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Evaluation report

2007 Cote D'Ivoire: ANALYSE GENRE DU PROGRAMME DE COOPERATION COTE D’IVOIRE (2003-2007)



Author: Odile AKPAKA

Executive summary

Background:
Depuis quelques décennies, la question de l’égalité entre les sexes est au coeur de l’agenda du développement international. L’égalité entre les hommes et les femmes est considérée non seulement comme une fin en soi, mais également comme un moyen d’atteindre les autres objectifs de développement comme l’amélioration de la santé des enfants, la scolarisation des enfants, etc. Pour cette raison, l’Unicef en a fait un des éléments clés de sa stratégie, au même titre que l’approche droits humains. L’Unicef reconnaît que le statut de la femme et le respect des droits de la femme sont nécessaires pour réaliser les droits humains en général et ceux des enfants en particulier.
Cette priorité se traduit par un engagement décisif pour l’atteinte de l’OMD 3 (promotion de l’égalité entre les sexes et habilitation des femmes et des filles) et par l’application du « gender mainstreaming » dans la conception et la mise en œuvre de ses programmes. Désormais, tout comme les approches résultats et droits humains, l’approche genre est au cœur de la programmation à l’Unicef. Le bureau de l’Unicef en Côte d’Ivoire s’inscrit dans ces différentes approches de programmation et de gestion en vue d’obtenir le plus de résultats possibles pour les femmes et les enfants. Elles seront donc appliquées intégralement lors du prochain cycle de programmation, le cycle actuel prenant fin en cette année 2007. L’application de l’approche genre aux différentes étapes du programme de transition de 2008 et du prochain programme de coopération Côte d’Ivoire-Unicef 2009-2013 sera d’autant plus aisée que les autorités nationales y sont déjà favorables. Dans la déclaration solennelle faite à l’occasion de la journée internationale de la femme du 8 mars 2007, le Président de la République s’est engagé à faire élaborer et mettre en œuvre une politique nationale l’égalité des chances, de l’équité et du genre; l’objectif poursuivi étant l’intégration de l’approche genre dans les politiques, programmes et projets de développement dans tous les secteurs de la vie publique qui sera aussi traduite en loi. L’engagement a été aussi pris de procéder à une budgétisation sensible au genre en vue de faciliter l’atteinte de l’objectif d’égalité entre les sexes. On peut donc prétendre qu’en matière de genre, il y a une convergence de vue entre le gouvernement et l’Unicef.
Des directives claires ont été données à cet effet dans le nouveau PSMT: «Mainstreaming Gender Equality and Women’s Rights in the programme Process». ces directives mettent en exergue les dimensions genre à prendre en compte dans les 5 domaines prioritaires du PSMT, y compris dans les situations d’urgence et d’instabilité. Elles reposent sur une checklist comportant des questions stratégiques faisant ressortir les dimensions genre à prendre en compte aussi bien lors de l’analyse de la situation et de la planification que lors du suivi et de l’évaluation.

Purpose/Objective:
Le but de cette étude est de procéder à l’analyse genre du programme de coopération Côte d’Ivoire-Unicef 2003-2007. Les objectifs spécifiques consistent à
•Déterminer dans quelle mesure les considérations relatives à l’égalité entre les sexes sont prises en compte dans les stratégies et activités telles que décrites dans les documents de programme;
•Identifier les changements observés dans la position, la condition et le vécu des femmes et des filles tels que reflétés dans le RMP, les évaluations ou les rapports annuels;
•Déterminer comment le programme de coopération contribue à la promotion et au respect des droits des femmes et des filles et à l’égalité entre les sexes;
•Déterminer si la structure et les pratiques managériales du bureau favorisent ou inhibent l’intégration de la dimension genre dans le programme;
•Evaluer la capacité du staff en matière de «gender mainstreaming»;
•Evaluer les capacités des partenaires en matière de «gender mainstreaming»;
•Identifier les obstacles administratives, institutionnels, légaux, culturels, sociaux et traditionnels à l’égalité entre les sexes;
•identifier les barrières qui empêchent la pleine participation des filles et des femmes à la prise de décision; et
•Faire des recommandations pour la prise en compte du genre dans le programme de transition 2008 et le prochain programme de coopération 2009-2013.

