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Evaluation report

2012 Burkina Faso: Evaluation finale du projet « Approvisionnement en Eau Potable, Assainissement de base et Hygiène dans les provinces du Ganzourgou et de la Gnagna, Burkina Faso – 2007-2010»



Author: Christian A. Béré

Executive summary

"With the aim to continuously improve transparency and use of evaluation, UNICEF Evaluation Office manages the "Global Evaluation Reports Oversight System". Within this system, an external independent company reviews and rates all evaluation reports. Please ensure that you check the quality of this evaluation report, whether it is "Outstanding, Best Practice", "Highly Satisfactory", "Mostly Satisfactory" or "Unsatisfactory" before using it. You will find the link to the quality rating below, labeled as 'Part 2' of the report."

Background:

Le Projet Approvisionnement en Eau Potable, Assainissement de Base et Hygiène a été mis en œuvre entre 2007 et 2010 sur une durée d’environ 36 mois, dans 15 communes et 518 villages des Provinces du Ganzourgou (Région du Plateau Central) et de la Gnagna (Région de l’Est), Burkina Faso. Il avait pour objectif spécifique de réunir les conditions optimales pour garantir l’accès et l’utilisation des sources d’eau potable, la gestion adéquate des excréta et des bonnes pratiques d’hygiène. Le budget prévisionnel a été adopté pour 2.533.466 €, dont 70% soit 1.773.326 € pourvus par l’Union Européenne (UE), les 30% devant être pourvus pas l’UNICF et les bénéficiaires. Le projet s’inscrivait dans le programme « Water Sanitation and Health (WASH) » de l’UNICEF et englobait la plupart des activités de ce programme.

Purpose/Objective:

L’évaluation finale du Projet d’Approvisionnement en Eau Potable, Assainissement de Base et Hygiène dans les provinces du Ganzourgou et de la Gnagna a un double objectif. D’une part, il s’agit de satisfaire à une obligation de management après 3 années de mise en œuvre du projet. D’autre part, l’évaluation vise à fournir à l’UNICEF et à ses partenaires techniques et financiers une base objective pour : (i) ancrer leurs interventions dans une plus longue durée, (ii) optimiser la programmation lors du prochain cycle (2011-2015), (iii) améliorer leurs stratégies d’interventions en vue d’accroître l’efficacité et l’efficience ainsi que l’impact des activités menées sur le terrain ; (iv) fournir des évidences objectives pour conduire des actions effectives de plaidoyer.

Methodology:

La démarche d’exécution de la mission d’évaluation repose sur une approche participative, principalement avec le comité de pilotage regroupant des membres de l’UNICEF et les parties prenantes au projet, conformément aux prescriptions des Termes de Références (TdR).

1 La collecte des données
Pour répondre adéquatement aux questions d’évaluation incluses dans les TdR, des données qualitatives et quantitatives ont été collectées à travers quatre méthodes mixtes:  

1. des entretiens approfondis avec les responsables du projet à l’UNICEF, les coordinateurs/trices, les animateurs/trices et les techniciens de l’ONG CREPA et l’Association Chant de Femmes (ACF), les services techniques centraux (DGRE, DGAEUE, DGHPES), les services techniques déconcentrés (DRAHRH, DRS, DREBA), les autorités communales, des prestataires privés d’investigation, des artisans réparateurs, des femmes formées par le projet, des noyaux ou des relais communautaires des élèves et des enseignants ainsi que des pensionnaires des Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS). Une liste exhaustive des personnes interviewées est ajoutée en annexe 3 ;

2. des focus groups avec des ménages ;

3. l’exploitation des rapports d’activités du CREPA, d’ACF et de l’UNICEF et autres documents ;

4. des observations directes faites sur le terrain notamment la visite des forages neufs et réhabilités 

La collecte des données sur le terrain a été effectuée par une équipe de 4 personnes sur une période de 12 jours. Au regard de certaines contraintes, tels que l’hivernage, l’indisponibilité des acteurs (notamment des bénéficiaires directs) et l’inaccessibilité de certaines localités), le démarrage de ce processus a été reporté en octobre 2011 au lieu de juillet 2011.

