Réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle (OMD 4 et 5)

Intégrer les programmes pour améliorer leurs résultats

© UNICEF/HQ05-0750/Pallava Bagla
Pour les organismes d’aide au développement, la tâche la plus ardue consiste souvent à atteindre les enfants, qu’ils vivent au sein de groupes nomades en Algérie ou dans les favelas du Brésil. On a donc tout intérêt à répondre aux besoins des enfants de multiples façons et en même temps et cette approche a été remise au goût du jour, afin d’accélérer les progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Les services intégrés sont la pierre angulaire de stratégies prometteuses pour améliorer la santé des enfants, notamment la Prise en charge intégrée des maladies de l’enfance, que l’UNICEF soutient dans 82 pays du monde, et le Programme accéléré en faveur de la survie et du développement de l’enfant, mis en œuvre dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest. Le regroupement des services est aussi devenu caractéristique des campagnes de vaccination, qui sont l’occasion d’administrer de la vitamine A, de peser les enfants pour surveiller leur croissance et leur statut nutritionnel, et de distribuer des moustiquaires traitées à l’insecticide pour prévenir le paludisme.

En dispensant plusieurs services à la fois, on peut faire croître la demande de soins de santé, ce qui est essentiel pour élargir les services et atteindre un nombre bien plus élevé de personnes. On a constaté, par exemple, que la distribution de moustiquaires traitées à l’insecticide dans le cadre de la vaccination ou des soins prénatals a stimulé la demande d’une meilleure couverture vaccinale et de soins prénatals. L’intégration des services peut aussi donner de meilleurs résultats dans les domaines du renforcement des capacités des ressources humaines, de la logistique et de la mobilisation de ressources financières dans l’ensemble du secteur de la santé.

Le regroupement des services est rentable et efficace. Par exemple, un article paru en 2005 dans la revue médicale The Lancet a montré que des programmes visant à encourager l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois, puis la poursuite de l’allaitement du 6e au 11e mois – ce qui permet de réduire la mortalité des moins de cinq ans – auraient un coût de 414 millions de dollars par an (pour une couverture universelle dans les 42 pays enregistrant 90 pour cent de tous les décès d’enfants de moins de cinq ans en 2000); les mêmes services, offerts en parallèle, coûteraient 656 millions de dollars, soit près de 60 pour cent de plus.

L’intégration peut englober plusieurs domaines d’intervention. Les programmes de santé maternelle et infantile, par exemple, peuvent servir à l’enregistrement des naissances. En Iraq et en Ouganda, par exemple, on profite de la vaccination pour enregistrer les enfants. Au Malawi, la distribution de repas à l’école a attiré des enfants en nombre bien plus nombreux tout en améliorant leur statut nutritionnel; en 2005, des programmes de ce genre ont atteint près de 200 000 enfants, et le nombre de bénéficiaires devrait passer à 900 000 en 2006.

Les stratégies intégrées sont aussi essentielles dans le domaine de la protection de l’enfant. L’élaboration de programmes dans les écoles pour repérer et signaler le travail des enfants en est un exemple; la formation donnée aux agents de santé pour reconnaître et gérer les cas de maltraitance d’enfants en est un autre.

La volonté d’intégration est également un atout précieux dans l’élaboration d’une stratégie de développement nationale. La coordination des idées et des interventions à l’échelon national peut maximiser les résultats, tout en augmentant les chances d’un pays d’atteindre les cibles des OMD. Par exemple, pour lutter contre le VIH/SIDA, une approche nationale intégrée appelée les « Trois Uns » peut être mise en oeuvre. Elle implique un seul cadre de travail accepté par tous, un seul organisme de coordination national, et un seul système de suivi et d’évaluation au niveau du pays.