Conseil d'administration

Le Conseil d’administration de l’UNICEF met en lumière la situation des enfants en Afrique

La session annuelle de 2014 du Conseil d’administration de l’UNICEF.

 

Par Kristin Taylor

Le Conseil d’administration examine les activités de l’UNICEF et approuve ses politiques, programmes de pays et budgets. Il se compose de 36 membres, représentant les cinq groupes régionaux des États Membres des Nations Unies. Le Conseil d’administration se réunit trois fois par an au Siège des Nations Unies à New York – lors de sa première session ordinaire (janvier/février), de sa session annuelle (mai/juin) et de sa deuxième session ordinaire (septembre).

NEW YORK, États-Unis d’Amérique, 3 juin 2014 – Le Conseil d’administration de l’UNICEF débute sa session annuelle dans un contexte de progrès prometteurs en faveur des enfants.

Au cours de cette année, la planète célébrera le 25e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, ainsi que les progrès notables accomplis en faveur de l’égalité des chances face à ces droits. La date butoir de 2015 pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) se rapproche également, avec des gains non négligeables.

Aller de l’avant

Ces dates butoir sont l’occasion de mesurer les résultats concrets que nous avons accomplis, de définir l’avenir idéal que nous aimerions offrir à nos enfants et d’identifier un ensemble d’objectifs qui permettront de transformer ces ambitions en réalité.

Image de l'UNICEF
© UNICEF NYHQ/2014/Markisz
Sa Majesté la reine Sofía d’Espagne adresse un message aux membres du Conseil d’administration de 2014 de l’UNICEF lors de sa session annuelle au Siège des Nations Unies à New York.

Dans ses observations préliminaires au Conseil, Le Directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake, a souligné que, même si de nouveaux défis continuent d’apparaître, nous serons capables de les surmonter – si nous continuons à mettre les enfants au centre de nos préoccupations. « Malgré certains prophéties pessimistes qui se réalisent, il ne fait pas de doute que même dans un monde dont la population augmente et où la concurrence pour les ressources et les possibilités est féroce, le changement et le progrès restent possibles. »

Nous devons continuer à examiner, a-t-il poursuivi, non seulement comment nous avons changé la vie des enfants au cours des 25 dernières années, mais aussi quel visage aura l’enfance lorsque la Convention relative aux droits de l’enfant aura 50 ans.

Sa Majesté la reine Sofía d’Espagne, qui a participé à la réunion du Conseil en soutien aux droits de l’enfant partout dans le monde, a largement repris ces propos : « Il y a 25 ans naissait la première génération protégée par la Convention relative aux droits de l’enfant. Il reste toutefois beaucoup à faire pour s’assurer que cette protection est réellement complète et efficace. »

Résultats pour les enfants d’Afrique

Des résultats remarquables sont également apparus en Afrique, un continent où de nombreux pays ont dû lutter pour accomplir des progrès et les conserver dans des secteurs essentiels au bien-être des enfants.

Dans ses remarques liminaires, le Président du Conseil, S.E, Macharia Kamau, Représentant permanent du Kenya auprès des Nations Unies, a constaté qu’ « au cours des dix dernières années, de nombreux pays, y compris en Afrique, ont affiché des niveaux élevés de croissance économique et ont accompli des progrès notables en faveur de la réduction de la pauvreté. Le succès de la croissance économique est fondamental, car nous savons que l’élimination de la pauvreté dans le monde est étroitement liée à la prévention des décès que l’on peut éviter, à l’allègement des souffrances et à la fin de l’exploitation des enfants. »

Afin d’examiner de plus près les progrès accomplis en Afrique, et de discuter de ce qu’il convient d’entreprendre aujourd’hui, les membres du Conseil d’administration se sont réunis pour une session accordant une importance particulière aux enfants d’Afrique.

Les succès sont nombreux :

● Entre 1990 et 2012, les décès d’enfants de moins de 5 ans ont diminué de 45 % en Afrique.
● Pendant cette même période, la population ayant accès à des sources améliorées d’eau potable a plus que doublé, passant de 351 millions à 746 millions.
● En Afrique du Nord, les taux de mortalité maternelle ont reculé de près des deux tiers.
● Au cours de la dernière décennie, la proportion d’enfants en Afrique subsaharienne qui dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide est passée de moins de 5 % à plus d’un tiers, renforçant ainsi la lutte contre le paludisme, l’une des maladies qui tuent le plus d’enfants.
● Dans la majorité des pays où les mutilations génitales et l’excision sont encore pratiquées, la majorité des femmes et des hommes estiment qu’il faut mettre fin à cette pratique, ce qui augure bien d’une réduction du nombre de filles victimes de cette grave violation de leurs droits.

