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Evaluation report

2012 Comoros: Assessment of the Comoros education system for a new Education for All (EPT) Policy [RESEN]



Author: Mr Beifith Kouak du Pôle de Dakar (Unesco-Breda), Mme Rosa Mahdjoub, et Mr Alain Mingat de l’Université de Bourgogne (Iredu-Cnrs)

Executive summary

Diagnostic du système éducatif comorien pour une politique nouvelle dans le cadre de l’EPT - Rapport d’Etat du Système Educatif Comorien (RESEN)

Background:

Ce diagnostic sectoriel de l’éducation aux Comores s’inscrit dans le format général des Rapports d’Etat des Systèmes Educatifs Nationaux (RESEN), initiés par la Banque Mondiale il y a un peu plus de dix années. Ce format s’est progressivement enrichi pour prendre en compte des considérations additionnelles qu’il est apparu intéressant de documenter, telles que celles concernant les effets sociaux de l’éducation, les enfants non scolarisés ou les adultes analphabètes. Ce format couvre les principaux aspects d’un système d’éducation sachant qu’il permet aussi à la fois la capitalisation de l’expérience acquise au cours de l’ordre d’une trentaine d’exercices similaires menés dans les pays d’Afrique subsaharienne et d’offrir une base de comparaisons internationales homogènes sur des aspects non couverts par les statistiques scolaires traditionnelles.
L’Union des Comores est constituée de trois îles, de superficie et de populations différentes. En 2010, il est estimé que l’île de Ngazidja, avec 353 000 habitants, compte un plus de la moitié de la population totale du pays, alors que l’île de Mwali n’en compte que 45 000; la troisième île, Ndzuwani, compte pour sa part 293 000 habitants. Selon les conventions retenues par les services statistiques, la distribution de la population se répartit entre 72 % pour le milieu rural et, par complémentarité 28 % pour le milieu urbain. Mais, bien qu’assez fortement rurale, la densité du pays s’établit au chiffre relativement élevé de 272 habitants au kilomètre carré. Cette statistique est toutefois variable entre les trois îles, avec un chiffre de 260 à Ngazidja, de 108 à Mwali et de 556 à Ndzuwani qui est l’île où la densité de population est la plus forte (créant même des difficultés concrètes de pression sur la nature qui sont peut-être excessives).

Purpose/Objective:

Les objectifs associés à la réalisation d’un RESEN sont doubles : le premier est bien sûr de produire le document qui fait état du diagnostic réalisé; le second, qui lui est joint, concerne non pas le résultat de l’exercice mais le processus lui-même. Il importe que le travail réalisé soit aussi coopératif que possible et que la réalisation du RESEN soit à la fois une occasion de formation pour les différents membres de l’équipe nationale et une occasion d’améliorer les pratiques qu’ils mettent en œuvre au sein du système (et ce qu’il s’agisse de la collecte des informations, de la gestion quotidienne du système ou du suivi de la mise en œuvre des décisions qui y sont prises).

Il est sans doute important de noter aussi que ce rapport diagnostic apparaîtra sans doute un peu moins fourni que certains autres rapports du même type établis dans d’autres contextes nationaux, la raison tenant notamment à une disponibilité moindre d’informations statistiques détaillées et fiables dans le cas des Comores. Cela dit, comme cela avait été anticipé, il se peut que ce rapport diagnostic porte en fait une valeur ajoutée très appréciable pour la réflexion en matière de politique éducative, compte tenu justement de la faiblesse et de l’éparpillement relatifs des informations sur le système éducatif du pays dans la situation initiale.

Methodology:

La conduite des RESEN s’appuie sur un certain nombre de principes analytiques qu’il est pertinent de rappeler :

i) deux aspects sont centraux dans les analyses conduites; il s’agit de l’efficience et de l’équité. Ces deux aspects sont importants en eux-mêmes car ils constituent les balises de référence (parfois contradictoires mais aussi souvent convergentes) de la santé d’un système éducatif national; mais ils sont aussi importants à considérer car les situations réelles en sont souvent éloignées.

ii) un aspect aussi très important de l’approche suivie dans les RESEN consiste à éviter les jugements de type normatif et de les remplacer par des évaluations de type comparatif. Cette approche comparative prend bien sur la forme internationale, notamment avec les pays d’Afrique subsaharienne; mais cette comparaison dans l’espace peut concerner aussi les différents établissements du pays qui sont autant de lieux où des ressources sont mobilisées et où les résultats d’apprentissages se construisent;

iii) enfin, un aspect assez peu souvent traité, celui de l’évaluation de la performance gestionnaire du système est intégré à l’analyse conduite dans le cadre du RESEN. En effet, si un système éducatif doit certes à la fois disposer des ressources adéquates pour fonctionner et des politiques éducatives pertinentes pour les utiliser, il importe de façon jointe que les dispositions gestionnaires appropriées soient identifiées et concrètement mises en place.

