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Evaluation report

2009 Senegal: Mise en place du paquet de services integres -- Dans les ecoles elementaires des regions de Ziguinchor, Kolda et Tambacounda



Author: Feu Mohamadou Aly SALL; M. Abdourahim GAYE; Mme Aminata Tandian DABO; Mme Aminata Ndianor MBODJI; M. Al Housseynou SY; M. Khalil DIARRA

Executive summary

 

“With the aim to continuously improve transparency and use of evaluation, UNICEF Evaluation Office manages the "Global Evaluation Reports Oversight System". Within this system, an external independent company reviews and rates all evaluation reports. Please ensure that you check the quality of this evaluation report, whether it is “Outstanding”, “Good”, “Almost Satisfactory” or “Unsatisfactory” before using it. You will find the link to the quality rating below, labelled as ‘Part 2’ of the report.”

Background

Au cours des six dernières années, le programme de coopération entre le gouvernement du Sénégal et l’UNICEF a recentré les interventions directement sur l’amélioration des conditions de l’environnement scolaire des enfants des écoles des régions de Tambacounda, Kolda et Ziguinchor par la mise en place du paquet de services intégrés (PSI).

Cette étude a pour objectif général d’évaluer le programme de mise en oeuvre du paquet de services intégrés (PSI) dans 500 écoles élémentaires des académies de Ziguinchor, Kolda et Tambacounda. Elle a pour ambition de dégager les résultats obtenus et de contribuer à la recherche de stratégies pour améliorer le programme.

Purpose/Objectives

En fonction des objectifs préfixés et des éléments retenus dans la recherche documentaire, les dix questions d’évaluation (macro variables) retenues ont été déclinées chacune en indicateurs.

Pour atteindre ces objectifs, une approche méthodologique appropriée a été adoptée. Cette partie expose les principaux paramètres de la démarche méthodologique utilisée pour la collecte et le traitement des données servant de base aux résultats présentés dans les chapitres subséquents.

Portant sur l’évaluation d’un programme, la présente étude combine des données quantitatives et qualitatives obtenues après une recherche documentaire, une enquête par questionnaire,des observations dans les écoles et des entretiens menés auprès d’équipes pédagogiques, de CGE/Parents, des IA/IDEN et des collectivités locales.

La stratégie adoptée pour l’échantillonnage a permis de dégager par académie, le nombre d’écoles ayant bénéficié des interventions Un tirage stratifié a permis de dégager la taille d’un échantillon représentatif de 80 écoles ayant accueilli le PSI. Cet échantillon a été distribué proportionnellement en tenant compte des poids des IDEN/PSI.

Quant au processus d’analyse, il s’articule autour de 5 paramètres d’évaluation : pertinence, efficacité, efficience, impact et pérennité. Chaque paramètre polarise une ou des questions d’évaluation. A chaque niveau de traitement, les résultats sont présentés et analysés par groupes de traitement selon les principes de la double différence.

Methodology

Le présent document constitue le rapport de l’évaluation sur un échantillon représentatif d’écoles.

Il comprend quatre grandes parties. La partie I présente une brève introduction des orientations stratégiques du PSI, les objectifs de l’évaluation et une synthèse de la méthodologie ; la partie II expose les résultats de l’évaluation ; la partie III indique les leçons apprises ; la partie IV propose des recommandations. Un document portant les annexes accompagne le rapport.

Results

Au regard des actions entreprises et suite aux analyses effectuées, nous pouvons relever les constats suivants :
En matière de la pertinence du PSI, les textes de base qui structurent la politique éducative au Sénégal soulignent tous l’exigence d’une éducation de base de qualité pour tous les enfants. Pour les décideurs politiques, l’atteinte de cet objectif passe, entre autres, par le développement de compétences en santé et nutrition, l’amélioration de l’environnement scolaire, la mise en place de paquets de services de santé, de points d’eau potable et de blocs sanitaires séparés dans toutes les écoles, la bonne maîtrise de la maintenance et de l’entretien des salles de classes par les communautés ainsi que par l’implication enthousiaste de ces dernières dans toutes les actions de gestion des écoles et de suivi de la qualité.

Lors des différents entretiens, les acteurs à la base, les membres des collectivités locales, les décideurs politiques, les partenaires, les inspecteurs d’académie et les inspecteurs départementaux, les directeurs d’écoles et les équipes pédagogiques ont réitéré leur intérêt pour le programme PSI et ont tous confirmé qu’il constitue un appui indéniable au développement de l’éducation de qualité.

