Donner aux jeunes Indonésiens les moyens de « diffuser le message de prévention » sur le VIH/SIDA

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
De jeunes Indonésiens s’informent sur le VIH/SIDA

Par John Budd

BOGOR en Indonésie, X octobre 2005 – David Gordon fait tourner un stylo feutre sur le sol, devant un groupe de jeunes Indonésiens et interroge la personne désignée: « Quel est le moyen le plus efficace en Indonésie pour faire circuler l’information parmi le plus de jeunes possible ? »
 
Vingt-deux adolescents répondent à l’unisson : « la musique ! »

Il s’agit du vingtième jour d’une formation d’un mois pour de futurs pairs éducateurs, dans la ville de Bogor, située à une heure de route au sud de Jakarta, dans l’ouest de l’île de Java. Cette formation financée par l’UNICEF donne des informations aux jeunes participants sur le VIH/SIDA et les aide à acquérir les connaissances nécessaires pour conseiller les jeunes de leur âge. Cette formation aborde également le sujet de la toxicomanie et de la dépendance à la drogue, car une grande partie des consommateurs de drogues injectables en Indonésie seraient séropositifs.

David Gordon et son épouse Joyce dirigent l’un des quelques centres de réhabilitation pour toxicomanes que compte l’Indonésie. Ce centre a été baptisé « Yayasan Harapan Permata Hati Kita », ce qui signifie « l’espoir pour nos enfants ». La plupart des gens le connaissent sous le nom de YAKITA, un jeu de mots en Indonésien qui veut dire « oui, nous ! ».

L’infection gagne du terrain

L’UNICEF et YAKITA travaillent conjointement sur un programme-pilote ambitieux visant à former des jeunes gens originaires du Grand Jakarta et des trois provinces Bandung, Macassar, et Bali à leur futur rôle d’éducateurs pour les groupes de pairs sur le VIH et le SIDA. C’est Rachel Odede,  responsable des programmes sur le SIDA de l’UNICEF, qui est l’initiatrice de ce projet.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Des éducateurs pour les groupes de pairs, ayant reçu une formation parrainée par l’UNICEF, informent des jeunes de leur âge sur la prévention du VIH/SIDA.

« J’avais déjà mis en place des programmes similaires en Erythrée et au Mozambique et j’ai fait bénéficier David et Joyce de mon expérience. Ils ont repris le programme et l’ont développé. Il y a beaucoup de travail en perspective. Le Grand Jakarta compte à lui seul environ 20 millions d’habitants », déclare Mme Odede.

Il s’agit d’une véritable course contre la montre dans ce pays de 210 millions d’habitants à la démographie galopante. Seuls 4 389 cas de personnes séropositives ou atteintes du SIDA sont officiellement recensés, mais le gouvernement indonésien estime que ce chiffre avoisinerait plutôt 130 000. Il est impossible d’établir une estimation avec certitude car la stigmatisation liée au VIH dissimule l’ampleur des faits.  Ainsi, les populations concernées ne prennent généralement conscience de la gravité de la situation que lorsqu’il est déjà trop tard.

David Gordon précise que selon certaines estimations, près de la moitié des consommateurs de drogues injectables vivant à Jakarta seraient séropositifs. L’épidémie a explosé parmi les toxicomanes. « Il y a tant de personnes qui consomment de l’héroïne et qui utilisent régulièrement ou occasionnellement des aiguilles usagées tout en ayant une activité sexuelle, qu’il est difficile de se procurer des chiffres précis », ajoute-t-il.

Une formation efficace

Actuellement, l’Indonésie compte six zones particulièrement touchées par le VIH. Les consommateurs de drogues injectables propagent l’infection au sein de Jakarta, de la ville proche de Bandung, et de l’île touristique de Bali. A Surabaya, à Macassar et en Papouasie, c’est la prostitution qui est responsable de la progression de l’épidémie.

Le Ministère indonésien de la santé estime qu’en 2010, faute d’une intervention immédiate pour enrayer la progression de la maladie, on devrait recenser dans le pays près de 110 000 cas confondus de SIDA déclarés ou de décès liés à la maladie. A ces chiffres s’ajouteront un million de personnes séropositives.

L’UNICEF concentre ses efforts en Indonésie sur deux domaines d’action essentiels: inculquer aux jeunes des compétences vitales et empêcher la transmission mère-enfant.  Pour ce faire, l’organisation a adopté plusieurs stratégies, parmi lesquelles l’éducation pour les pairs, les campagnes de sensibilisation et l’intégration de l’information en matière de prévention dans les programmes scolaires. 

La formation dispensée à YAKITA montre comment ces approches peuvent porter leurs fruits. « Les participants au programme sont sélectionnés en fonction de l’intérêt qu’ils portent à ces questions, de leurs talents de communication et parce qu’ils sont représentatifs des adolescents ou des jeunes adultes indonésiens », explique Rachel Odede.                

« A leur arrivée au centre, la plupart d’entre eux ignorent tout de ce problème et font preuve d’une grande naïveté à l’égard de l’infection. Très souvent, ils ont peur des personnes séropositives. A l’issue de la formation, ils ont un point de vue réaliste et ils comprennent mieux, grâce à l’enseignement reçu, la situation et les personnes concernées », ajoute-t-elle. 

La stratégie de « diffusion du message »

A l’heure actuelle, quatre groupes de futurs jeunes éducateurs de 25 participants maximum ont bénéficié grâce à l’UNICEF et YAKITA d’une formation pour éduquer leurs pairs en matière de compétences vitales.          

Ces jeunes gens contribuent à la « diffusion du message » dans leurs villes d’origine par le biais de leur travail de prévention auprès de groupes de pairs. Même si leurs débuts en tant qu’éducateurs sont récents, ils ont déjà transmis leurs connaissances à plus de 6 000 jeunes en intervenant dans les écoles, les campus universitaires, la rue, les hôpitaux ou même dans des casernes militaires. 

Ils ont aussi commencé à former à leur tour d’autres pairs éducateurs (plus de cent à l’heure actuelle) pour mieux diffuser l’information en matière de prévention.
 
« Ce n’est qu’un début, affirme Rachel Odede à David et Joyce Gordon. Il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir ».


 

 

Español Français

Vidéo (en anglais)

17 Octobre 2005:
Steve Nettelton, de l’UNICEF, s’est intéressé aux programmes de formation des futurs jeunes éducateurs pour les pairs dans le cadre de la prévention du VIH/SIDA en Indonésie

bas | haut débit
(Real player)

Journalistes:
Obtenez des vidéos de qualité professionnel chez The Newsmarket

Liens