Methodology:
L’analyse genre du programme de coopération a reposé sur une approche méthodologique variée comportant:
•Une revue documentaire (desk review);
•Des focus group discussions;
•Un «gender mainstreaming capacity self assessment» questionnaire destiné au staff;
•Un entretien approfondi avec le personnel clé sur des sujets sensibles révélés par les étapes précédentes;
•Des entretiens avec les autres parties prenantes du programme (les partenaires gouvernementaux, les ONGs, les points focaux genre des autres agences, etc.);
•Visite sur le terrain.
La revue documentaire a consisté en une analyse de contenu des divers documents dont: le MPO, le CPD, les AWP, la dernière SITAN, les rapports annuels, les rapports de revue annuelle, les documents officiels nationaux, etc. L’analyse de contenu s’appliquera aussi aux résultats des focus group discussions et aux entretiens approfondis.
Les informations recueillies ont été traitées et analysées à l’effet de produire les résultats attendus. La collecte de l’information a été faite à partir des outils élaborés par le siège. Il s’agit de:
•La «document review checklist»;
•La «Focus Group Discussion checklist»;
•La «Gender Mainstreaming Capacity Self Assessment checklist»; et
•La grille d’entretien approfondi.

Findings and Conclusions:
Dans les documents de programme les données désagrégées par sexe et les données qualitatives, deuxième pilier de l’analyse genre, sont rares. Elles n’apparaissent pas non plus dans les rapports annuels ou celui de la revue à mi-parcours 2005: les acteurs, participants, bénéficiaires n’ayant pas été différenciés. Dans ces programmes, plans de travail, modules de formation, les hommes sont assez rares et c’est le rôle de reproduction des femmes qui est le plus souvent mis en valeur. De nombreuses activités sont prévues qui selon leur orientation peuvent, ou non, faire évoluer les rôles de genre; dans certains cas le programme risque de conforter les relations de genre, d’accroître involontairement les pouvoirs des hommes sur les femmes.
Au niveau du personnel UNICEF Côte d’Ivoire on remarque des compréhensions partielles ou erronées et les compétences, hétérogènes, ont besoin d’être renforcées pour faire face aux défis de l’intégration. En effet même si quelques membres du Bureau ont l’approche genre présente à l’esprit, pour la plupart, ce n’est pas un souci systématique, surtout dans le contexte de crise dans lequel le programme 2003-2007 a été mis en oeuvre. La question de l’équilibre hommes/femmes au sein du Bureau suscite beaucoup de frustrations, de sentiments d’injustice. Le point focal genre a une faible visibilité. Aucune discrimination de genre n’a été relevée, mais le manque de sensibilité genre de l’Organisation a été vivement déploré. Les partenaires rencontrés se répartissent en deux groupes égaux : une moitié a des connaissances floues sur le genre et réclame des formations, l’autre moitié maîtrise assez bien ou même très bien le concept et fait preuve de capacités qui pourraient être mobilisées pour des formations.
Grâce à la contribution du programme de coopération, un nombre important de filles et de femmes a accédé à des services sociaux de base qui leur ont permis de réaliser certains de leurs droits à la santé, à l’éducation, à la dignité, ou de mieux les connaître. Ce sont surtout leurs besoins pratiques qui ont été satisfaits, mais aussi certains de leurs intérêts stratégiques, réduisant ainsi certaine disparités. Ainsi des agents de santé communautaires femmes ont vu leur statut évoluer au sein de leur communauté, les proportions des filles scolarisées ont augmenté. Des hommes et des femmes sont devenus conscients de la violence représentée par les mutilations génitales féminines.
Mais l’absence d’une réelle perspective genre limite la contribution du programme à l’équité et l’égalité entre les sexes. Ainsi le manque de précision sur la participation des hommes et des femmes a de fortes chances de défavoriser la participation de ces dernières. En rester aux aspects techniques des programmes ne permet pas une intégration du genre, celle-ci oblige en effet à considérer la dimension sociétale des programmes dans une perspective de développement. De plus les femmes apparaissent plus souvent bénéficiaires que détentrices de droits au sein de ceux-ci. Il convient d’aller au-delà de la fourniture du service, et de se préoccuper des apprentissages qu’elles doivent faire pour assumer de réelles responsabilités, ce qui suppose une budgétisation du coût de ces opérations.