L’évaluation menée a relevé que le contenu de ce projet est pertinent car la coopération entre l’UNICEF et le gouvernement du Sénégal, favorise et stimule les performances des élèves et des maîtres en ayant recours à une approche holistique évolutive. En outre, l’étude a montré que, d’une part, le projet est approprié en matière de propreté et d’assainissement permanent du cadre scolaire et que d’autre part, l’approche innovante se traduit par la promotion de la santé et nutrition non pas du seul point de vue des élèves, mais de celui des besoins et des exigences de la communauté.

Au regard des constatations susmentionnées, on peut avancer que la mise en place du PSI correspond à un besoin et qu’il y a adéquation entre ses objectifs et ceux du gouvernement du Sénégal.
En matière d’efficacité du PSI, on peut conclure que l’examen des documents d’information pertinents et les renseignements recueillis sur les résultats du programme semblent démontrer l’efficacité du PSI
L’étude révèle que le PSI a pris l'option stratégique d'organiser en priorité les appuis vers la composante « physique » suivie des composantes « alimentation scolaire, santé et nutrition » et « organisationnelle ». Cette hiérarchie est conforme à l’ordre des priorités définies par l’Etat sénégalais.

L'évaluation a confirmé l’efficacité de cette stratégie car celle-ci a permis la présence et la fréquence de onze (11) éléments (points d'eau, toilettes, CGE, cantines scolaires, dispositifs de lave main, déparasitage et supplémentation, coopératives scolaires, boîtes à pharmacie, électricité, jardins scolaire, clôtures) dans les trois académies , ainsi que de favoriser une politique efficace d'appuis, notamment lorsqu’elle facilite l’accessibilité et l’utilisation des blocs sanitaires dans la zone.

Cette politique permet d’obtenir de bonnes conditions d’hygiène à l’école car elle assure la propreté de la cour et des salles de classes ; elle aide à intégrer de bonnes règles d’hygiène alimentaire et d’hygiène corporelle individuelle et collective. De la sorte, elle contribue à la bonne santé des élèves et, par conséquent, crée un climat organisationnel propice à des rendements meilleurs car les conditions d’apprentissages y sont facilitées.

Néanmoins, des éléments de composantes jugés indispensables sont à intégrer pour optimiser les effets du PSI ; ce sont dans l’ordre les clôtures pour créer et sécuriser un espace scolaire protecteur (composante physique) ; les formations en CVC, en vue de renforcer l’émergence des changements de comportement ainsi que l’implantation de bibliothèques (composante pédagogique) ; les boîtes à pharmacie, facteur d’une bonne santé (composante alimentation santé et nutrition), les salles de classes pour remplacer les abris provisoires, l’électrification des écoles pour augmenter le quantum horaire et disposer de locaux fonctionnels

En outre, par la façon dont la mise en place du PSI encourage l’existence et le fonctionnement de gouvernement ou de parlement scolaire et dont elle incite les élèves à s’organiser de manière collaborative pour l’entretien des postes d’eau, le programme inculque aux élèves et aux acteurs à la base des comportements civiques qui renforcent leur éducation à la citoyenneté. Il leur permet d’accéder à une palette de compétences en vie civique qui sert leur épanouissement.

Pourtant, il est nécessaire, d’une part de restructurer ces organes pour les rendre plus fonctionnels et d’autre part de les généraliser dans toutes les écoles pour une contribution active au développement du PSI.
L’implantation du PSI favorise une réelle implication des membres des communautés à la gestion de l’école. Toutefois, cette implication semble peu concerner les jeunes et les femmes. Quant à la participation des membres des communautés des écoles disposant du PSI, l’accent est mis plus sur les prestations de services que sur la participation financière.

Les formations dispensées de manière diversifiée sur des thèmes comme l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la gestion des cantines scolaires et la gestion du stress et des conflits, ont amorcée le renforcement des capacités des acteurs à la base et des membres de la communauté afin de les rendent plus aptes à s’affirmer et à se définir en tant que participants à un projet éducatif pertinent. Toutefois, ces formations méritent d’être intensifiées et leurs stratégies de mise en oeuvre et de gestion doivent être améliorées.