Il convient de mentionner qu’après avoir procédé par des enquêtes individuelles au niveau des ménages dans les 4 premiers villages, les consultants ont opté pour une approche « focus group » dans les 16 autres villages, pour les raisons suivantes : (i) l’éparpillement des habitats exigeait un long temps de parcours ce qui ralentissait la progression, (ii) plusieurs habitants trouvés dans certains ménages n’étaient pas aptes à fournir les informations recherchées et, (iii) la faible variation entre les réponses des ménages.

2 Le plan de sondage
Le plan de sondage a été élaboré sur la base de la structure de l’intervention du projet, notamment la répartition quantitative, spatiale et sociale (catégories de bénéficiaires) des réalisations effectuées à l’échelle des deux provinces couvertes. Globalement cette structure se résume comme suit :

1. 100% des communes (16) et villages (518) dans les deux provinces ont été touchés par les campagnes massives d’animation et de sensibilisation aux changements de comportement en matière de consommation d’eau potable, d’assainissement eaux usées et excréta et d’hygiène.

2. 100 % des communes (16) et 34 % des villages (178) ont bénéficié chacun d’au moins une réalisation physique, telle que la réalisation des forages neufs, la réhabilitation des forages en panne, la construction des latrines dans les écoles ou les centres de santé (CSPS), l’équipement d’écoles en lave-mains, l’équipement des femmes en pousse-pousse pour le transport d’eau ou la formation des comités des points d’eau (CPE).
Sur la base de cette structure, un échantillon représentatif à la fois de la couverture géographique du projet, des types d’activités réalisées et des catégories de bénéficiaires a été déterminé. L’échantillon comprend 20 villages sur un total de 178 villages ayant bénéficiant du projet (11 %), dont 13 villages dans la province de Ganzourgou et 7 villages dans la province de Gnagna. Par ailleurs, l’échantillon d’acteurs rencontrés a concerné presque toutes les catégories d’acteurs ayant été impliqués dans la mise en œuvre du projet : des services techniques centraux et déconcentrés de l’Etat, des ONG (ACF, ARFA et CREPA) maîtres d’œuvre de certains volets du projet, des entreprises privées ayant fourni des travaux, des élus locaux, des artisans réparateurs de pompe à motricité humaine, des maçons en charge de la construction des latrines, des élèves, des enseignants, des ménages ainsi que les animateurs et techniciens agents de terrain des ONG. Les tableaux donnés en annexe 9.3 et 9.4 donnent des informations précises par rapport à la composition de l’échantillon et la liste des villages retenus pour l’évaluation.

3. Le traitement et l’analyse des données : L’ensemble des informations recueillies à travers l’exploitation des documents, la visite de terrain et les entretiens ont constitué le corpus de données pour la rédaction du présent rapport. Cette masse d’informations a fait l’objet d’un traitement à l’aide de logiciels appropriés (Excel, Word, etc.). L’analyse des données a tenu compte des critères d’évaluation et des questions clés mentionnés ainsi que les normes de qualité d’UNICEF. Conformément, aux prescriptions des TdR, l’analyse a consisté à faire un bilan global du projet et une appréciation des performances du projet à partir des critères retenus à cet effet. Elle a débouché à la mise en évidence des leçons apprises par les acteurs et à la formulation de recommandations.