L’UNICEF s’est associé aux autres agences du SNU pour la réalisation de quelques activités qui contribuent au respect des droits des femmes et des filles La complémentarité pourrait cependant être plus développée. Des points de vue divergents ont été exprimés sur le groupe thématique genre, il a certes permis d’éviter les doublons et a favorisé une certaine coordination. Cependant les apports mutuels ne sont pas toujours évidents.
Les contraintes à l’égalité entre les sexes se tissent dans la famille: dès la plus tendre enfance, le garçon et la fille intériorisent normes, valeurs et interdits relatifs à leur genre. Les disparités dans la scolarisation sont liées à plusieurs facteurs mais la représentation que les pères et les mères se font du garçon et de la fille, et de leur avenir respectif joue un rôle essentiel dans les stratégies familiales de scolarisation et de formation. Les disparités économiques entre hommes et femmes, en partie liées aux disparités dans la scolarisation et la formation ont une relation directe avec la répartition des rôles et des responsabilités selon le genre. Ainsi en milieu rural les moyens de production appartiennent aux hommes, la gestion et le contrôle des récoltes et des revenus leur reviennent le plus souvent. Dans le domaine politique les écarts entre les hommes et les femmes sont massifs. Certains éléments du Code civil et du Code pénal sont discriminatoires à l’égard des femmes et ont des conséquences discriminatoires.
Toutes ces disparités interagissent et se renforcent mutuellement, elles constituent des barrières à la participation des femmes et des filles aux prises de décision. La vision que la société a des hommes et des femmes, les relations de genre empêchent souvent la femme d’avoir le pouvoir de choisir et d’agir selon sa volonté propre.

Recommendations:
Au niveau des acteurs chargés de l’intégration du genre dans le programme de coopération:
•Renforcer les capacités des staffs, des consultants et des partenaires38 du gouvernement et des ONG dans la compréhension du genre, les connaissances et compétences pour son intégration dans les programmes (planification, budgétisation, mise en oeuvre, suivi) dans le cadre de l’approche droits. Pour ce faire, il convient, entre autres:
•d'identifier au sein du Bureau et parmi les partenaires ceux et celles qui ont une maîtrise suffisante des concepts et de la prise en compte du genre pour être formateurs;
•de rechercher, si nécessaire, des expertises extérieures;
•d'impliquer autant les staffs des Opérations que ceux du Programme;
•de prévoir une formation spécifique et avec horaires adaptés pour les décideurs;
•d'Instaurer un dialogue au sein du Bureau autour de la question du «gender balance», afin d’aider à une meilleure compréhension et à une identification des avantages d’une équipe équilibrée pour le Bureau UNICEF de Côte d’Ivoire et pour le programme de coopération.
•de mettre en place autour du Point focal une petite Unité, composée de représentant(e)s de chaque section et dotée de TDR qui précisent notamment les rôles et responsabilités, les tâches, les modalités de circulation de l’information et la périodicité de révision de ces TDR. Premières activités de cette Unité: exploiter la présente analyse, mettre en œuvre les principales recommandations et participer à la réalisation de l’ADS.
• d'Intégrer la prise en compte de la problématique hommes/femmes dans les Job description et les PERs, chaque fois que cela s’avère utile pour le programme de coopération, en fonction bien entendu du poste occupé;
•d'Expliciter dans les TDR des consultant(e)s les compétences et les tâches qui permettront la prise en compte de l’approche genre dans le travail à accomplir et en tenir compte dans l’évaluation des consultant(e)s;
•de faire de l’approche genre un critère d’appréciation des projets soumis par les ONG (cf. annexe 1) dans le cadre des protocoles d’accord, au même titre que la gestion axée sur les résultats, ceci suppose évidemment que lesdites ONG aient été formées à cette approche;
•d'adopter une attitude proactive pour la recherche de candidatures féminines de qualité : identifier les réseaux où se trouvent les talents, les femmes et hommes compétents, faire des séances d’information sur l’emploi dans le SNU, multiplier les contacts avec la Chambre des métiers, élargir le roster;
•d'Encourager la participation des femmes à des séminaires/ateliers de formation ou de partage, en particulier ceux qui se déroulent à l’extérieur du pays;
•A rapport qualité/prix égal donner la priorité aux entreprises/coopératives dirigées par des femmes pour les approvisionnements.
