25 novembre 2005
Parvenir à l’éducation primaire pour tous et encourager l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes (OMD 2 et 3)
« Allons à l’école, les filles ! »
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| © UNICEF/Turkey/2004/Oral |
En Turquie, onze pour cent des filles sont encore exclues de l’éducation primaire. Mais grâce à une vaste campagne en faveur de l’éducation, plus de 250 000 enfants ont été inscrits à l’école depuis 2003 – dont 177 000 de filles. Sur ce total, rien qu’en 2005, 62 000 filles ont été scolarisées.
Cette campagne fait partie de l’effort mondial qui vise à promouvoir l’égalité des sexes et à scolariser les quelque 115 millions d’enfants en âge d’aller à l’école qui n’y vont pas, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif de l’éducation primaire universelle.
Sous le slogan « Allons à l’école, les filles ! », l’initiative de la Turquie s’appuie sur un vaste réseau de bénévoles qui font du porte-à-porte pour convaincre les parents du bien-fondé de l’éducation. Ces bénévoles se présentent en nombre, et le programme a reçu le soutien d’éminentes personnalités du monde politique, notamment le Premier ministre et son épouse.
Efforts locaux
Dans le Sud-Est de la Turquie, d’où Gülay est originaire, la pauvreté et les traditions culturelles confinent les filles à la maison. Ce qu’une fille peut faire pour sa famille aujourd’hui compte souvent davantage que la mise en valeur de son potentiel.
« Même si j’étais triste de quitter l’école, je n’ai pas pensé que cela me poserait des problèmes pour l’avenir », dit Gülay. « Je me suis dit que j’allais bientôt me marier comme ma sœur aînée, et avoir ma propre famille, si Dieu le veut. »
La bénévole explique à Gülay et à sa mère, Hatice, que l’éducation est le meilleur moyen d’échapper à la pauvreté et aux problèmes auxquels Gülay et sa famille sont confrontés chaque jour : « D’abord, elle pourra trouver un emploi mieux payé. Elle s’occupera mieux d’elle-même, et de vous et de votre mari lorsque vous serez vieux. »
La campagne a marqué un grand pas en avant à la fois pour le Gouvernement turc et l’ensemble du pays. La première année, en 2003, elle n’a visé que les 10 provinces du Sud-Est qui enregistrent les taux les plus faibles de scolarisation des filles.
En 2004, la campagne a été élargie à 23 autres provinces, comprenant notamment les grands centres urbains d’Ankara, d’Istanbul et d’Izmir. En 2005, 20 autres provinces en ont bénéficié, ce qui fait qu’elle concerne en tout aujourd’hui total 53 des 81 provinces de la Turquie.
Pour certaines filles, l’histoire s’est bien terminée. Gülay est revenue à l’école. La bénévole qui s’est rendue chez elle a convaincu Hatice en lui montrant comment obtenir le versement mensuel d’un Virement conditionnel qui couvre en partie les frais de scolarité des enfants. Cette mesure incitative, encouragée par l’UNICEF et soutenue financièrement par la Banque mondiale, est offerte par le Fonds de la sécurité sociale du gouvernement.
L’octroi de cette aide financière a certainement été un argument de poids. Mais le fait que Gülay soit revenue à l’école est aussi peut-être le signe d’une reconnaissance croissante que l’éducation est un impératif pour chaque enfant.
Comme le dit Zozan Ozgokce, une bénévole de Van – une province orientale où le tiers des filles ne fréquentent pas l’école : « Lorsque nous demandons aux femmes comment elles veulent que leurs enfants vivent, elles ne disent pratiquement jamais : « Comme moi ». Et lorsque nous leur demandons ce qu’elles souhaitent, elles répondent : « Être instruites ».
Note : certaines des informations propres au pays ont été fournies par les bureaux de pays ou tirées des rapports de pays annuels de l’UNICEF.