4. Compétences et éthique de l’équipe d’évaluateurs : L’équipe d’évaluateurs a été un tandem mixte. Le chef de mission est Monsieur Christian A. Béré, socio-économiste travaillant depuis 1994 en tant qu’expert dans le secteur de l’approvisionnement en eau potable et assainissement au Burkina Faso et jouit d’une expérience solide en matière d’évaluation de projet et programmes. Il a été appuyé par Madame Aminata Konkobo, de profil biologiste, ingénieur génie sanitaire. Elle totalise 12 années d’expériences variées dans la mise en œuvre des projets et des programmes d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement en milieu rural / semi – urbain et urbain. 
Sauf preuve du contraire, l’impartialité des évaluateurs est sans conteste. Ils n’avaient aucun attachement ou intérêt particulier, ni avec le commanditaire, ni avec des catégories d’acteurs concernés par l’évaluation. Par ailleurs, les principes majeurs qui ont régi le déroulement de l’évaluation, notamment la collecte des informations auprès des acteurs et des bénéficiaires directs, ont été le respect de la liberté de parler, le respect des mœurs, l’anonymat, la confidentialité et la séparation des genres pour favoriser l’expression de femmes ou même de la population souvent intimidées par la présence d’hommes, des agents ou de responsables administratifs. 

Findings and Conclusions:

Le bilan global de la mise en œuvre du projet
• Pour l’équipement des communautés, des écoles et des centres de santé (CSPS) en ouvrages fonctionnels d’AEP par le projet a réalisé : (i) 69 forages neufs dont 42 au bénéfice des communautés, 26 dans les écoles et 1 dans un centre de santé et (ii) 91 forages réhabilités dont 83 forages communautaires et 8 scolaires. Le cofinancement UNICEF et Union Européenne a permis la réalisation des 89% des forages réhabilités et 49% des forages neufs exécutés dans le cadre du programme WASH.

• 2 écoles de la commune de Bilanga dans la province de la Gnagna ont bénéficié de 4 impluviums de 20 m3 chacun, à raison de 2 par école. En termes de populations bénéficiaires, en indexant à chaque forage neuf ou réhabilité le nombre minimum d’environ 500 personnes, les 160 ouvrages d’AEP fonctionnels mis à la disposition par le projet serviraient environ 80.000 personnes, y compris les élèves et les pensionnaires des centres de santé.

• Dans le cadre du programme WASH, toutes les latrines et lave-mains réalisés dans les écoles ont été faits grâce au financement de l’Union Européenne. Au total, 31 écoles ont bénéficié de latrines et de lave-mains, soit 13 écoles de la province du Ganzourgou et 18 de la Gnagna. 62 blocs de latrines à 3 postes destinés aux élèves, 31 blocs de latrines à deux postes destinés aux enseignants et 62 dispositifs de lave mains ont été réalisés. Les écoles bénéficiaires des latrines sont dans leur majorité des écoles satellites, avec des effectifs d’environ 100 à 150 élèves, ce qui a permis de toucher entre 3.100 et 4.650 élèves, auxquels il faut ajouter un effectif global d’environ 90 enseignants.

• Les activités de promotion de l’hygiène et de l’assainissement au niveau communautaire ont permis de réaliser la formation de d’acteurs locaux et de sensibiliser la population.
- Au total, par la formation des maçons, des structures communautaires de sensibilisation, les groupes de femmes, les CGPE et les points focaux, 13.106 personnes ont été formées dont 12.569 du Ganzourgou (96% de l’ensemble des acteurs formés), et 488 de la Gnagna (4% des formés) ;
- La sensibilisation directe de proximité (personnes ayant assisté aux séances) a touché environ 90.930 personnes (12% de la population cumulée de toute la zone de projet estimée à 729.049 personnes) dont 16% de la population de la province du Ganzourgou (51.030 personnes) et 10% de celle de la Gnagna (39.900 personnes). Un grand nombre de personnes touchées par les noyaux relais et les relais communautaires dans le cadre de l’animation permanente à l’échelle des villages, à travers des visite-causeries dans les ménages n’a pu être estimé faute de statistiques des ménages visités.

• Le projet a permis à 14.316 ménages d’acquérir des latrines dont 94% sont de la province du Ganzourgou et seulement 6% dans la Gnagna. Sur la base d’une moyenne d’environ 7 personnes par ménage, l’effectif de la population bénéficiaire est de 100.212 personnes dont 94.269 du Ganzourgou et 5.943 de la Gnagna.