Au-delà du cadre strictement scolaire, la fréquentation des installations sanitaires par la communauté place l’Ecole au centre de la vie sociale. En effet, une école disposant à suffisance régulière d’eau et d’installations sanitaires devient un pôle d’attraction des activités communautaires. Elle ajoute à ses fonctions traditionnelles d’enseignement et de formation celle de service à la société. Il s’agit là d’une démonstration éloquente de ce que doit être une école de développement.

Cependant pour éviter des surcharger ces installations, il s’avère vital d’implanter dans les communautés avoisinantes des installations sanitaires et des systèmes d’approvisionnement d’eau à gestion communautaire.

Enfin, pour qui douterait encore de l’efficacité du programme, il suffirait de lui montrer ses nombreux avantages comparés à ses faibles inconvénients et, surtout, les taux de satisfaction des gestionnaires (100%) et des acteurs à la base (plus de 90%) à l’égard des résultats obtenus par le PSI. L’existence de ce sentiment est révélatrice du fait que les activités réalisées dans la zone sont à la hauteur de leurs besoins et aspirations et qu’ils les ont appréciés.

En matière d’efficience du PSI, il est permis de noter que les infrastructures et les équipements (puits équipés de pompe, mini forages, blocs sanitaires, etc.) ainsi que des services de santé et nutrition (dépistage, déparasitage et supplémentation, cantine et jardin scolaire, boîte à pharmacie, etc.) étaient leurs principaux besoins. Le fait que la réalisation de ces équipements et la mise en place de services de santé soient privilégiées par le PSI démontre que les ressources techniques, comptables, financières, organisationnelles et les moyens mobilisés sont bien utilisés

Plus globalement, l’évaluation a permis de mettre en avant que le projet a été mené conformément au contrat. Toutes les activités sont exécutées comme programmées. Au regard des prix demandés par les entreprises chargées de la fabrication des infrastructures, le coût moyen des équipements, du paquet de services de santé, du paquet organisationnel et du paquet pédagogique du PSI paraît relativement contenu. Dès lors, le rapport entre les intrants ou coûts engagés et les bénéfices ou résultats (output) atteints paraît raisonnable.

En somme, mesurées à l’aune des résultats atteints, les dépenses engagées et les ressources utilisées par le PSI durant la période allant de 2002 à 2008 paraissent justifiées car les nombreuses activités mises en oeuvre se sont traduites par des résultats concrets.

L’évaluation a également montré que le projet est continuellement réadapté aux nouvelles constatations en fonction des changements dans l’environnement. Par exemple, pour offrir plus de confort sanitaire aux acteurs à la base, le projet a poursuivi la modernisation technique des équipements d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement en construisant, peu à peu, des puits à pompe à la place des puits simples et des blocs sanitaires à six cabines au lieu de blocs sanitaires à trois cabines. Et ceci, en veillant toujours au meilleur rapport qualité/prix.

Enfin, dans le choix des investissements, on note le souci du PSI de maîtriser l’impact économique et qualitatif, d’améliorer l’attractivité des puits, des mini forages et des blocs sanitaires grâce aux solutions retenues dans les domaines architecturaux et le respect des objectifs de développement durable.

En matière d’impact du PSI, la logique de départ était : « la mise en place du PSI produit un effet positif sur l’accroissement de l’accès, du maintien et des acquis scolaires ; à terme, les interventions pour améliorer l’environnement scolaire devraient aboutir/conduire à :
 une augmentation des taux de scolarisation (accès)
 une amélioration notable des taux de réussite aux examens
 une amélioration des taux de rendement interne, et
 des taux d’achèvement plus élevés, notamment pour les filles » De ce point de vue, les répondants ont affirmé que grâce à ce projet,
 l’accès et les performances scolaires des élèves de la zone, en général, et des filles, en particulier, se sont améliorés, même si la parité reste à atteindre ; le maintien des élèves ainsi que la continuité de l’offre éducative sous des conditions d’études plus efficientes sont garantis ;
 les performances des élèves dans les trois disciplines fondamentales (français ; mathématiques et sciences) se sont bonifiées, malgré la faiblesse des situations de départ, grâce à la mise en oeuvre des progressions harmonisées et des évaluations standardisées ;
 la réussite au CFEE et l’efficacité interne des académies de la zone dépassent celles du niveau national ;
 les taux de redoublement connaissent une tendance baissière et se rapprochent du taux national exigé en 2010 (5%) ; les taux d’abandon sont plus faibles que celui de 5% fixé par le PDEF pour 2010 ;

Par ailleurs, les meilleures performances en accès et dans les résultats scolaires sont à noter dans les écoles les mieux équipées en infrastructures d’eau et d’assainissement.

