Conseil d'administration

Concrétiser l’aide : le Conseil d’administration de l’UNICEF se concentre sur le renforcement des programmes, des procédures et de la planification

 

Par Kristin Taylor

Lors de sa première session de l’année, le Conseil d’administration de l’UNICEF s’est intéressé aux domaines clés pour améliorer l’efficacité de l’organisation, alors que le système des Nations Unies pour le développement prépare le programme de l’après-2015.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2014/Susan Markisz
Les Directrices générales adjointes de l’UNICEF Geeta Rao Gupta (à gauche) et Yoka Brandt (à droite) ont parlé du rôle de l’égalité des sexes dans le cadre du plan stratégique de l’UNICEF et du travail de l’organisation dans les situations d’urgences humanitaires.

NEW YORK, États-Unis, le 10 février 2014 – L’obtention d’un financement implique la responsabilité de transformer cette contribution financière en résultats réels pour les enfants – de concrétiser l’aide planifiée. Lors de sa première session ordinaire de 2014, qui s’est déroulée du 4 au 6 février, le Conseil d’administration de l’UNICEF a axé beaucoup de ses discussions sur le renforcement des programmes et des procédures qui permettent à l’UNICEF et à ses partenaires d’améliorer la situation des enfants dans le monde.

Une feuille de route organisationnelle : le plan stratégique de l’UNICEF pour 2014-2017

L’UNICEF et d’autres acteurs clés du développement apportent inévitablement des changements dans leurs formes d’intervention. Alors qu’approche 2015, la date butoir des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les enseignements tirés des expériences de programmation passées conduisent à des approches innovantes pour les efforts futurs. En prévision des changements dans la manière dont le système des Nations Unies mène ses efforts de développement, le Conseil d’administration de l’UNICEF avait approuvé le plan stratégique de l’UNICEF pour 2014–2017 au cours de sa deuxième session ordinaire en septembre 2013. Ce plan vise à aider l’organisation à opérer sa transition vers le programme de développement pour l’après-2015.

Tout enfant subissant l’inégalité des chances dans la vie est privé de l’un de ses droits fondamentaux. Compte tenu des preuves de plus en plus nombreuses qui indiquent qu’en se concentrant sur les enfants les plus défavorisés on favorisera un développement plus durable, la lutte contre les inégalités demeure fondamentale dans l’action de l’UNICEF, comme le précise le plan stratégique.

Les résultats du plan stratégique doivent provenir d’accomplissements dans sept zones d’impact principales : la santé; le VIH et le Sida; l’eau, l’assainissement et l’hygiène; la nutrition; l’éducation; la protection de l’enfance; et l’intégration sociale. Le plan prévoit également des réalisations dans deux domaines intersectoriels – l’action humanitaire et l’égalité des sexes – dont les aboutissements sont intégrés aux sept recommandations.

L’action humanitaire

Le 4 février, la Directrice générale adjointe de l’UNICEF Yoka Brandt et le Directeur du Bureau des programmes d’urgence Ted Chaiban ont animé une discussion thématique sur le travail de l’UNICEF dans les situations humanitaires, afin de mettre en avant cet aspect important de l’organisation auprès du Conseil.

« Pendant que nous parlons, l’UNICEF et nos partenaires interviennent dans quatre principales situations d’urgence nécessitant une mobilisation générale de l’organisation : la Syrie, les Philippines, la République centrafricaine, et le Soudan du Sud, » a expliqué Yoka Brandt.

Mais elle a également ajouté que « de nombreuses autres situations, un peu moins sur le devant de la scène, nécessitent une intervention humanitaire. Nous faisons face à un nombre croissant de situations d’urgence humanitaire, mais en plus nous apportons notre appui à l’action humanitaire dans des contextes de plus en plus divers et complexes. »

En outre, Yoka Brandt a insisté sur la nécessité de resserrer le lien entre les programmes humanitaires et de développement, un sujet soulevé par un certain nombre d’États membres au cours de la session.

Ted Chaiban a expliqué que la poursuite de certains conflits et les risques accrus de catastrophes naturelles, en partie liés aux changements climatiques, participaient à cette hausse. « Mais tandis qu’il existe des vulnérabilités croissantes dans [ce] contexte, » a-t-il expliqué, « il existe également de nouvelles possibilités d’améliorer l’aide humanitaire. »

Dans la lignée des objectifs du plan stratégique, ces améliorations impliquent non seulement que l’UNICEF sauve des vies et protège mieux les droits des enfants, mais également qu’il diminue la vulnérabilité aux catastrophes et aux conflits en renforçant la résilience.

L’égalité des sexes

La seconde initiative intersectorielle mise en avant dans le plan stratégique – l’égalité des sexes – a constitué un axe majeur de la session annuelle et de la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration en 2013. Au cours de ces sessions, le Conseil a appelé l’UNICEF à développer un plan d’action pour l’égalité des sexes, qui garantirait que des ressources adéquates soient allouées à la réalisation d’une meilleure équité entre les sexes. Cette année, parmi les réunions du Conseil du 4 février figurait un briefing sur l’avancement du développement du plan d’action pour l’égalité des sexes, qui devrait être finalisé d’ici la fin du mois d’avril 2014.