Findings and Conclusions:

Parmi les principales conclusions de cette évaluation, on note :

* Le système éducatif comorien se caractérise en 2010 par un TBS de 103% au primaire, de 52 % au collège et de 46 % au lycée. Toutefois, la valeur du TBS supérieure à 100 % observée dans le primaire ne signifie pas pour autant que tous les enfants en âge d’aller à l’école seraient effectivement scolarisés.

* Le système se caractérise également par un nombre d’étudiants pour 100 000 habitants proche de 1000. Cette couverture est proche de celle du Maroc et plus élevée que celles du Cameroun ou de la Côte d’Ivoire, trois pays i) situés à un niveau de développement très supérieur à celui des Comores et ii) qui ont un taux de chômage des diplômés très élevé.

* L’examen des profils de scolarisation fait apparaître un problème d’accès (un enfant sur 7 n’aurait pas du tout accès à l’école) et de rétention au cours du cycle primaire (25 % des entrants quittent avant la fin de cycle) qui pénalise la réalisation de la scolarisation primaire universelle. Au total, 62 % de la clase d’âge a un cycle primaire complet.

* On identifie aussi une forte continuité entre les deux cycles secondaires; cette faible régulation des flux est dans le court terme susceptible d’expliquer les chiffres élevés de scolarisation dans le supérieur; ils sont aussi porteurs d’une intensification (sans doute non souhaitable) de cet état de choses dans le futur, lorsque des progrès dans l’achèvement du primaire auront été réalisés.

* Les dépenses publiques d’éducation représentent 4,9 % du PIB et 20,2% des dépenses publiques courantes. Ces valeurs sont un peu plus élevées que les moyennes régionales et suggèrent que le système n’est pas sous-financé. Toutefois, elles sont essentiellement consacrées aux salaires, laissant ainsi peu de marges de manœuvre pour les dépenses de fonctionnement hors salaires pourtant indispensables pour la qualité des services.

Recommendations:

Quelques recommandations ont été formulées à l'issue de cette évaluation notamment :

* Il n'est pas pertinent à avoir des classes dont la taille est autour de 32 dans le public alors que les indications sont qu’on ne perdrait rien en termes d’apprentissage à la porter autour de 40, chiffre par ailleurs retenue dans le cadre indicatif de l’IMOA-EPT.

* Il serait sans doute bénéfique d’augmenter les ressources pédagogiques dont disposent les élèves et les enseignants au niveau de la classe.

* Des actions pourraient être entreprises pour faire en sorte que le fonctionnement des écoles à large effectifs soit davantage propice aux apprentissages des élèves. 

* Même si les ressources et les moyens mobilisés au niveau des écoles comptent, c’est bien davantage l’amélioration de la capacité de nombreuses écoles à transformer les moyens dont elles disposent en résultats qui constitue la vois la plus essentielle pour améliorer la qualité effective du système éducatif comorien au niveau primaire (et sans doute en fait de façon plus large). C’est la qualité de la gestion pédagogique du système qui est ici en cause.

Lessons Learned:

Certaines leçons ont été apprises à la suite de cette évaluation :

* Environ 24 000 enfants de la classe d’âge 6 – 11 ans, soit 25 % du total des enfants d’âges correspondants, seraient potentiellement non scolarisés en 2009-10.

* Le non-accès à l’école s’explique davantage par des facteurs de demande que d’offre scolaire. En effet, le niveau de revenu et la localisation (urbain/rural) de la famille y exercent une influence notable. En revanche, si la distance à l’école (> 30 mn) est aussi pénalisante, on observe qu’un nombre significatif de jeunes n’ont pas accès même quand ils ont une école à proximité.

* En ce qui concerne la rétention, les facteurs sociaux n’y exercent qu’une influence  modérée, suggérant ainsi les pistes d’action devraient être recherchées dans i) la dimension pédagogique et ii) la fréquence très (trop) élevée des redoublements (28 %), le redoublement étant identifié comme l’antichambre de l’abandon des études.



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