Il est donc opportun, non seulement de compléter les équipements des écoles ciblées par le programme, mais aussi de maximiser les stratégies pédagogiques (systématisation des stratégies de renforcement et de remédiation pour optimiser ces performances dans la zone.

L’évaluation a permis de constater aussi, que le projet a favorisé chez les acteurs à la base le renforcement ou l’acquisition de compétences utiles dans le domaine de la formation et de la gestion.

De manière synthétique, en considérant le niveau d’hygiène et de propreté des équipements, ils sont nombreux à estimer que le projet a eu un effet de sensibilisation à leur égard vis-à-vis de la motivation des enfants à aller à l’école, de la baisse notable de la violence en milieu scolaire, de la pratique positive en gestion de l’environnement ainsi que de leur utilité.

On peut donc supposer qu’il existe un impact de la mise en place du PSI dans les études des élèves. Ces retombées confirment donc la logique de départ.

Toutefois, si de nombreux résultats positifs ont été atteints, leur régularité et leur champ n’ont pas été suffisamment stables sur la période.

Par ailleurs, il est bon de souligner que ces résultats sont le fait d’effets conjugués des 12 déterminants de la qualité, dont le PSI qui est le facteur le plus fédérateur. Il est judicieux de procéder à une recherche plus fine pour isoler les effets spécifiques du PSI sur les résultats ainsi obtenus.

En matière de pérennité pour le PSI, il est utile de signaler que cette pérennité dépend de la conjonction de trois facteurs : expression d’un besoin, réponse des communautés indiquant qu’elles sont prêtes à faire face à ce besoin et enfin, existence d’un soutien de l’Etat

A cet égard, les différents engagements du Ministère de l’Education (politique, technique et financier) montrent que le PSI n’est pas isolé, il est rattaché à la politique et aux priorités du gouvernement du Sénégal. Il faut également rappeler la pertinence du programme qui offre un riche éventail de services attendus par les bénéficiaires. Il faut enfin mentionner la satisfaction des acteurs à la base et des membres de la communauté qui sont prêts à s’engager clairement dans la voie tracée par l’UNICEF et à s’impliquer davantage dans la bonne gestion des écoles. En conséquence, le PSI a beaucoup de chances de durer.

En effet, l‘évaluation du PSI sur les six dernières années, notamment en termes de pérennité, montre que les réalisations du programme ont pu concourir de manière directe ou indirecte à certains des résultats notables enregistrés par les écoles de la zone.

Ces six premières années de vie du projet ont été nécessaires à son lancement et à sa stabilisation, cette période ayant notamment permis aux communautés impliquées de s’approprier des méthodes nouvelles afin de pouvoir mener un travail plus efficace et réellement constructif sur le terrain. C’est sur ces bases plus solides, qu’il est à présent nécessaire de poursuivre le travail engagé afin de généraliser et donc d’augmenter les chances de pérennisation du projet.

Certes, la durabilité d’un certain nombre d’acquis du projet pourrait être assurée dans le cas où la durée du PSI n’est pas prolongée. Cependant, sa prolongation garantirait mieux la viabilité de certaines réalisations et les essaierait dans la longue durée. Les réalisations du projet qui ont besoin d’un accompagnement et/ou d’un encadrement supplémentaire concernent surtout la composante pédagogique et celle organisationnelle.

Enfin, l’évaluation a permis de mettre en évidence que le projet connaît aujourd’hui un bon rythme de croisière, les dynamiques régionales convergent vers un même but et l’intérêt des écoles et autres acteurs du projet est de plus en plus marqué. Les bénéfices du projet, c’est-à-dire les investissements constructeurs de la qualité ont des chances de continuer une fois que le support extérieur sera arrêté.

Les perspectives de durabilité du projet, après l’investissement initial, sont raisonnables et crédibles car le besoin existe, le soutien de l’Etat est constant ; il suffirait de préparer les communautés à faire face, de manière permanente, à ce besoin.