Ce développement doit établir des indicateurs moins nombreux mais plus clairement définissables et mesurables – réalisation de la parité des sexes dans les effectifs scolaires, réduction des taux de mariages d’enfants et augmentation de l’accès aux traitements antirétroviraux pour le SIDA, notamment. La Conseillère principale pour les questions relatives à l'égalité des sexes et l'engagement civique, Anju Malhotra, qui menait la présentation, a expliqué que les pays avaient la flexibilité d’aligner leurs programmes sur les domaines correspondant le mieux à leurs besoins; en se focalisant sur les résultats via quelques indicateurs prioritaires, les pays peuvent parvenir à des améliorations plus conséquentes et plus durables.

« Pour obtenir des résultats en faveur des enfants, il est essentiel de lutter contre l’une des inégalités  les plus fondamentales que l’on retrouve dans l’ensemble de la société – l’inégalité des sexes, » a affirmé Rao Gupta, Directrice générale adjointe de l’UNICEF, en plaçant les aspirations du plan d’action pour l’égalité des sexes dans une perspective plus large. « La promotion de l’égalité des sexes fait partie intégrante de l’axe d’équité inhérent au travail de l’UNICEF et de notre mandat de promouvoir et protéger les droits des filles et des garçons. »

Les programmes de pays de l’UNICEF

Les programmes de pays et de région de l’UNICEF constituent le premier moyen par lequel l’organisation mène son travail de développement. Le 5 février, le Conseil a approuvé la révision de trois de ces programmes sur lesquels il avait déjà délibéré lors de sa deuxième session ordinaire de 2013 : les programmes de pays pour le Mexique et la Namibie ainsi que le programme sous-régional de la région du Golfe.

Ce même jour, le Conseil a également étudié des propositions de modifications pour simplifier les procédures d’examen et de validation des documents relatifs aux programmes de pays. Ces modifications, approuvées par le Conseil lors du dernier jour de la session, rendront les documents relatifs aux programmes de pays de l’UNICEF plus compatibles avec ceux des autres institutions des Nations Unies, facilitant ainsi les possibilités d’analyse et d’examen conjoints, en accord avec « Unis dans l’action », une initiative pour le renforcement de la cohérence et de l’efficacité au sein du système pour le développement.

De plus, en transformant le processus de validation à étapes actuel en un processus à une seule étape, les révisions permettront de nets gains de temps et réductions de coûts, donneront plus de temps pour l’évaluation des programmes, et faciliteront une approbation plus rapide des programmes. En outre, les analyses des programmes de pays seront désormais disponibles dans des rapports annuels des bureaux de pays publiquement accessibles, dans le cadre des efforts de renforcement de la transparence organisationnelle et de la direction.

L’apprentissage organisationnel via l’évaluation

Grâce à l’évaluation régulière de son travail, l’UNICEF est davantage en mesure d’atteindre les objectifs du plan stratégique – et d’intégrer aux futures initiatives les connaissances acquises dans le cadre de ces efforts. À cet effet, au cours de la première session ordinaire, le Conseil a approuvé un plan d’évaluations thématiques globales pour la durée du plan stratégique de 2014–2017.

Au cours de cette période, le Bureau de l’évaluation de l’UNICEF réalisera un ensemble d’évaluations – allant d’évaluations thématiques globales sur des questions à grande échelle à des analyses plus ciblées sur des programmes en particulier. La majorité des évaluations sera axée sur les domaines prioritaires du plan stratégique. Les conclusions de ces rapports serviront non seulement à alimenter les efforts futurs, mais également à favoriser une meilleure gestion, grâce à des résultats et des données de qualité.

La séance de clôture du Conseil

Alors que la première session ordinaire touchait à sa fin, le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake a rappelé les domaines nécessitant de meilleurs résultats. Mais il a également souligné les avancées du monde pour les enfants – et la motivation qu’il faut tirer de ces réussites.

« Je trouve que les chiffres relatifs aux progrès… sont un immense encouragement pour l’avenir, parce qu’ils montrent ce que nous sommes capables de faire si nous travaillons ensemble, » a-t-il affirmé.

Le président du Conseil d’administration de l’UNICEF, Macharia Kamau, Représentant permanent du Kenya auprès des Nations Unies, a dit des décisions prises lors de la première session ordinaire qu’elles témoignaient de l’importance portée par l’UNICEF à l’innovation et l’apprentissage.

« L’UNICEF continue d’innover… afin d’obtenir de bons résultats – et les meilleurs résultats – pour les enfants dans un monde toujours plus complexe et fragile. » Mais « [il] innove… parce qu’il apprend et… s’efforce de maîtriser ses ressources… afin de développer des programmes et des partenariats pour promouvoir et protéger les droits des enfants, partout dans le monde », a-t-il ajouté.

Le Conseil d’administration de l’UNICEF a adopté quatre décisions lors de sa première session ordinaire. Il continuera de mettre à profit les acquis de ces derniers jours lors de sa session annuelle de 2014, prévue du 3 au 6 juin.


 

 

Photographie : Conseil d’administration de l’UNICEF

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