Dans la préparation et planification du programme
•Réaliser une analyse genre
Elle peut être intégrée à l’ADS ou en être séparée, concerner l’ensemble du programme ou un programme/projet sectoriel particulier. Pour cette analyse, il est nécessaire, entre autres, de: (I) rechercher des données désagrégées par sexe/région/groupe socioéconomique complémentaires de celles qui sont données par MICS et par des études nationales fiables; (II) collecter des données quantitatives et qualitatives qui prennent en compte le vécu des Femmes/Hommes/Filles/Garçon et permettent (a) de mieux comprendre la problématique hommes/femmes dans un certain nombre de domaines; (b) d’analyser les rôles et capacités des détenteurs de droits et porteurs d’obligation dans la perspective du genre; (c) et d’en saisir les tendances évolutives.
•Déterminer des stratégies qui: (I) Accordent une place de choix à l’implication des hommes et des femmes, des garçons et des filles, et à leur participation effective; (II) prévoient le renforcement des capacités des hommes à participer dans des domaines non traditionnellement masculins, et celles des femmes à participer dans des domaines non traditionnellement féminins; (III) favorisent une prise de conscience de genre au niveau des différents acteurs du programme/ projet; (IV) Tiennent compte des disparités de genre (scolarisation/alphabétisation) dans le choix des canaux de communication; (V) s’enracinent dans la culture, en prenant en compte toutes les opportunités offertes par celle-ci; (VI) privilégient les approches communautaires dans lesquelles plusieurs programmes travaillent ensemble (développement de projets intégrés, ou de stratégies intersectorielles pour le VIH-SIDA, développement intégré du jeune enfant par exemple).
La checklist relative aux stratégies doit amener le concepteur du programme à se poser des questions sur ces éléments, significatifs d’une intégration du genre dans les stratégies. De plus il est nécessaire, dans la détermination de ces stratégies: (I) d’accorder une place de choix au plaidoyer en faveur de l’approche genre, et ce à tous les niveaux; (II) de mobiliser les hommes comme les femmes par des messages concrets (le genre est souvent considéré comme trop intellectuel). Exemple cité par un partenaire : «la grossesse ne gâte pas l’école!»; (III) d’accompagner la dynamique nationale en cours et renforcer l’instance nationale (DEPG) pour qu’elle puisse assurer ses missions.
•Définir des produits attendus et activités qui intègrent le genre en: (I) Identifiant clairement et systématiquement les acteurs ventilés par sexe (nombre ou proportion de F/H/Fi/G); (II) Prévoyant au sein des activités des mécanismes qui permettent de tenir compte des points de vue, perceptions, connaissances des femmes et filles comme de ceux des hommes et garçons; (III) Développant l’accès aux services et ressources (économiques, éducatives, sanitaires, informationnelles.) aussi bien pour les garçons que pour les filles, les hommes que les femmes; (IV) Favorisant le contrôle des ressources (économiques, éducatives, sanitaires, informationnelles.) par les femmes comme par les hommes; (V) Organisant des formations en genre aussi bien pour les partenaires communautaires que pour les partenaires du gouvernement ou des ONG; (VI) Veillant à la représentativité des F/H/Fi/G dans les structures de gestion/ d’animation (COGES, comités, clubs.) et au renforcement des capacités et compétences des F/H/Fi/G pour une participation effective aux décisions; (VII) Encourageant la responsabilité commune des pères et des mères dans la survie, le développement et la protection des enfants; (VIII) Préconisant l’intégration du genre, et ce de manière explicite, concrète et systématique dans les politiques et/ou stratégies de développement sectoriel.
