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Evaluation report

2011 Mauritania: Evaluation de l'approche "projet d'école" (Ex ECPSV) en République Islamique de Mauritanie



Executive summary

“With the aim to continuously improve transparency and use of evaluation, UNICEF Evaluation Office manages the "Global Evaluation Reports Oversight System". Within this system, an external independent company reviews and rates all evaluation reports. Please ensure that you check the quality of this evaluation report, whether it is “Outstanding”, “Good”, “Almost Satisfactory” or “Unsatisfactory” before using it. You will find the link to the quality rating below, labelled as ‘Part 2’ of the report.”

La présente étude a porté sur l’évaluation de l’approche «Projet d’école» (ex-ECPSV) 1999-2010 en Mauritanie développée par le Programme Education pour Tous de l’UNICEF à travers les différents programmes de coopération Mauritanie - Unicef (de 1994 à 2010).

L’étude a permis, en premier lieu, d’évaluer la disponibilité des données concernant le Programme PE. Elle a permis, en second lieu, à travers deux approches quantitative et qualitative, d’évaluer le niveau d’atteinte des résultats du PE, notamment ceux relatifs à :

  • l’amélioration de l’environnement scolaire et les conditions d’apprentissage,
  • l’implication communautaire
  • l’accès, la rétention et la réussite des élèves.

L’étude de l’impact du Projet a permis de dégager les principales leçons apprises de cette expérience.

Des instruments ont été conçus et administrés dans le cadre de l’approche quantitative : (fiches d’observation pour l’état des lieux, questionnaires adressés aux directeurs et aux CGE/APE). D’autres l’ont été dans le cadre de l’approche qualitative : (guides d’entretien et de focus groups adressés aux DRENs/IDENs, aux CGE/APE ainsi qu’aux élèves).

L’évaluation de l’accès aux installations sanitaires et à l’eau potable a permis de constater que 64% des écoles PE disposent de latrines dont 46,5% sont effectivement utilisables, contre 31,3% et 19%, respectivement, au niveau des écoles témoins. Les latrines séparées filles / garçons sont disponibles dans 37,3% des écoles PE contre 10% des écoles témoins. L’eau potable est disponible dans 33,7% des écoles PE ; soit une école sur trois.

Le niveau d’amélioration de l’environnement scolaire a été étudié en fonction des trois rubriques fondamentales de l’approche PE: « Ecole Propre », « Ecole saine » et « Ecole verte ».

L’évaluation du volet « Ecole Propre » a permis de constater que 59,3% des écoles PE sont clôturées, ayant une cour et des alentours de niveau 1 du point de vue propreté. Au niveau des salles de classe, les résultats indiquent, pour 67,4% des cas, que la propreté des sols et des murs des classes était de niveau 1. Les portes et les fenêtres sont fonctionnelles dans 60% des cas. Seule une école sur deux dispose de matériel de nettoyage. Dans moins de 20% des écoles PE, les règles de propreté sont affichées dans les salles de classes. Dans 75,5% des écoles PE dotées de cantines scolaires, la cantine fonctionne dans des conditions de propreté et d’hygiène jugées acceptables. Les locaux qui lui sont réservés ainsi que les ustensiles utilisés sont de niveau 1 du point de vue propreté. Au niveau des écoles témoins, cette proportion est de 58%.

L’évaluation du volet « Ecole saine » a permis de constater que les élèves ont été déparasités dans 84% des écoles PE. 11,6% de ces écoles disposent de boites pour les premiers soins. Un cahier de suivi des consultations médicales est tenu dans 57% des écoles PE. Le contrôle de l’hygiène et de la qualité des aliments vendus près de l’école est effectué dans 10% des cas. Les activités extrascolaires, portant sur la santé, l’hygiène et l’environnement, sont enregistrées dans moins de 5% de ces écoles. Les visites, effectuées par le CHSE, aux familles des enfants malades ont été effectuées dans 10% des cas. 12% des écoles PE disposent de règlement relatif à l’hygiène

L’évaluation du volet « Ecole verte » a permis de constater que le matériel horticole offert par l’UNICEF est disponible dans 77% des écoles PE. Le jardin scolaire existe dans 18,6 % des écoles. Les arbres à l’intérieur de l’école sont signalés dans 29% des écoles. Les pépinières ont été observées dans cinq écoles. 20% des directeurs d’écoles déclarent avoir un programme de reboisement. Les activités de plantation des jardins scolaires sont jumelées avec celles consacrées au reboisement. Sur l’ensemble des écoles PE visitées, quatre seulement participent annuellement à la célébration de la semaine de l’arbre.

