cognitif et psychologique de l'enfant, en particulier par la stimulation pendant la petite enfance, ainsi que de sa santé et de sa croissance.

La promotion à l'échelle mondiale de la thérapeutique de réhydratation par voie orale, le traitement le plus efficace de la déshydratation diarrhéique des jeunes enfants, gagne du terrain. Aux côtés de l’OMS, l’UNICEF apporte son soutien à la recherche et au développement de solutions améliorées de réhydratation par voie orale. L’UNICEF fournit directement plus de 65 millions de paquets de sel de réhydratation et aide une vingtaine de pays à en produire localement.

La « Conférence de Bellagio » réunit la Fondation Rockefeller, l’UNICEF, l’OMS, la Banque mondiale et le PNUD en vue de développer considérablement la vaccination. Cela donne lieu à la création du Groupe d'études pour la survie et le développement de l'enfant, qui se réunira régulièrement par la suite pour examiner les politiques et programme en la matière. Le Groupe de travail témoigne de l’efficacité de la constitution d’alliances et de partenariats en faveur des enfants.

Le développement de la vaccination se traduit par une hausse considérable de la demande de vaccins. L’UNICEF fournit à plus de 80 pays des vaccins d'une valeur totale de 7,5 millions de dollars et apporte également son appui aux systèmes logistiques, notamment à la « chaîne du froid », qui garantit l'efficacité des vaccins jusqu'à leur lieu d'utilisation.

Le Conseil d'administration maintient James Grant à ses fonctions de Directeur général, pour un deuxième mandat quinquennal qui commence en 1985.

1985

Lancement d'une campagne de vaccination universelle des enfants d'ici à 1990, avec l'appui du Secrétaire général, qui demande à tous les chefs d'État de jouer un rôle de premier plan à cet égard.

Le Conseil d'administration examine les mesures que prend l’UNICEF face aux préoccupations des femmes et réaffirme la volonté de l'organisation d'améliorer les conditions sociales, sanitaires et économiques des femmes qui vivent dans la pauvreté. L'accent est mis sur les programmes d'alphabétisation et d'éducation des femmes, à la fois pour améliorer leur vie et pour favoriser la survie et le développement des enfants.

Le gouvernement italien annonce qu'il versera 100 millions de dollars à l’UNICEF pour financer des mesures en faveur de la survie de l’enfant dans près de 30 pays.

Dans la guerre civile d’El Salvador,  un cessez-le-feu, fondé avec l’appui de l’UNICEF sur les notions « d’enfants comme zone de paix » et de « périodes de tranquillité » pour l'aide humanitaire, permet de mener trois jours de campagne à grande échelle de vaccination des enfants de moins de cinq ans. Cette approche sera ensuite appliquée avec succès au Liban (en 1987), au Soudan (en 1989), en Iraq (en 1991) et ailleurs de plus en plus fréquemment dans les années 1990.

Selon les estimations, un demi-million d'enfants ont cette année-là la vie sauve grâce à l'utilisation de la thérapeutique de réhydratation par voie orale

Étapes :
1946-1955 | 1956-1965 | 1966-1975 
1976-1985 | 1986-1995


 

 

L'histoire en multimédia

Le site Web multimédia suivant sur l'histoire de l'UNICEF a été publié pour le 60ème anniversaire de l'organisation. Chaque segment comprend une chronologie illustrée, des affiches et des timbres, ainsi que des entretiens vidéo d'événements dans la période donnée. Certains segments contiennent de la musique et également des pièces de monnaie.

1980-1989 | 1990-1999
2000-2006

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