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Evaluation report

2011 Madagascar: Rapport d’évaluation, Méthode ASAMA (Asa Sekoly Avotra Malagasy, Action Scolaire d’Appoint pour Malgaches Adolescents)



Author: Sophie Morin, Consultant International, FFF Malagasy Mahomby, Cabinet National

Executive summary

 

“With the aim to continuously improve transparency and use of evaluation, UNICEF Evaluation Office manages the "Global Evaluation Reports Oversight System". Within this system, an external independent company reviews and rates all evaluation reports. Please ensure that you check the quality of this evaluation report, whether it is “Outstanding”, “Good”, “Almost Satisfactory” or “Unsatisfactory” before using it. You will find the link to the quality rating below, labelled as ‘Part 2’ of the report.”

Background:

De par ses retombées économiques et sociales, l’Education joue un rôle primordial et fondamental sur le développement d’un pays. Or, une proportion assez substantielle de la population Malgache est encore analphabète, dont notamment de jeunes adultes qui n’ont pas pu bénéficier d’une scolarisation primaire complète ou n’ont jamais été scolarisés pendant leur enfance ou leur jeunesse.
A cet effet, des recherches méthodologiques ont été effectuées dans les années 1996-2000 afin de trouver les meilleurs voies et moyens pour relever le défi et progresser vers l’achèvement universel du primaire. Ainsi, la méthodologie ASAMA (Asa Sekoly Avotra Malagasy ou Action Scolaire d’Appoint pour Malgaches Adolescents) a trouvé le jour. Cette méthodologie est le fruit de recherches pédagogiques destinées à des cibles spécifiques pour lutter contre l’analphabétisme des enfants déscolarisés issus des familles pauvres et vulnérables (orphelins, monoparental, etc.) entre 11 et 18 ans.
Le Programme conjoint Gouvernement Malgache-Système des Nations Unies pour la Promotion de l'Education de Base Pour tous les enfants malgaches a inscrit l'ASAMA parmi ses activités prioritaires financées par le PNUD pour apporter une solution aux adolescents analphabètes.
Le Système des Nations Unies à Madagascar a relevé comme défi dans l’Effet UNDAF n° 3 « la population la plus pauvre des zones les plus vulnérables bénéficie d’une éducation équitable et de qualité », visant l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, à l’horizon 2015.
L'ASAMA paraît constituer une solution possible au problème du million d'enfants adolescents analphabètes en leur donnant la possibilité de valoriser leurs acquis en éducation informelle et leur permettre d'acquérir en une année les connaissances fondamentales de base nécessaires leur ouvrant la possibilité d'une formation ultérieure professionnelle, technique, secondaire ou autre. La méthodologie est donc conçue comme des actions d’insertion ou de réinsertion scolaire. Néanmoins, la méthode (dont une fiche technique est fournie en Annexe), comme toute nouvelle méthode, demande à être consolidée et améliorée avant une généralisation ou une mise à l’échelle éventuelle dans le futur. Tel est l’objet de la présente étude d’évaluation.

Purpose/Objective:

Objectif global
Les présents TDR se rapporte à une évaluation dont l’objectif global est de réaliser le diagnostic de la situation actuelle de l’ASAMA afin d’étudier la faisabilité de la mise à l’échelle de la méthodologie.

Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques de la présente évaluation se rapportent à trois volets :
• déterminer, en tenant compte l’aspect genre, les niveaux atteints par les indicateurs clés (efficacité) par rapport aux participants à la méthodologie,
• évaluer l’offre éducative, et
• analyser la faisabilité de la méthodologie à plus grande échelle.

