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Evaluation report

2013 Guinea Bissau: Evaluation of FGM/C Joint programme in Guinea Bissau



Author: UNICEF and UNFPA CO

Executive summary

"With the aim to continuously improve transparency and use of evaluation, UNICEF Evaluation Office manages the "Global Evaluation Reports Oversight System". Within this system, an external independent company reviews and rates all evaluation reports. Please ensure that you check the quality of this evaluation report, whether it is “Outstanding, Best Practice”, “Highly Satisfactory”, “Mostly Satisfactory” or “Unsatisfactory” before using it. You will find the link to the quality rating below, labelled as ‘Part 2’ of the report."

Background:

Pratique répandue dans bon nombre de pays africains, les MGF/E suscitent des réactions de plusieurs acteurs de lutte pour le droit de la femme. Malgré les nombreuses stratégies développées et les actions menées pour éradiquer le phénomène, force est de constater que les MGF/E sont encore pratiquées. L'enquête MICS 2010 a révélé que le taux de mutilation génitale féminine / excision (MGF/E) a augmenté de 44,5% en 2006 à 49,8% en 2010. En outre, le taux d'approbation pour les MGF/E chez les femmes entre 15 et 49 ans a augmenté, passant de 27,9% en 2006 à 33,5% en 2010. Plus encore, dans un contexte marqué par une pauvreté généralisée, le revenu gagné par les exciseuses ainsi que le statut social dont elles bénéficient, pourraient être quelques uns des facteurs de maintien de la pratique des MGF/E.
Depuis 2008, l'UNICEF et l’UNFPA œuvrent pour l'abandon total des MGF/E dans le cadre d'un programme conjoint. Ce Programme est le principal instrument pour promouvoir l'abandon des MGF/E au niveau international au sein des Nations Unies. Il est basé sur la Déclaration inter institutions sur les MGF/E (2008) qui recommande un ensemble de stratégies de programmes et de plaidoyers pour promouvoir l'abandon de la pratique. Au niveau central, de plaidoyers de haut niveau avec les ministères du gouvernement, l'Assemblée nationale, avec sa Commission permanente pour les enfants et les femmes et d'autres acteurs clés ont été menés. Des partenariats ont également été établis avec d'autres agences des Nations Unies, les organisations de coopération bilatérale et les ONG. Un appui technique et financier est fourni au CNAPN pour élaborer des stratégies nationales, mobiliser les parties prenantes, améliorer la collecte des données, les processus de communication, de coordination et de suivi.

Purpose/Objective:

Cette évaluation externe permettra d'évaluer les produits et résultats obtenus à partir du programme ainsi que la pertinence des stratégies développées lors de la phase 2008 - 2012 du programme. Les connaissances et résultats générés seront utilisés par :
• Le gouvernement de la Guinée Bissau, à savoir le Ministère en charge de la famille et de la Femme, l'Institut de la Femme et de l’Enfant (IMC) et le Comité National pour l'Abandon des Pratiques Néfastes (CNAPN) à informer, réviser et ajuster le plan d'action national de lutte pour l’abandon des MGF/E dans le pays.
• Les partenaires bilatéraux et l'équipe de pays à connaître davantage sur les mesures prises dans le domaine de la promotion de droits de l'homme au niveau de la communauté et d'identifier les futurs domaines prioritaires des interventions;
• Les bailleurs de fonds du Programme d'apprécier les résultats de leur contribution.

De manière spécifique, l'évaluation a deux objectifs. Il s’agit de :
1. Evaluer et documenter les processus, les produits et les résultats réalisés à la suite des interventions du programme TOSTAN par rapport à la situation de référence et aux objectifs prévus dans les documents de programme;
2. Evaluer les tendances et les réalisations en général concernant la réduction des MGF/E dans le pays, y compris le cadre institutionnel, les acteurs et les facteurs qui influencent, en vue de proposer des stratégies à l'UNICEF et l’UNFPA pour de futures interventions.

Methodology:

La démarche méthodologique a consisté à mener conjointement un certains nombre d’investigations. Ces investigations ont démarré par la revue documentaire qui a consisté à la collecte et l’exploitation des documents disponibles sur le phénomène et sur le programme conjoint. Il s’agit des documents de programme, de données de base, du rapport d'évaluation à mi-parcours, des rapports périodiques, des outils de surveillance, les programmes de formation, et des portraits de la communauté.
Cette revue générale des documents et rapports existants, a aidé dans la conception des questionnaires et canevas et à appréhender certaines questions pertinentes. Outre la revue documentaire, l’étude comporte quatre volets essentiels à savoir :

-  un volet quantitatif auprès d’un échantillon d’hommes et de femmes représentatif de la population au niveau des zones d’intervention ;
- un volet qualitatif qui permet de documenter le phénomène des MGF/E et les facteurs socio culturels favorables ou défavorables à la résistance du phénomène ainsi que les forces et faiblesses des différentes actions menées à ce jour ;
- un volet d’analyse institutionnelle qui permet de faire un état des lieux de la participation et des engagements des organisations qui œuvrent dans le domaine de la promotion de l’abandon de la pratique ;
- L’examen de l’échantillonnage et du fichier des données de base de MICS  pour évaluer la pertinence des résultats de MICS sur les MGF/E et vérifier si d’autres groupes religieux ou ethniques pratiquent les MGF/E et ne sont pas pris en compte par le programme TOSTAN

Findings and Conclusions:

