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Du vaccin antitétanique pour la protection des enfants !

Chaque jour dans un village ou une ville de l’Ituri à l’extrême Est de la République Démocratique du Congo, un enfant se blesse et risque d’être infecté par le tétanos. Gloire, un enfant de 9 ans, s’est blessé au pied gauche en marchant sur un clou rouillé. Emmené au centre de santé par ses parents pour recevoir des soins appropriés, l’infirmier ne lui a pas administré le vaccin antitétanique parce que le produit n’était pas disponible dans ce centre de santé. C’est une violation à un des droits de cet enfant !
                    
Gloire, un enfant résidant au quartier Bankoko dans la ville de Bunia chef-lieu du district de l’Ituri à l’extrême Est de la RDC près de la frontière avec l’Ouganda, a piétiné un clou rouillé au mois de mars 2011 quand il faisait sortir les poules du poulailler familial. Ses parents ayant eu peur que l’enfant ne soit infecté par le tétanos, l’ont immédiatement emmené au centre de santé Bankoko. A leur grande déception, Gloire n’a pas reçu de vaccin ! S’excusant pour l’indisponibilité du produit, l’infirmier l’a référé dans un grand hôpital en disant : « nous n’avons pas le vaccin antitétanique pour l’instant, mieux vaut l’amener à l’hôpital General de Bunia ». Ayant  été déçus par cette réponse dans cette structure  étatique, ses parents ne sont plus allés à l’hôpital comme il leur a été recommandé. Gloire risquait avec la non prise en charge de sa blessure d’être infectée par le tétanos.
Le tétanos est une maladie infectieuse aigue, grave et potentiellement mortelle qui entraine des contractures musculaires caractéristiques, des spasmes et des convulsions et éventuellement la mort.  A l’échelle mondiale, le tétanos cause environ 500 000 morts par an, presque tous   dans les pays en voie de développement comme la République Démocratique du Congo (RDC). Selon les statistiques, 1038 cas de tétanos ont été enregistrés en RDC avec 483 décès. La province Orientale a enregistré 225 cas avec 139 décès soit plus de 50% de la létalité. Cette situation est préoccupante car 21 Zones de santé sur 81 que compte la province Orientale sont à haut risque de tétanos
Dans le souci de préserver la vie de leur enfant, les parents de Gloire ont décidé eux-mêmes de procéder au traitement traditionnel fait des plantes et du sel en vue détruire les microbes et de cicatriser la plaie. Ce traitement a fait souffrir l’enfant car la plaie au lieu de se cicatriser rapidement, s’était aggravée en formant de pus. Grace à Dieu, la plaie a été cicatrisée par ce traitement qui a duré un mois et demi.
Pourquoi le centre de santé Bankoko, une formation médicale étatique sensée prendre en charge tous les cas qui s’y présentent, n’a pas pu soigner Gloire ? Selon le responsable de ce centre de santé, Bankoko est une institution étatique qui répond en toutes les normes régis par la zone de sante. Cependant, certains médicaments manquent tels que le vaccin parce que le centre n’est pas suffisamment appuyé par l’Etat et ses partenaires. Heureusement le projet  FED9 (Fond de l’Union Européenne pour le Développement) dans son programme d’appui multisectoriel aux structures de santé est venu en appui en vue de revitaliser les centres de santé comme CS Bankoko en produits pharmaceutiques. C’est ainsi qu’il était capable de prendre en charge des malades sans moyens financiers et même vulnérables en leur prescrivant des médicaments gratuitement.
Se justifiant sur la non prise en charge de Gloire par son infirmier, le responsable du zone de sante Bankoko déclaré : « selon notre déontologie, comme disait HYPOCRATE, avant tout la vie car elle est bien noble et sacrée ».Cette déclaration du responsable de centre de santé signifie que sa structure prend en charge toutes les personnes vulnérables dans le cadre social sauf le cas de la chirurgie, curetage car il fonctionne dans le cadre du paquet minimum. Cette stratégie est un ensemble d’activités essentielles pour la prise en charge primaire des malades et qui exclut entre autre les interventions chirurgicales. Le responsable du centre Bankoko a, cependant, regretté qu’il ait eu certaines ruptures d’approvisionnement des produits pharmaceutiques notamment le vaccin antitétanique.
Pour sa part le médecin chef de zone de Bunia dans laquelle se trouve le centre de sante Bankoko, Dr Clément Assani Abubakar, a  reconnu que « dans le semestre précédent cet incident, une rupture  d’approvisionnement en vaccin a été constatée au niveau de sa zone de santé » mais l’approvisionnement a été rétabli depuis lors, a-t-il rassure « pour le moment nous avons le vaccin antitétanique que nous donnons aux femmes enceintes c’est pour les protéger contre les dangers de cette maladie mais aussi pour l’enfant qui va naitre ». Il a saisi cette occasion pour remercier tous les partenaires du gouvernement notamment l’UNICEF et l’OMS qui les ont aidés à sauvegarder la vie des enfants de Bunia.
« Le vaccin Antitétanique (VAT2) est disponible en RDC » a déclaré l’Administrateur national de l’UNICEF chargé de l’immunisation, Bonny Kyandindi Sumaili. « Les efforts fournis par le Gouvernement appuyé par ses partenaires notamment l’UNICEF a permis de couvrir 62% de la population cible c’est-à-dire les femmes de 14 à 49 ans en âge de procréer. Dans la province Orientale 45% des bénéficiaires ont été vaccinées contre cette maladie infectieuse. En vue de poursuivre l’effort d’un accroissement de la couverture vaccinale, l’UNICEF a commandé des vaccins et des seringues pour couvrir les cinq prochains mois (octobre 2011 à février 2012) et qui sont attendus à la fin du mois de septembre 2011 » a-t-il conclu.
Quant au Dr Gabriel Mutangilwa, Administrateur chargé de la Survie à l’UNICEF/Bunia contacté par nos reporters, a confirmé l’appui apporté au Gouvernement par l’UNICEF notamment dans les centres de santé. « Nous appuyons non seulement pour l’approvisionnement en vaccins mais  aussi pour le transport et la conservation des produits pharmaceutiques dans le projet dit de revitalisation du système de santé et le projet d’urgence ». L’administrateur de l’UNICEF a également ajouté : « Nous ravitaillons le Gouvernement central,  par l’achat des vaccins, nous appuyons et intervenons auprès du partenaire avec les médicaments pour la prise en charge des malades mais nous agissons aussi dans le volet de la nutrition. »Il a aussi précisé : « le vaccin contre le tétanos pour les enfants de moins de 5 ans n’est pas spécifique, donc les mêmes vaccins antitétaniques donnes aux femmes enceintes peuvent également être donnés aux enfants de moins de 5 ans ».