Résultats attendus
Etant donné que la présente étude vise essentiellement à évaluer l’efficacité et la pertinence de l’approche ASAMA. Il est essentiel que les critères d’évaluation « normaux » figurent dans la rédaction pour diriger les lecteurs dans la lecture du rapport final. Il revient aux consultants d’affiner et de mieux structurer les thèmes et domaines des interviews, des discussions et des focus groups avec les parties prenantes. Mais les présents TDR précisent d’ores et déjà les résultats attendus relatifs à ces trois volets d’objectifs spécifiques.
• Indicateurs clés disponibles
• Offre éducative évaluée
• Faisabilité de la mise à l’échelle déterminée

Methodology:

L’objectif a été de faire participer autant que possible ces personnes rencontrées dans un processus de discussion ouvert pour faire ressortir les éléments les plus significatifs, mais également en tirer les leçons et proposer des recommandations pour la suite des choses. La participation directe des personnes a été un objectif important dans le déroulement de l’évaluation. La méthodologie se voulait souple afin de s’adapter aux types d’informations recueillis et aux groupes rencontrés.
L’évaluation s’est reposée sur une approche autant qualitative que quantitative et a utilisé principalement deux méthodes : l’analyse de la documentation existante et des entrevues semi-structurées qui ont été menées par les membres de l’équipe. Les entrevues auprès des partenaires, des animateurs, des gestionnaires, des responsables et autres organismes ont été, autant que possible, individuelles. Les entrevues de groupe ont été réalisées avec les bénéficiaires, les anciens bénéficiaires et les parents. Les rencontres se déroulaient en Malgache, sauf exception pour les partenaires et les organismes rencontrés dans la Capitale. Le reste de l’évaluation pour ce qui est des classes ASAMA s’est déroulé dans la langue locale.

Findings and Conclusions:

Une mise à l’échelle de la méthode ASAMA est possible et souhaitable, compte tenu du contexte actuel dans le secteur de l’éducation, caractérisé par un nombre élevé d’enfants non scolarisés et déscolarisés analphabètes et par les lacunes liées à l’accessibilité en éducation formelle.
Cependant, avant de mettre en œuvre la méthode ASAMA sur l’ensemble du territoire malgache, il faudrait tenir compte des recommandations énumérées précédemment afin de renforcer les éléments positifs de la méthode ASAMA et de poser les bases pour l’adoption d’une structure de gestion cohérente et inclusive. Cette structure permettra en outre d’assurer l’expansion de la méthode et d’élargir la participation des partenaires techniques et financiers.
Enfin, les recommandations émises dans ce rapport doivent être perçues comme autant d’éléments qui peuvent renforcer les résultats souhaités par la méthode ASAMA que de contribuer à adopter une structure de gestion efficace pour une mise à l’échelle à l’ensemble du territoire malgache.

Recommendations:

Mise en œuvre d’un plan de gestion
01. Un plan de gestion devrait être adopté rapidement pour consolider la coordination de la méthode ASAMA et l’intégrer dans un programme d’intervention. Ainsi, la mise en œuvre de la méthode ASAMA devrait reposée sur une stratégie de gestion, avant toute mise à l’échelle. Une telle stratégie pourrait être réalisée lors d’un processus de planification future qui comprendrait un éventail d’activités à conduire afin de solidifier la méthode ASAMA, avant la mise à l’échelle.
02. Une meilleure gestion du programme s’entend également d’un mécanisme de financement efficace et transparent pour l’ensemble des classes ASAMA. Il est souhaitable d’adopter un tel outil pour assurer une bonne gestion financière.
03. Les titres, les fonctions ainsi que les rôles des parties prenantes sont à préciser et à bien délimiter. Par exemple, le titre de gestionnaire de programme devrait en principe être attribué au MEN et non aux associations sur le terrain. Le gestionnaire s’assure ainsi du bon fonctionnement des classes ASAMA, qui elles sont sous la responsabilité d’une association. Ce mélange des titres et des rôles favorise une grande confusion sur les responsabilités et le rôle de chacun dans la nomenclature, déjà affaiblie, du programme ASAMA.

Mise en place de base de données
04. À l’heure actuelle, il n’existe aucune donnée fiable concernant le nombre d’apprenants, les coûts de fonctionnement et le taux de financement assuré par les bailleurs de fonds. Il est nécessaire de répertorier l’ensemble des classes ASAMA, sous forme de base de données, sur le territoire malgache et procéder à une mise à niveau de toutes les données pertinentes pour garantir une gestion efficiente du programme.