• 2.044 pousse-pousse ont été acquis par les femmes de la province du Ganzourgou au titre du projet, alors que 5.045 pousse-pousse ont été vulgarisés dans le cadre du programme global WASH.

• Le renforcement de la maîtrise d’ouvrage communal a consisté notamment par la mise en place d’un point focal dans chacune des communes, formé pour le suivi des activités des campagnes d’assainissement et de collecte d’information. 

• L’intervention du projet en matière d’appui au système de maintenance des forages équipés en PMH, au niveau des deux provinces, a permis : 
- la mise en place et la formation 164 CGPE sur 250 à raison de 119 dans la province de Ganzourgou et 45 dans la province de Gnagna ; le taux de réalisation est de 65,6% ;
- l’information des artisans réparateurs sur les perspectives inhérentes à la mise en œuvre du programme de réforme du système de maintenance, mais aucun artisan réparateur n’a été formé. 
- La dotation des directions régionales de la santé d’un véhicule tout terrain et d’un laboratoire portable (WE10010Potalb) pour l’examen de la qualité de l’eau ;
- La formation d’agents des directions régionales de la santé (DRS) des régions de l’Est et du Plateau Central en avril 2011.

• La visibilité du projet a été assurée à travers des journées de sensibilisation, la couverture des réunions semestrielles par les organes de presse locales, et des émissions radio et télévisées la confection et l’apposition de logos de l’UE et de l’UNICEF sur certains ouvrages, biens matériels et documents, la confection de dépliants au profit de la direction générale de l’hygiène publique et d’éducation pour la santé (DGHPES). 

• Le suivi de la mise en œuvre des activités a été effectif au niveau des deux ONG (CREPA et ACF) recrutées pour la promotion de l’hygiène et de l’assainissement au niveau communautaire. Le mécanisme de suivi déployé reposait sur les relais communautaires ou noyaux relais, les animateurs, techniciens, superviseurs de zones et coordonnatrices du projet, qui collectaient et transmettaient mensuellement par ordre hiérarchique au siège des deux structures, des informations sur l’évolution de la situation.

La performance de la mise en œuvre du projet
• Pertinence. Le projet est aligné sur les besoins et les priorités du pays et de la population cible, notamment l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, eau potable et assainissement etc.) qui occupe une place éminente dans les politiques et programmes nationaux définissant les options de développement. Il contribue à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et à réalisation de la Priorité 2 du Cadre d’Assistance pour le Développement des Nations Unies au Burkina Faso (UNDAF) qui est de « garantir l’accès des pauvres aux services sociaux de base et la protection » et le Plan Stratégique à Moyen Terme de l’UNICEF (2006 - 2010) axé sur la « Survie et Développement du Jeune Enfant et Éducation de Base et Égalité de Genre ». En matière de procédures, la mise en œuvre du projet n’a pas été alignée, parce que le recours aux procédures nationales, notamment en ce qui concerne l’acquisition des travaux, biens et services, n’a pas préconisé au moment de l’élaboration du projet.  
- Au niveau de l’efficacité, la mise en œuvre du projet est satisfaisante parce que le projet a pu être exécuté dans une forte proportion. La performance de la mise en œuvre a été maximale (100 % ou plus) dans les cinq domaines suivants : (i) la réalisation des nouveaux forages ; (ii) la promotion de 1.000 pousse-pousse, (iii) l’expérimentation de 4 impluviums dans des écoles, (iv) la sensibilisation de la population où l’on a touché près de 100.000 personnes alors qu’on escomptait ne toucher que 75.000 personnes ; (v) les latrines familiales dont le nombre réalisé est plus de 4 fois celui visé au départ. Le projet a été également efficace en termes de couverture géographique des interventions. Cependant, la mise en œuvre du projet a été inefficace dans les trois domaines suivants : (i) le renforcement du système de maintenance des pompes à motricité humaine installées sur les forages, (ii) le suivi de la qualité de l’eau des forages et (iii) l’équipement des écoles ou des centres de santé (CSPS) en blocs de latrines et de dispositifs de lave-mains. L’analyse des rapports d’activités montre une efficacité satisfaisante de l’exécution par le CREPA-BF et l’ACF des plans annuels de travail, puisque la plupart des activités programmées pour une campagne sont, d’une année à l’autre, exécutées à plus des de 75%. 