•Concevoir des indicateurs quantitatifs et qualitatifs qui permettent de suivre l’intégration du genre et la réduction des disparités au niveau des différents résultats attendus. Le cadre logique doit intégrer la dimension du genre et des indicateurs sensibles au genre;
•Une attention particulière sera accordée pour réunir systématiquement des données désagrégées par sexe à propos des F/H/Fi/G, impliqués d’une manière ou d’une autre par les activités/projets. Les critères susmentionnés pour les activités doivent être intégrés dans les indicateurs. A titre d’exemple pour mesurer la participation effective des femmes dans les différents COGES, un indicateur s’attachera aux postes occupés par les hommes et par les femmes ; pour mesurer la responsabilité commune des pères et des mères, les ASC incluront le nombre de discussions menées avec les pères, le nombre de discussions menées avec les mères.
Dans la mise en oeuvre du programme
L’on devra insister sur des éléments concrets au niveau communautaire, étant entendu que les questions relatives à la planification des activités restent valables pour leur mise en œuvre et qu’une checklist pour les formations est disponible (en annexe 5).
•Il s’agit de favoriser au niveau communautaire l’organisation des diagnostics communautaires, processus participatif mené par les communautés, aidé par des facilitateurs, qui vise à l'analyse de la situation communautaire (identification de problèmes et niveau de réalisation des droits) et à la mise en oeuvre de solutions en vue d'un développement durable. Dans certaines zones, il est nécessaire de faire des séances séparées pour faire émerger les problèmes liés au genre. La priorisation par les communautés elles-mêmes et donc leur engagement pour la recherche de solutions endogènes pour réduire les disparités en fait un outil intéressant;
•L’appui aux associations féminines, considérées par les femmes comme « leur affaire » permet aux femmes non seulement d’augmenter un peu leurs revenus, mais aussi d’accroître leur confiance en elles-mêmes et leur indépendance. Dans ce cadre des AGR et des activités d’alphabétisation des femmes, des discussions (portant sur les droits des femmes et des filles, les rôles des femmes et des hommes dans la société, les emplois du temps journaliers des uns et des autres, les relations hommes/femmes, les proverbes, les stéréotypes dans la vie quotidienne etc.) peuvent être organisées avec fruit, tout comme elles peuvent l’être avec des hommes. Avec les hommes, il importe de mettre l’accent sur les gains, économiques et autres, qu’ils peuvent tirer d’une plus grande équité;
•L’animation par des équipes mixtes (et locutrices de la langue du milieu) est un élément à ne pas négliger. L’animation valorisera la participation de tous et toutes. L’analyse des causes de la faible implication des femmes fait partie du processus même de renforcement des capacités et de prise de confiance en soi. Il importe de ne pas se limiter aux leaders, hommes ou femmes et le principe des quota peut être utilisé pour certaines formations;
•Avec les enfants, garçons et filles, l’utilisation de divers canaux de communication, à l’école ou dans les Centres d’éducation non formelle, permet de présenter de nouveaux modèles d’hommes et de femmes, par exemple les ASC, les présidentes d’associations féminines ainsi que des exemples de réussite sociale féminine/masculine dans le domaine professionnel ou social. Au sein des établissements scolaires, l’apprentissage de l’égalité peut se faire au sein des groupes de travail et des clubs dans lesquels filles et garçons prennent des responsabilités. Ils sont alors reconnus par leurs pairs et les adultes de l’établissement comme égaux et aptes, les unes comme les autres, à assumer des responsabilités et à prendre des décisions.
Comme l’ont souligné nombre de nos interlocuteurs, l’éducation, à la fois l’éducation familiale, sur laquelle il serait bon de réfléchir davantage en termes de promotion de l’équité et de l’égalité entre les sexes, et la scolarisation/formation constituent des leviers essentiels pour une plus grande égalité.
Dans la mise en oeuvre du programme au niveau communautaire, les ONG sont souvent fortement impliquées. Il importe qu’elles soient formées en matière de genre et que l’on s’assure que l’approche genre est effectivement intégrée dans la planification des projets et leur mise en oeuvre par ces ONG (voir checklist pour les ONG en annexe 1).
Dans l’évaluation
● A ce niveau, il importe d’apprécier les activités réalisées et l’évolution dans les relations entre hommes et femmes, dans les rôles assumés par les uns et les autres, dans les opportunités offertes aux F/H/Fi/G, dans la participation aux prises de décision par les unes et les autres. Apprécier l’évolution suppose bien évidemment que l’on dispose d’informations sur la situation de départ et l’analyse genre, globale, et/ou sectorielle, et/ou communautaire doit permettre d’avoir certaines de ces informations de base.