Image de l'UNICEF
© UNICEF NYHQ/2014/Markisz
Sa Majesté la reine Sofía d’Espagne discute avec (de gauche à droite) le Représentant permanent de l’Espagne auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Román Oyarzun Marchesi, Président du Conseil d’administration 2014 de l’UNICEF et le Représentant permanent du Kenya auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Macharia Kamau, et le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake, à l’ouverture de la session annuelle du Conseil d’administration de l’UNICEF.

Mais derrière ces marques de progrès, de profondes inégalités subsistent. Comme l’a souligné Sa Majesté la reine Sofía, « Au cours des dernières décennies, un développement économique remarquable est intervenu dans plusieurs pays africains qui devrait déjà se traduite en progrès partagés par l’ensemble de la société. »

Des progrès sont encore nécessaires

Les enfants d’Afrique subsaharienne risquent 16 fois plus de mourir avant leur cinquième anniversaire que les enfants du même âge dans des régions développées. Et dans leurs propres communautés, les enfants des familles pauvres et de zones rurales sont fortement désavantagés comparés à leurs camarades plus riches ou vivant dans des zones urbaines – par exemple, les enfants les plus pauvres d’Afrique subsaharienne risquent 4,5 fois plus que les enfants plus riches de ne pas être scolarisés. Des progrès supplémentaires sont nécessaires pour s’assurer que le droit de chaque enfant de survivre et de s’épanouir est respecté de manière égale, et n’est pas déterminé par des facteurs géographiques ou socioéconomiques.

Développant ses observations antérieures, le Président Kamau a souligné que « la croissance économique à elle seule, sans politiques directes, déterminées et ciblées en faveur des enfants et des familles pauvres, ne tient pas ses promesses de prévention des décès évitables, ni d’atténuation des souffrances et de l’exploitation des enfants. La croissance économique et la lutte contre les inégalités doivent donc aller de pair. »

En écho aux observations de M. Kamau, plusieurs secteurs dans lesquels une dynamique accrue est nécessaire ont été évoqués au cours de cette session :

● Sur les 6,6 millions de décès d’enfants de moins de 5 ans intervenus dans le monde en 2012, la moitié se sont produits en Afrique – et 40 % étaient de causes évitables : pneumonie, paludisme et diarrhée.
● Au moins un enfant sur trois en Afrique souffrait d’un retard de croissance en 2011, un problème de santé qui n’entrave pas uniquement la croissance physique, mais également le développement mental.
● Près de la moitié des naissances en Afrique ont eu lieu en l’absence d’un soignant qualifié tel qu’infirmière, médecin, sage-femme, afin de réduire le risque de décès des femmes et des nouveau-nés.
● Plus de la moitié des enfants non scolarisés de la planète vit en Afrique.
● Seulement 39 % des Africains utilisent des installations sanitaires améliorées qui limitent l’exposition à plusieurs maladies meurtrières.
● Et 30 millions de filles courent toujours de risque de subir des mutilations génitales ou l’excision au cours de la prochaine décennie.

« Les enfants d’Afrique méritent et ont besoin que des efforts renouvelés soient déployés face à la myriade de défis socioéconomiques, culturels et humanitaires qui se présentent, » a souligné le Président Kamau. « En tant que communauté internationale … nous manquons à nos engagements envers les enfants d’Afrique. »

Les solutions d’aujourd’hui, les possibilités de demain

D’ici à 2050, près d’un enfant de moins de 18 ans sur trois dans le monde sera africain. Ces projections surprenantes ne sont pas sans  conséquences : il est essentiel de réduire les inégalités et de suivre une trajectoire qui accélère les gains  non seulement pour les enfants d’Afrique mais également pour la communauté mondiale.

Tandis que la mondialisation continue à renforcer la connectivité et l’interdépendance entre les citoyens de la planète, un besoin impérieux de collaborer en faveur d’un réel changement positif pour un avenir partagé doit également se faire sentir. Relever les défis auxquels les enfants africains sont confrontés aujourd’hui est une première étape critique vers la réalisation des possibilités qu’offre la planète au cours des années à venir.

S’exprimant lors de la réunion, Son Excellence Chantal Compaoré, la première dame du Burkina Faso, a souligné qu’il était important de changer de perspective, pour en adopter une qui reconnaît le fort potentiel du peuple  africain. « En effet, la question de la forte croissance démographique en Afrique doit être abordée à la lumière du dynamisme du développement, » a-t-elle déclaré, « dans lequel la population est un facteur de croissance économique, et non pas un phénomène qui aggrave la pauvreté, tel qu’on le perçoit aujourd’hui. »


 

 

Photographie : Le Conseil d’administration de l’UNICEF

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