Intervention d’urgence

Le tremblement de terre en Asie du Sud

© UNICEF/HQ05-1440/Pirozzi
En l’espace de quelques minutes, le séisme qui a frappé l’Asie du Sud le 8 octobre 2005 a tué près de 75 000 personnes, détruisant en même temps les moyens d’existence des rescapés. Les dégâts les plus importants ont été enregistrés au Cachemire sous administration pakistanaise ainsi que dans la province à la frontière Nord-Ouest du Pakistan, des régions densément peuplées situées dans les contreforts de l’Himalaya et comprenant des milliers de petits villages et de villes.

La plupart des décès sont survenus au Pakistan, l’Inde en déplorant 1 300. L’Afghanistan a lui aussi été atteint. Parmi les 4 millions de personnes touchées, près de 3,3 millions se sont retrouvées sans abri, dont 1,6 à 2,2 millions d’enfants. Les hôpitaux, les centres médicaux et les bâtiments des gouvernements ont été détruits. Dix mille écoles se sont effondrées, tuant 17 000 enfants et près de 900 enseignants au début de la journée scolaire. Des glissements de terrain provoqués par les intempéries et plus d’un millier de répliques ont rendu les routes impraticables. Et le peu que le tremblement de terre a laissé intact a été menacé de destruction par un hiver précoce et des difficultés relatives à la coordination des secours dans des reliefs très accidentés.

Une intervention rapide

Cependant, les réactions à l’échelle mondiale ont été rapides et les victimes ont pu recevoir d’importantes quantités de matériel de survie sous 48 heures. La politique de l’UNICEF de prépositionnement s’est révélée très utile, du matériel étant déjà stocké à Karachi et à Peshawar, prêt à répondre aux besoins immédiats de 140 000 à 180 000 personnes. Des vêtements chauds, des couvertures, des biscuits énergétiques et des trousses sanitaires d’urgence ont été expédiés immédiatement dans les zones touchées.

L’approche de l’ONU consistant à mettre en place une coordination par secteur (ou « cluster leadership ») en matière d’intervention humanitaire, testée au cours de cette situation d’urgence, a facilité la coordination de l’acheminement des secours. En travaillant en étroite collaboration avec le Gouvernement pakistanais, l’UNICEF a coordonné l’intervention pour l’eau et l’assainissement, la protection de l’enfance, l’éducation et la transmission de données et a dirigé le groupe chargé de l’alimentation et de la nutrition, conjointement avec le Programme alimentaire mondial.

Fin octobre, l’UNICEF a lancé un appel en vue d’obtenir 93 millions de dollars pour l’aide humanitaire, dans le cadre d’un appel consolidé de 550 millions de dollars au total. Les donateurs se sont engagés à verser 98 millions de dollars à l’UNICEF.

Suite aux efforts de l’UNICEF et de ses partenaires, plus de 7 millions de comprimés de purification de l’eau, 6 millions de sachets de sels de réhydratation par voie orale, 3,5 millions de savons, 100 000 seaux et 350 000 jerricanes ont été distribués pour aider à garantir l’accès à de l’eau salubre. Dans les zones touchées par les séisme et aux alentours, 4 millions d’enfants âgés de 6 mois à 15 ans ont été vaccinés contre la rougeole et ont reçu des suppléments de vitamine A.

Deux semaines après la catastrophe, la première école a pu rouvrir dans la région touchée, marquant ainsi le début de la reconstruction du système éducatif. Les enfants ont bénéficié d’une aide psychosociale, tandis que des mécanismes d’enregistrement ont été mis en place pour établir une liste de 10 000 enfants vulnérables vivant dans des camps et pour leur permettre de retrouver leurs familles.

Soucieux d’aider ceux qui en ont le plus besoin, l’UNICEF et ses nombreux partenaires regardent au-delà de ce paysage de ruines déchiquetées et de vies brisées et travaillent avec le Gouvernement du Pakistan afin que les nouveaux bâtiments puissent résister à l’activité sismique et que la reconstruction contribue à améliorer les systèmes d’éducation et de santé et à réduire la pauvreté. Comme la population a l’assurance que les nouveaux bâtiments ne s’effondreront pas sur elle lors de la prochaine catastrophe, elle est disposée à imaginer un avenir meilleur et à œuvrer en sa faveur.