L’évaluation du rôle du PE dans l’amélioration des conditions d’apprentissage a permis de constater que le programme « projet d’école » est le seul projet présent dans 83% des écoles de l’échantillon. Les « écoles PE » ont, pour la plupart, bénéficié de fournitures scolaires (cahiers, stylos, trousses et cartables), de kits solaires et d’équipements sportifs. Les kits solaires sont disponibles dans 70% des écoles PE. Seuls 30% des directeurs enquêtés déclarent utiliser ces kits au profit des cours de rattrapage. Ces kits solaires étaient parfois transférés, en cas de besoin, aux mahadras.

Les services intégrés au sein de l’école (AGR et Coopératives scolaires) sont appréciés par le personnel de l’éducation (DREN, IDEN, personnel de l’école) ainsi que par les représentants communautaires. Les bénéfices des AGR sont investis au profit des écoles (entretien et sauvegarde du patrimoine de l’école, amélioration des conditions d’apprentissages des élèves). Les coopératives scolaires offrent les fournitures scolaires à des prix largement en deçà de ceux du marché. Ces activités ont également des incidences positives sur le niveau de vie de ces communautés défavorisées.

L’évaluation du niveau d’amélioration du cadre de gestion de l’école a porté sur le partenariat Etat/Unicef, l’intégration communautaire et la complémentarité entre l’école et la Mahadra.

L’évaluation du partenariat Etat/Unicef a permis de constater que le niveau d’exécution des engagements pris par le partenaire Etat était assez faible, notamment en ce qui concerne la disponibilité des enseignants et la restriction de la mobilité de l’encadrement des écoles PE.

Au niveau de l’intégration communautaire, une tendance au changement des attitudes des parents par rapport aux aspects liés à la demande scolaire et à l’amélioration des acquisitions des élèves est perceptible. 63% des directeurs d’écoles parlent même d’un changement positif considérable. Les comités de gestion de l’éducation (CGE), les associations de parents d’élèves (APE) et les clubs hygiène, santé et environnement (CHSE) existent avec une régularité des réunions, une compréhension des objectifs et une efficacité plutôt contrastés.

La relation entre l’école et la mahadra se caractérise par l’absence de toute coordination notamment en termes d’horaire des cours en vue de permettre aux enfants de combiner facilement l’enseignement coranique et l’enseignement formel. L’enseignement de contenus scientifiques aux élèves des mahadra n’a pas eu lieu, comme prévu, pour presque la totalité des localités visitées. Les seuls aspects de complémentarité entre l’école et la mahadra, concerneraient le partage des bénéfices des AGRs entre les deux institutions ou le prêt du kit solaire, affecté à l’école, à la mahadra en cas de panne du kit affecté à cette dernière.

L’impact de l’approche a été étudié à travers l’analyse des indicateurs scolaires globaux des wilayas bénéficiaires du PE. Au niveau de l’accès des élèves en général et des filles en particulier 63% des directeurs d’écoles parlent d’un changement positif considérable. Par contre seuls 14 % des directeurs parlent amélioration dans l’occupation des élèves par le travail domestique. Une école PE dispose, en moyenne, de 70 élèves et de 30 filles de plus qu’une école témoin. La classe d’une école PE comprend, en moyenne, quatre filles et trois garçons de plus comparée à une école témoin. S’agissant du niveau de la réussite au concours d’entrée en 1AS, les résultats sont mitigés. En effet, au Gorgol, les écoles PE sont associés aux meilleurs taux de réussite ce qui n’est point le cas au Guidimagha ni à l’Assaba. Le Brakna, seule région entièrement PE, enregistre des taux parmi les meilleurs au niveau national en termes d’accès général et de scolarisation des filles. Elle enregistre par contre un taux de rétention moins performant (51%).

L’image du « Projet d’école » auprès des acteurs et des bénéficiaires est plutôt positive. Les élèves apprécient particulièrement les fournitures scolaires et sportives, tandis que la préférence de leurs parents va plutôt aux AGR. Les DREN/IDEN ont beaucoup d’intérêt pour l’approche communautaire du Projet. Les objectifs du PE sont à leurs yeux réalistes et pertinents. Sa stratégie est jugée cohérente.

L’analyse des leçons apprises du PE a permis de conclure à la pertinence et à la viabilité de ce Projet nonobstant quelques points de faiblesse. Les potentiels des points forts devront être maximisés et les effets des faiblesses constatées minimisés. Un schéma de passage à l’échelle est ébauché sous forme de« Programme d’élargissement du Projet d’école (PREL-PE) » privilégiant la globalité et la progressivité. Ce programme prévoit notamment le développement à terme des services du PE en vue d’assurer la couverture des wilayas encore non bénéficiaires.



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