• Les procédures d’identification des écoles devant bénéficier de latrines et de lave-mains n’ont pas été efficaces, puisque des écoles ont été bénéficiaires alors qu’elles n’étaient pas dans un besoin manifeste. De façon globale, le suivi évaluation du projet a été effectif, toutefois des insuffisances apparaissent notamment au niveau du traitement des données collectées et du rapportage. 

• L’exécution budgétaire a été efficace. On note un dépassement d’environ +39% par rapport au montant prévisionnel, ce qui traduit une capacité d’absorption et une capacité de contribution financière de l’UNICEF et des ménages pour faire face aux exigences de la mise en œuvre du projet. Les activités de renforcement de l’accès à l’AEP ont absorbé 48% des ressources mobilisées contre 52% à celles relatives à la promotion de l’hygiène et de l’assainissement. 

• En matière d’efficience, l’allocation des ressources a été efficiente en ce sens que seulement 9% des fonds dépensés ont été consacrés aux frais généraux inhérents à l’administration, au transport et bureautique. 91% des ressources ont été orientées sur l’atteinte des résultats concrets. D’autre part, les coûts de réalisation des impluviums, des pousse-pousse et des latrines familiales ainsi que collectives sont inférieurs aux coûts prévisionnels, ce qui témoigne d’une mise en œuvre économe. Cependant, on note des éléments qui réduisent l’efficience de la mise en œuvre du projet, à savoir : (i) le coût d’opportunité enregistré par les ménages suite à l’effondrement des fosses des latrines qu’ils ont creusés parce que la livraison de matériaux pour leur construction ont été fournis avec retard ; (ii) le lot d’activités qui sont resté inachevées ; (iii) la qualité de certains ouvrages entachée par des dégradations majeures constables de visu, ou (iv) des blocs de latrines et des lave-mains réalisés dans les écoles qui ne sont pas exploités. Par ailleurs, les coûts de réalisation des forages neufs et des forages réhabilités sont supérieurs aux coûts prévisionnels.

• Au niveau des effets ou impact, les actions du projet ont tenu compte des besoins spécifiques des femmes et ont visé à l’allègement du poids de leurs obligations. Elles ont cependant engendré des effets contraignants pour les femmes.

• Le projet a eu un écho favorable au sein des populations des zones d’intervention. Les sensibilisations ont contribué à faire tomber les comportements réfractaires à l’utilisation des latrines. Les activités de formation qui se sont déroulées essentiellement dans la province du Ganzourgou ont permis aux femmes d’acquérir un savoir-vivre, qui a été transmis aux membres du ménage et de la communauté. La présence du forage a réduit la distance à parcourir par les femmes à la recherche d’eau pour le ménage ; donc moins de fatigue et gain de temps réinvesti diversement dans les travaux champêtres, les activités génératrices de revenus (production et vente d’assaisonnant, d’huile, de tourteaux d’arachides etc.), dans l’entretien du ménage ou tout simplement dans le repos. L’accès des ménages aux sources d’eau potable et des ouvrages d’assainissement de base a contribué à l’amélioration du cadre de vie des bénéficiaires et à la mise en œuvre systématique des règles d’hygiène. La maîtrise d’ouvrage communale a été renforcée par la mise en place de points focaux (agents communaux), de comités de gestion des points d’eau (CGPE), de maçons formés et équipés au service des communes et des ménages. 