Recommendations

Concernant l’UNICEF
Nous préconisons de :
 Intégrer dans le PSI des ressources pour une prise en charge des enfants à besoins éducatifs spéciaux notamment ceux présentant des handicaps légers ;
 Accompagner la mise en oeuvre de stratégies de plaidoyer et de communication à l’endroit des élus locaux de structures décentralisées pour favoriser leur meilleure implication. ;
 Elargir les interventions auprès de la communauté par l’implantation de points d’eau et de toilettes publiques à gestion communautaire ou faire une coalition avec d’autres partenaires pour renforcer et/ou combiner les actions pour mieux contribuer à l’amélioration de l’environnement. ;
 Corriger les déséquilibres dans la répartition des éléments du PSI entres les académies et au sein des académies notamment dans la région de Tamba et en particulier dans l’IDEN de Bakel ;

Nous suggérons de :
 Renforcer le partenariat avec les intervenants appuyant les cantines scolaires (ACDI, PAM, Counter Part International…);
 Adopter un système d’accompagnement régressif des communautés dans la maintenance des équipements ;

Par rapport au Ministère de l’Education
Nous préconisons de :
 Mettre en place un cadre de concertation au niveau déconcentré pour harmoniser les actions des intervenants et éviter les duplications afin de produire plus d’effets significatifs selon la vision du PSI.
 Mettre à disposition des IA, pour les équipes pédagogiques et les élèves, des supports didactiques suffisants et adaptés aux CVC en rééditant les guides, en confectionnant des dépliants, des cahiers d’activités et des boîtes à images pour les séquences d’enseignement apprentissage.

Nous suggérons de :
 Renforcer la part allouée au BCI décentralisé en faveur du PSI ;
 Capitaliser et disséminer les pratiques réussies en matière de PSI afin d’actualiser le modèle.

Nous proposons de :
 Orienter les actions des différents partenaires techniques et financiers pour une généralisation du modèle PSI.
 Assurer la supervision et le suivi / évaluation du projet PSI au niveau déconcentré ;

Pour les Inspecteurs d’académie et les Inspecteurs départementaux (IA / IDEN)
Nous préconisons de :
 Constituer une masse critique en formant tous les élèves maîtres des EFI de la zone d’intervention sur la problématique du PSI pour faciliter la pérennisation.
 Multiplier les formations d’une part des équipes pédagogiques sur les questions relatives au PSI notamment en CVC pour un changement de comportement des élèves compte tenu de la mobilité des enseignants et, d’autre part, des CGE en gestion des éléments du PSI pour la pérennisation des équipements ;
 Assurer un suivi régulier des activités déroulées dans les écoles PSI (formations, mise en oeuvre de modules de CVC, intégration des éléments de PSI) ;
 Favoriser l’implication des communautés par la mise en place optimale des éléments et composantes du PSI dans toute la zone.
 Restructurer les systèmes organisationnels existant dans les écoles (Coopératives, gouvernements et parlements) pour une meilleure efficacité dans la mise en oeuvre PSI ;

Nous suggérons de :
 Promouvoir un leadership stratégique des acteurs et des parties prenantes à la base, notamment les communautés, en vue du respect des engagements pris dans le cadre de la mise en oeuvre du PSI ;
 Instituer une table de concertation en vue d’harmoniser les actions des intervenants ;

Nous proposons de :
 Développer des réseaux d’échanges et de mutualisation d’expériences entre écoles PSI au niveau déconcentré et les accompagner dans leur fonctionnement régulier ;
 Mettre en place un dispositif départemental et académique de collecte et de traitement d’informations pour le suivi de l’amélioration de l’accès et de la qualité dans les écoles PSI.

S’agissant des Directeurs d’écoles et les équipes pédagogiques
Nous préconisons de :
 Prendre en charge dans les planifications pédagogiques les questions liées aux CVC ;

Nous suggérons de :
 Aider au fonctionnement des gouvernements scolaires à travers des plans d’action articulés à la gestion de l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans l’école, la promotion du droit des enfants, la solidarité avec les enfants à besoins éducatifs spéciaux… ;

Nous proposons de :
 Veiller à l’application correcte des décisions arrêtées de manière consensuelle avec les communautés quant à l’ouverture de l’école au milieu.