Les résultats montrent que la lutte contre les MGF/E engagée par le programme TOSTAN est entrain de porter ses fruits, mais les obstacles à franchir sont encore nombreux comme le montrent  les déterminants de la résistance contre l’abandon de la pratique.
Au niveau de l’élaboration du programme, la partie nationale a déploré son non implication réelle, mais elle reconnaît que dans l’ensemble, c’est programme bien élaboré. Au niveau de son implémentation, on relève quelques imperfections qui ont engendré quelques faiblesses du programme. C’est le cas du nombre de zones d’intervention qui au départ était de 63 mais au cours de l’exécution seules 39 zones ont été prise en compte. On peut noter aussi le cas de transfert de compétence de TOSTAN aux ONG locales choisies par la partie nationale qui est une bonne stratégie. Mais la réalité sur le terrain n’a pas été à la hauteur des attentes.
Les stratégies développées dans le cadre ce programme ont permis beaucoup de succès à de différents niveaux et auprès de chacune des parties prenantes au programme. En effet, le programme TOSTAN a su mobiliser les plus hautes autorités du pays. Le programme a su mobiliser des Imams et des exciseuses pour une lutte plus efficace. La stratégie médiatique a permis de briser cette barrière très sensible de culture et de sexualité qui existait et qui a fait que les MGF/E étaient un sujet tabou.
La stratégie d’intervention de TOSTAN sur le terrain a suscité une sorte de révolution de prise de conscience par les communautés. Ce qui a précipité le climat très favorable pour l’appropriation du programme par les communautés elles-mêmes.
Aujourd’hui les succès du programme TOSTAN sont si visibles qu’ils deviennent un nouveau défi qu’il faut relever à tout prix par toutes les parties prenantes. Il faut aller jusqu’au bout c’est-à-dire d’assurer une couverture nationale et de briser les autres barrières culturelles de résistance. 

Recommendations:

A l’endroit de TOSTAN

Renforcer le programme PRCC dans les communautés qui semblent résister notamment dans les zones Fula.

Développer de nouveaux modules d’enseignement qui prennent en compte les facteurs culturels des communautés pour démystifier le poids culturel qui pèse sur elles et anéantir l’influence des institutions culturelles en la matière afin de casser cette stigmatisation ;

Préparer psychologiquement les 39 communautés à se prendre en charge et à aider les autres communautés voisines qui n’ont pas eu les mêmes chances qu’elles ;

Développer les interventions dans les nouvelles communautés sur la base d’études socio anthropologiques menées préalablement dans ces communautés ;

Renforcer la sensibilisation chez les Imams et développer une stratégie de rapprochement des paires. Autrement dit, il faut passer par les autres Imams déjà acquis pour la cause pour mieux conscientiser les plus réticents ;

Commanditer et réaliser des études socio-anthropologiques approfondies au niveau national ;

Informer et bien les populations sur les conséquences néfastes des MGF/E à travers les médias communautaires, en allant au-delà des seuls problèmes d’accouchement et des infections ;

Œuvrer à la mobilisation de ressources nécessaires en diversifiant les sources de financement.


A l’Endroit d’UNFPA/UNICEF

Faire le plaidoyer auprès d’un grand nombre de donateurs pour mobiliser plus des ressources et créer un basket fund qui permet une intensification et une extension du programme ;

Promouvoir une approche holistique en associant d’autres programmes et projets dans l’esprit de programme de développement communautaire ;

Exiger et favoriser la mise en place d’une cellule de suivi évaluation dotée de personnel qualifié ;

Encourager l’intégration de l’enregistrement des faits d’Etat Civil à d’autres programmes sociaux.

Lessons Learned:

Les résultats de nos investigations ont montré que malgré les déclarations publiques d’abandon de la pratique des MGF/E, les gens continuent cette pratique et de façon clandestine. Plusieurs témoignages ont insisté sur le fait que seules les festivités ont changé mais la pratique continue dans les communautés.
En fait, il existe toute une construction sociale, autour, de l’excision qui conditionne la reproduction de beaucoup d’institutions sociales et de pratiques socioculturelles. Il faut donc procéder à toute déconstruction de la conception des croyances socioculturelles et religieuses de cette pratique. Tant que ces institutions et pratiques persistent, l’excision des femmes sera difficile à éradiquer parce que la condition de l’existence de la femme dans ce contexte, dépend de l’excision.
Il faut recentrer le problème des MGF en tenant compte des rapports de genre. Il faut mettre en œuvre l’axe stratégique du programme conjoint qui consiste à travailler plus avec les hommes, même si on travaille déjà avec les Imams et les exciseuses.
Lorsqu’on parle de l’excision et religion, il ne faut pas se limiter à l’Islam. Les facteurs culturels dépassent les seuls facteurs liés à l’islam. En Guinée Bissau, des pratiquants d’autres religions pratiquent bel et bien l’excision.
A côté de ces indicateurs qui promettent un lendemain meilleur sur la pratique, guette un possible et réel revirement de la situation. On ne peut pas croiser les bras et sortir de l’ornière. C’est le moment où jamais, le temps de développer de nouvelles stratégies pour contrecarrer les changements qui s’opère dans la pratique pour la perpétuer.


 



Full report in PDF

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Report information

Year:
2013

Country:
Guinea Bissau

Region:
WCARO

Theme:
Child Protection

Type:
Evaluation

Partners:
Ministry of Social and Women Affairs; Ministry of Justice; Woman and Child Institute, TOSTAN

Language:
French

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