• Leur rôle est de construire les ouvrages d'assainissement de base appropriés et de créer un service communal d’eau et d’assainissement chargé des sensibilisations et du suivi de la mise en œuvre des activités de réalisation de latrines et de forages dans la commune de Zorgho.

• En termes de durabilité, il faut noter que l’ancrage institutionnel des activités du projet n’a pas été un axe stratégique, pour favoriser une prise en charge des problématiques majeures inhérentes aux objectifs visés. Le mécanisme point focal n’a pas été suffisant pour susciter un plein engagement des maires et des administrations municipales. Également, au niveau village, les comités villageois de développement (CVD) n’ont pas été responsabilisés pour porter le processus. De nouveaux organes, notamment les relais communautaires ou noyaux relais, ont été mis en place, alors qu’il n’y a pas de gage qu’ils resteront actifs après le projet. L’engagement des femmes est un gage de durabilité car par elles, les enfants seront très sensibilisés à l’utilité des latrines et à leur utilisation adéquate. 

• Au niveau local, des prémices d’appropriation sont observables pour le processus de latrinisation. Cependant, l’équipement des écoles en latrines et lave-mains semble se confronter à une faible implication de la communauté alors que la durabilité de leur état fonctionnel suppose une pleine implication de la communauté pour veiller à leur entretien et leur bonne exploitation. 

Recommendations:

Sur la base des insuffisances mentionnées dans le rapport, des suggestions sont formulées pour permettre à l’UNICEF et à ses partenaires d’être plus performants dans des actions ultérieures. Dans cette perspective, trois grandes catégories de recommandations sont formulées.

1. Pour l’amélioration de la performance de la mise en œuvre et du suivi évaluation des projets similaires :
• Recommandations à l’UNICEF
- Adopter le principe d’un protocole triennal glissant avec les ONG prestataires (CREPA-BF ou ACF). Un tel outil permettra à la fois de juguler la contrainte liée au cycle court du plan de travail que l’UNICEF a convenu avec le gouvernement et favoriser une meilleure mobilisation et déploiement des agents (animateurs et techniciens) sur le terrain durant toute la durée du projet ;
- Adopter un canevas type de rapport non indexé exclusivement à la progression vers des résultats attendus mais comportant également des champs d’analyse de l’efficacité et de l’efficience de la mise en œuvre du projet ;
- Exiger des ONG prestataires la production simultanée de rapports intégrés faisant le bilan des activités et celui de l’exécution financière.

2. Pour la promotion durable de l’assainissement et de l’hygiène :
• Recommandations à la Direction générale des ressources en eau (DGRE), à la Direction générale de l’assainissement, eau usée et excréta (DGAEUE) et aux Communes
- Renforcer l’appropriation de la promotion de l’hygiène et l’assainissement par les communes par une meilleure valorisation et mise en synergie des points focaux AEP et des points focaux assainissement. Ce sont des mécanismes pertinents mais qui ne devraient pas coexister sans articulation, mais au mieux être "fusionnés" et érigés en un seul organe communal unique de suivi et d’appui à la promotion des activités d’AEPA.
- Renforcer l’identification annuelle et l’analyse approfondie des demandes d’ouvrages d’assainissement de la part des structures locales, notamment les écoles et les centres de santé (CSPS), par les soins d’une commission tripartite (DRAH, services techniques sectoriels de l’éducation ou de la santé et communes) afin de réussir une meilleure allocation des ressources. 