En ce qui concerne le CGE
Nous préconisons de :
 Participer de manière plus active à la maintenance des équipements ;
 Respecter les engagements pris dans le cadre de la mise en oeuvre du PSI (Erection de clôtures, protection des installations…)

Nous suggérons de :
 Renforcer le rôle d’interface du CGE entre l’école et le milieu ;
 Procéder à des actions de communication pour le changement de comportements des populations et des élèves (préservation des ouvrages mis en place par le PSI, respect des règles d’hygiène…) ;

Pour les collectivités locales
Nous préconisons de :
 Prévoir dans les ressources des collectivités, y compris les fonds de dotation, des moyens pour la mise à disposition d’éléments de PSI dans les écoles et libérer à temps ces ressources budgétaires
 S’impliquer davantage dans la maintenance des ouvrages réalisés dans le cadre du PSI ;

Conclusion

Le modèle constitue une option stratégique importante dans le cadre de la mise en oeuvre du PDEF. Les difficultés rencontrées sur le terrain doivent être considérées comme des questions posées et à résoudre. Elles interpellent non seulement les décideurs sur les aspects politiques, mais aussi et surtout les techniciens de l’Education relativement à leurs capacités à apporter les vraies réponses (managériales et techniques) aux difficultés rencontrées par la communauté éducative.

Si le pari de l’accroissement de l’accès et de l’amélioration de la qualité des apprentissages connaissent des avancées significatives avec la mise en oeuvre du PSI dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Tambacounda, il n’en demeure pas moins que la problématique de la lutte contre les violences à l’école et de la prise en charge des enfants à besoins éducatifs spéciaux constituent des préoccupations majeures.
Par ailleurs, il reste encore à faire pour arriver au changement de paradigme dans le domaine de l’environnement scolaire. Les efforts à déployer sont à chercher surtout dans la mise en place harmonisée et complète des éléments et composantes, la concertation des intervenants sur le terrain afin que leurs actions puissent être complémentaires et non supplémentaires, des structures de gestion plus adaptées et plus fonctionnelles pour mieux répondre aux aspirations du modèle PSI.

Les défis éducatifs étant nombreux dans les régions de la zone de concentration de l’UNICEF, il convient à l’entame de la troisième phase du PDEF, d’opter pour la recherche de l’efficacité, de l’efficience et de la pérennité des actions à mener, au seul bénéfice des enfants.

Lessons Learned (Optional)

L'expérience recueillie par le programme PSI misant sur la participation des acteurs et des membres de la communauté dans la gestion des écoles dégage un grand nombre de leçons.

La première leçon est que :
Si on fait la somme des diverses réalisations du PSI, tant sur le plan de l’environnement physique des écoles que sur celui du pédagogique, on constate une amélioration de l’environnement physique, psychosocial et pédagogique de toutes les écoles de la zone d’intervention de l’UNICEF. Il faut également retenir l’importance de l’amélioration de l’environnement scolaire qui est une source de motivation et de fréquentation de l’école, d’assiduité et de performances pour les enseignants et les élèves, il faut noter que le PSI devient un facteur d’amélioration du quantum horaire.

La deuxième leçon est que :
Au fil des ans, par la grâce du PSI, émerge l’espace scolaire sain et protecteur qui permet non seulement une nette évolution du niveau d’étude des élèves mais aussi des changements de comportements notables et salutaires dans le domaine de l’hygiène individuelle et collective ainsi que de l’assainissement.
Certes, implanter des ouvrages est salutaire mais il faut penser à régler le problème de la maintenance et l’entretien de ces installations. Il faut ensuite rappeler que la gestion des blocs sanitaires est tributaire de l’approvisionnement suffisant en eau de l’école ; il va falloir mettre en place des stratégies pour apporter des réponses aux problèmes posés par l’eau.
Il est absolument indispensable de mettre l’accent à nouveau sur le renforcement des capacités des écoles pour éviter la détérioration des infrastructures de l’eau et de l’assainissement, afin de prévenir les maladies liées au manque d’eau et d’hygiène.