Réflexion sur la méthode ASAMA
05. Les objectifs réels de la méthode ASAMA ainsi que les résultats attendus et les activités clés qui doivent y être associées devraient faire l’objet d’une révision pour que les acteurs clés puissent s’entendre sur la finalité des actions de la méthode ASAMA et éliminer toute confusion.
06. Il serait judicieux de mettre en place une journée de réflexion sur le rôle et les responsabilités des parties prenantes à la méthode ASAMA afin de solidifier les acquis mais également apporter des mesures correctives et des solutions à certains problèmes qui semblent récurrents dans la mise en œuvre de la méthode.

Renforcement des capacités et encadrement
07. Il faudrait privilégier des mesures de renforcement de capacités et s’assurer également que les gestionnaires sur le terrain possèdent une compréhension adéquate des enjeux de l’alphabétisation (développement du capital humain, stratégies nationales, principes directeurs de l’ONU) et des aptitudes nécessaires pour déployer et mettre en œuvre des programmes pédagogiques.
08. L’encadrement des animateurs devrait être mieux assuré. Ils devraient également pouvoir bénéficier de programmes de renforcement des capacités afin d’élargir leur connaissance et leur compétence en pédagogie, notamment en langue française.
09. Les formateurs devraient évoluer dans une structure officielle propice aux échanges et aux réflexions quant à l’approche pédagogique offerte dans les classes ASAMA et à leur propre formation.

Critères d’admissibilité et processus de recrutement
10. Les critères d’admissibilité (l’apprenant doit avoir entre 11 et 14 ans et il doit être déscolarisé depuis environ deux ans ou non scolarisé) des centres ASAMA devraient être mieux appliqués par les responsables du recrutement. Le respect des critères pourrait assurer la crédibilité du programme et un meilleur suivi des résultats et de l’accomplissement des objectifs visés.
11. Le processus de recrutement des apprenants devrait faire l’objet d’un suivi régulier pour éviter le non respect des critères d’admissibilités et assurer ainsi une plus grande rigueur dans le processus de sélection. De plus, les animateurs devraient pouvoir participer pleinement au processus de recrutement.

Évaluation pédagogique
12. En fonction d’une mise à l’échelle, il faudrait procéder à une évaluation sur l’acquisition des connaissances et l’apprentissage des apprenants et sur la pratique pédagogique en classe. L’objectif consiste à vérifier si effectivement il peut se développer des lacunes pendant l’apprentissage intensif et si certaines matières doivent être effectivement approfondies comme le français et la résolution des problèmes.
13. L’intégration des jeunes adultes post-ASAMA dans le secteur technique et professionnel semble problématique mais tout à fait surmontable. Les autorités publiques devraient s’attaquer à ce problème afin d’améliorer, par des mesures spéciales, une meilleure intégration des 17-18 ans des classes ASAMA vers ce secteur. Ce n’est pas aux centres ASAMA de mettre en œuvre des palliatifs pour remédier à ces problèmes. Cependant, une meilleure prise en charge des apprenants à la fin de leur année scolaire devrait être envisagée pour assurer la pérennisation des acquis obtenus avec la méthode ASAMA.
14. Il faudrait mettre en place des mécanismes de suivi systématiques auprès des centres pour évaluer le fonctionnement général, l’utilisation des outils pédagogiques ainsi que la formation et la méthode de travail de l’animateur.

Mesures d’accompagnement
15. Les mesures d’accompagnement sont essentielles pour la réussite scolaire des apprenants et en ce sens, elles devraient être offertes en tenant compte des facteurs suivants :
• L’adoption de mesures communes et différenciées,
• La disponibilité souhaitée et réelle de ces mesures,
• Le type de mesures à mettre en place ou à conserver,
• Leur taux d’influence et de rétention chez l’apprenant,
• Leur pertinence par rapport au contexte de pauvreté et de vulnérabilité dans lequel évolue l’apprenant,
• L’approche de l’animateur et du gestionnaire face à ces mesures,
• Le suivi et l’évaluation de ces mesures.



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