Le retour de Mamadou, une victime de la traite des enfants en Guinée-Bissau qui a été sauvée

Image de l'UNICEF: Guinea-Bissau, child trafficking
© UNICEF Guinée-Bissau/2009
Mamadou, âgé de 11 ans, fait partie des 14 victimes de la traite des enfants récemment sauvées, qui sont en cours de réinsertion avec le soutien de l’UNICEF.

BISSAU, Guinée-Bissau, 28 mai 2009 – Il est 8 heures du soir et un avion venant de Dakar est en train d’atterrir à l’aéroport de Bissau. Du hublot de l’avion, Mamadou, 11 ans, essaye de donner un sens à ce paysage qui approche à toute allure autour de l’avion. C’est la première fois qu’il prend l’avion.

Mamadou fait partie des 14 victimes de la traite des enfants récemment sauvées, qui sont en cours de réinsertion avec le soutien de l’UNICEF, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations, la Fondation suisse et des organisations non gouvernementales du Sénégal et de Guinée-Bissau.

Dans quelques jours, Mamadou va être en mesure de rejoindre sa famille. En outre, il va aller bientôt en classe dans une école bénéficiant du soutien de l’UNICEF, proche de son village. Mais ses nouveaux vêtements ne peuvent pas cacher la maigreur et les blessures de cet enfant faible et souffrant de malnutrition, qui a été victime pendant plus de deux ans de mauvais traitements et d’exploitation.

La fausse promesse de bénéficier d’une éducation

À l’âge de neuf ans, Mamadou a été envoyé par son père au Sénégal avec un homme qui se présentait comme un enseignant du Coran. Son père a dit à Mamadou qu’il recevrait une éducation religieuse meilleure que celle dont il pourrait bénéficier dans leur village.

Mais une fois arrivé à Dakar avec d’autres enfants comme lui, qui venaient de différents villages, il a découvert qu’il n’y avait pas d’école coranique pour l’accueillir. 

Au lieu de cela, Mamadou a été forcé de mendier dans les rues pour obtenir l’équivalent d’environ 1 dollar É.-U. par jour. Lorsqu’il n’arrivait pas à collecter cette somme, il était battu et on hurlait contre lui, si bien qu’au lieu de rentrer « à la maison » il dormait dans les rues.

Cicatrices et rêves

« À Dakar, je devais me lever tous les jours à 4 heures du matin, puiser de l’eau au puits et faire le ménage chez mon maître », raconte-t-il. « Ensuite, nous allions mendier dans les rues, moi et d’autres enfants. Plusieurs fois, j’ai été battu avec un câble électrique, parce que j’étais revenu sans argent. »

Mamadou cesse alors de parler, relève son T-shirt neuf et montre les cicatrices sur son dos.

Au cours de ces longs mois, les seuls bons moments qu’il a passés, c’était lorsqu’il rêvait d’aller à l’école et de devenir un grand joueur de football – « comme Thierry Henry », précise-t-il.

« Pendant un moment, je pouvais oublier »

« À Dakar, parfois, je me cachais derrière la porte d’un restaurant ou d’un snack-bar pour regarder … la télévision, » se rappelle Mamadou. « J’étais si heureux lorsque je pouvais voir Thierry Henry, le joueur de football que je préfère ! »

« Pendant un moment, je pouvais oublier les coups, la faim, le froid durant les nuits passées sous des cartons » ajoute-t-il.

L’UNICEF Bissau aide des enfants comme Mamadou en apportant un soutien technique et financier au Gouvernement de Guinée-Bissau et aux ONG locales – notamment AMIC et SOS Talibe – afin d’arrêter la traite des enfants une fois pour toutes, de faciliter la réintégration des enfants dans leur famille et de mettre en place des actions de proximité pour empêcher cette traite.


 

 

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