Les revues et rapports annuels s’attacheront, entre autres, à mesurer/apprécier: (I) Les nouvelles mesures institutionnelles et politiques qui visent une plus grande égalité entre les sexes; (II) Les changements dans les capacités des acteurs des programmes/projets à intégrer la dimension genre; (III) Les changements au niveau des services gouvernementaux/ONG dans l’utilisation d’outils et de procédures qui intègrent la dimension genre; (IV) La mise en place de nouvelles initiatives/nouveaux partenariats pour créer des synergies visant la collaboration en matière d’équité et d’égalité entre les sexes; (V) La participation quantitative et qualitative des F/H/Fi/G aux activités des programmes/projets; (VI) Les profits que les F/H/Fi/G ont tirés des activités, entre autres : l’accès des F/H/Fi/G aux services de base et ressources fournis dans le cadre des programmes/projets; (VII) L’accroissement ou non des niveaux de compétences des F/H/Fi/G; (VIII) Les progrès réalisés en matière de rôles et responsabilités dans les divers comités, en matière de participation des femmes aux prises de décision dans les structures impliquées dans les programmes/projets, en matière de contrôle des ressources; (IX) La satisfaction des besoins pratiques et stratégiques de genre par les F/H/Fi/G (en liaison bien sûr avec les objectifs et stratégies formulés); (X) Les effets préjudiciables éventuels sur l’un ou l’autre groupe (surcharge de travail, frustration).
D’autres éléments peuvent apparaître en fonction des objectifs et stratégies retenus pour les programmes et projets. Dans les évaluations spécifiques à tel ou tel projet, il importera au niveau des TDR d’adapter certains de ces éléments à l’objet particulier de l’évaluation.
Dans la collaboration avec les autres agences/fonds du SNU
• Afin de renforcer les complémentarités entre les agences/fonds, il serait souhaitable dans un certain nombre de domaines, en particulier ceux du VIH-SIDA, de l’éducation de la fille et de la lutte contre les violences basées sur le genre de reconsidérer les interventions des uns et des autres. Qui fait quoi, où et comment, sont les questions de base d’une telle remise à plat. Celle-ci pourrait s’effectuer dans le cadre de la préparation de l’UNDAF et avant la mise en oeuvre des priorités définies dans le «Cadre d’orientation pour l’intégration du genre dans les programmes post-crise du SNU en Côte d’Ivoire». Il serait alors plus aisé de déterminer les complémentarités en fonction des mandats respectifs et des ressources des différentes agences/fonds.
Le renforcement de la DEPG, dans lequel l’UNICEF ne s’est pas encore engagé, devrait également faire l’objet d’une concertation entre le PNUD, l’UNFPA et l’UNICEF, afin de répondre au mieux aux besoins de cette structure, appelée à jouer un rôle d’interface. De même il semble que la formation des décideurs soit à l’agenda de plusieurs agences/fonds. Une concertation s’impose.
Pour mieux réaliser le gender balance, les différentes agences/fonds pourraient se mettre ensemble pour identifier, comme indiqué plus haut, les réseaux et institutions où se trouvent des talents féminins, faire des présentations sur les emplois au sein du SNU et élargir ainsi le roster.
Certains thèmes pourraient faire l’objet de réflexions au sein du GT, et par la suite faire l’objet d’un programme opérationnel inter agences. Il s’agit de: (I) L’éducation familiale : pour que des changements profonds en matière de genre se réalisent, un travail doit être fait en direction des familles, entre autres sur la perception qu’elles ont de l’avenir de leurs fils et de leurs filles, sur leurs attentes et leurs comportements à l’égard des garçons et des filles; (II) La notion de chef de famille, en termes juridique, économique, sociologique etc. et ses implications dans les relations de genre et les droits des enfants; (III) La féminisation du VIH et les relations de genre.
Pour ces trois thèmes, et d’autres certainement encore, une analyse de la situation s’impose avant d’envisager un travail approfondi. Les outils à utiliser pour une analyse de genre pourraient également faire l’objet de réflexions communes au niveau des agences/fonds du SNU.



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