Gloire ne serait-il arrivé dans ce centre de santé lors de cette période de carence évoqué par le médecin ? C’est le cas de le dire. Mais  son droit « de jouir du meilleur état de santé et de bénéficier de services médicaux… pour lequel l’Etat doit garantir qu’aucun enfant ne soit prive d’accès a ces services » (CDE art 24) n’a pas été assuré. Pour éviter de tels désagréments dans l’avenir, nous recommandons au Gouvernement de ravitailler régulièrement les Zones de santé pour que des cas comme celui de Gloire n’arrivent plus aux enfants compte tenu de l’ampleur de cette maladie infectieuse en République Démocratique du Congo. En cas d’infections au tétanos, le traitement est long et très couteux parce il exige : éradication des spores au niveau de la plaie, diminution de la production de la toxine, neutralisation de la toxine qui n’a pas encore pénétré le système nerveux, contrôle des spasmes musculaires et la prise en charge des complications consécutives.
L’enfant a droit à un meilleur état de santé et doit bénéficier des services médicaux appropriés. Gloire déclare : « je ne souhaite plus jamais me blesser. Car les blessures exposent des enfants comme moi à des contaminations telles que le tétanos ». En RDC, le vaccin est gratuit, les parents doivent emmener leurs enfants lors des campagnes vaccinales et même lors des vaccinations de routine.
L’Etat a l’obligation de mettre l’accent particulier sur les soins de santé primaires et préventifs, sur l’information de la population ainsi que la diminution de la mortalité infantile.

Histoire à caractère humain rédigée par les « Enfants Reporters » de Bunia :

 

 
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