La troisième leçon est que :
Les acteurs et les membres de la communauté s’impliquent davantage dans la gestion et la mise en oeuvre du PSI, notamment au niveau de la préservation et de l’amélioration du cadre scolaire.
Toutefois, leur implication dans le processus de maintien de la qualité du cadre scolaire demeure en deçà du niveau souhaité pour des raisons multiples, en dépit des options qui consacrent les différentes stratégies nationales relatives à l’amélioration de l’environnement physique des écoles. L’un des problèmes majeurs de la participation des acteurs et des membres de la communauté à ce processus réside dans l’indisponibilité des moyens budgétaires qu’ils doivent mobiliser pour faire face à des dépenses courantes.
Il convient aussi de préciser qu’une plus grande participation des collectivités locales est à rechercher par le développement de stratégies de communication, de plaidoyer et surtout d’implication démocratique au niveau de la coalition régionale afin de les amener vers la résolution d'enjeux collectifs (protection de l'environnement scolaire, promotion du genre, lutte contre la pauvreté, etc.).

La quatrième et dernière leçon apprise est que :
En tirant des enseignements des expériences observées aux niveaux local et régional, l’étude formule les leçons apprises suivantes : l’organisation et le déroulement des interventions du PSI seraient plus efficients s’il était créé au Sénégal une table de concertation ou coalition régionale entre bailleurs en charge d’harmoniser les différentes interventions en vue d’une optimisation des effets et impacts dans la zone.
La nécessité d'une coordination doit être aussi soulignée, car de nombreux partenaires et de personnes ont participé à l'action éducative, mais il y avait beaucoup de chevauchements d'activités. Au bout du compte, la coalition serait un outil utile dans l’implication rationnelle des responsables des collectivités locales en vue d’une pérennisation de la stratégie
De manière synthétique, l’intervention de l’UNICEF est en train de s’inscrire dans une logique de changement de paradigme qui voudrait que le système éducatif passât « des écoles construites sur terrain non délimité sans clôture ni ouvrages annexes » à la concrétisation du « concept de l’espace scolaire ouvert au milieu et perçu comme un sous système dans d’autres systèmes plus larges ».

Cependant, il reste un certain chemin à parcourir, notamment par rapport à :
 la mise à niveau des écoles en termes de composantes ou d’éléments de composantes ;
 le renforcement et amélioration des stratégies de formations dans la composante pédagogique
 la détermination et la mise en oeuvre d’une approche communautaire plus efficace pour une implication et une participation plus soutenue des membres de la communauté ainsi que des collectivités locales au projet qui exige désormais des efforts délibérés et une mobilisation à tous les niveaux pour sa pérennisation ;
 la constitution d’une coalition régionale entre partenaires pour harmoniser les interventions.

Malgré ces incomplétudes notées, le PSI est en train de contribuer à l’atteinte des objectifs, du PDEF en général et de l’EQPT en particulier, objectifs relatifs à l’accroissement de l’accès, le relèvement de la qualité des apprentissages et l’amélioration de la gestion. Par ailleurs, en ciblant les couches socio économiquement défavorisées de trois académies, ce projet participe de manière indéniable à l’atteinte des OMD.

Il y aurait ainsi intérêt pour les décideurs politiques de poursuivre le travail engagé afin de généraliser et donc d’augmenter les chances de pérennisation du programme.

Au terme de cette analyse, on peut suggérer que, comme toute étude exploratoire, cette étude soit répétée : identique (ou légèrement amendée selon les leçons de l’expérience du PSI) au même niveau scolaire, dans un souci de comparaison diachronique et d’extension à d’autres zones (autres académies du Sénégal ou autres pays de l’UEMOA). En effet, les acquis obtenus avec cette mise en place du PSI dans ces académies, échantillon assez représentatif du système éducatif sénégalais, montrent à suffisance que l’expérience gagnerait à être partagée avec d’autres zones du système en vue de sa généralisation. Les conditions de cette généralisation seraient la mise en place d’une coalition forte de partenaires pour assurer la cohérence et la complémentarité des interventions dans des académies retenues.

On peut, enfin suggérer que l’UNICEF, organisme international, effectue la mutualisation et la dissémination de l’expérience PSI à travers les pays de la sous région et notamment ceux de l’UEMOA pour accompagner ces pays dans leurs efforts pour satisfaire les exigences, d’une part, des OMD et, d’autre part, d’une éducation de base de qualité pour tous les enfants.

Si de telles entreprises sont menées à bien, elles ouvriront la voie, de droit, à un renforcement de la qualité dans toutes les zones où des programmes similaires au PSI sont menés ou vont être menés : on mesure l’importance d’une telle perspective, à terme, pour l’ensemble du système éducatif sénégalais et ouest-africain.



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