• Recommandations au CREPA-BF, à l’ACF et à la DGAEUE
- Adopter, dans le cadre de stratégie de subvention des ouvrages d’assainissement familial, le système de commande prévisionnelle dont le volume serait déduit à partir de l’application d’un taux probable de ménages qui satisferaient à temps aux conditions de fournir leur contribution. Ce taux pourrait être calculé sur la base des résultats des campagnes antérieures et affiné à la lumière des réalités de la campagne en cours. Cette approche permettra d’assurer l’approvisionnement en matériaux subventionnés dans les délais opportuns et éviter un coût d’opportunité aux ménages (éboulement des fosses creusées ou perte du sable rassemblé avec l’arrivée de la saison pluvieuse).
- Renforcer la maîtrise d’ouvrage locale par la formation en grande masse des maçons, tout en renforçant le dispositif de suivi technique par le déploiement d’un plus grand nombre de techniciens.
- Soutenir les activités IEC par la réalisation d’émissions radiophoniques portant sur l’hygiène et l’assainissement. 
- Améliorer le logiciel de gestion de base de données élaboré dans le cadre du projet. Dans cette optique, il conviendrait d’abord de réclamer au concepteur de fournir : (i) un rapport d’exécution du produit, (ii) un manuel d’utilisation du produit et (iii) un CD contenant le programme. Dans un second temps, il faut procéder à une exploitation-test du produit et accroître ses performances. Ce logiciel, une fois affiné, pourrait être proposé en validation sous l’égide de la DGAEUE et ensuite être mis à la disposition  des acteurs impliqués dans la promotion de l’assainissement des eaux usées et excréta en milieu rural ;

• Recommandations à l’UNICEF 
- Apporter un appui spécifique aux ONG CREPA-BF et ACF pour l’affinement et la consolidation des nombreux outils élaborés pour le suivi et la collecte d’information sur l’évolution de la situation de l’assainissement et de la mise en œuvre des activités de promotion y relatives. Une boite à outils pourrait être mise à la disposition des acteurs.

• Recommandations à la DGAEUE 
- Promouvoir le développement d’un service local (à l’échelle de province) de vidange des boues d’excréta et réfection des latrines, notamment des ouvrages à usage collectif (écoles ou CSPS), sans lequel on ne peut garantir la fonction durable des latrines scolaires ;
- Procéder à la diffusion de latrines ECOSAN ou des latrines VIP à double fosses d’exploitation plus durable et présentant un meilleur avantage coût/ durée de vie ;
- Opter d’équiper les écoles de dispositifs mobiles de lave-mains qui peuvent être rangés dans les salles de classe à la fermeture des écoles mais aussi peuvent être positionnés non loin des salles de classe.

• Recommandations aux communes
- Dans la perspective d’une non reconduite du projet dans la province de la Gnagna, il judicieux que les responsables communaux puissent négocier avec le nouveau programme « SANIFASO » qui intervient actuellement dans la zone, pour la reprise du dispositif d’intervention au niveau local du projet (réseau d’animateurs/trices) et la poursuite des activités dans tous les villages.

3. Pour l’amélioration de la qualité des ouvrages d’AEP :
• Recommandations à l’UNICEF et aux Directions régionales de l’agriculture et de l’hydraulique (DRAH)
- Favoriser le contrôle technique des travaux par les DRAH en inscrivant des clauses dans les dossiers d’appel d’offres qui contraindraient les entreprises à : (i) leur transmettre un planning des travaux, (ii) requérir systématiquement l’avis du contrôle avant toute progression et (iii) leur transmettre de façon appropriée les informations techniques sur les forages réalisés ou réhabilités. Au mieux, on pourrait conditionner les paiements des décomptes à une présentation d’un avis de non objection des DRAH relatif au respect des clauses par les entreprises.
- Apposer sur tous les ouvrages hydrauliques neufs ou réhabilités des plaques signalétiques donnant les informations importantes.

• Recommandations aux Directions régionales de la santé (DRS)
- Poursuivre le suivi régulier de la qualité de l’eau au niveau des forages. Dotés de véhicules et de mini-laboratoires portables, les DRS pourraient mobiliser des ressources auprès d’autres partenaires pour effectuer cette activité.

Lessons Learned:

L’expérience menée par le projet permet de tirer des leçons pour servir d’éclairage pour tout acteur désireux d’entreprendre des activités similaires dans une quelconque zone.
1. L’emprise de la promotion de l’hygiène et de l’assainissement en milieu



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