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Eau potable pour le bien-être des enfants

Le problème d’approvisionnement en eau potable se pose avec acuité a la cité Canadienne. Au moins deux points d’eau pour une cité de plus de 8 000 âmes. La communauté de cette agglomération souhaite pour son bien être plus d’infrastructures de base, un meilleur accompagnement pour l’appropriation des pratiques familiales essentielles.
Casserole sur le feu, là dedans se trouve les feuilles de manioc que malaxe Marie VIMILIA septentenaire et  veuve. Elle est mère de huit enfants dont quatre sont en déplacement et les autres vivent du petit commerce des briques. « Ça fait plus de dix ans que mon mari est décédé. Je vis  chez mon 1er fils », déclare-t- elle .Entourée  par ces quatre petits fils dont l’âge varie entre un à trois ans, Marie réside à la « Cité canadienne », quartier situé au nord de la ville de Kisangani à la rive droite de la rivière Tshopo. A coté de sa maison construite en brique semi durable, se trouve deux gros trous gardant des flaques d’eaux stagnantes  et  des hautes herbes. « Je ne suis pas écouté par la jeunesse pour l’assainissement de la cite», regrette Célestin Alizulu, chef de « Cite canadienne ». Autour d’elle, bidons, sceaux, bassins  vides, assiettes et autres ustensiles sont éparpillées  à même le sol attirant les mouches.
 Dans une entité de  8000 habitants  ou  deux sources d’eau potable se situent à  trois kilomètres du quartier, l’eau n’est  pas desservie dans les ménages et Marie n’a pas la force d’y arriver vu son âge. « Ici l’eau est une denrée rare. Il arrive parfois que nous manquons d’eau à la maison et faisons recours  aux puits situés près de nous », confirme t- elle. Un ravin  glissant  d’au moins  trois mètres fait obstacle aux bénéficiaires. « C’est une eau propre mais vu la distance  et les  collines, je ne peux pas y aller, mes petits fils m’aident  en allant la puiser», déclare  Marie.
 La « Cité Canadienne », une nouvelle agglomération urbano-rurale située au nord  du centre-ville à la rive droite de la rivière Tshopo sur la route  Buta, s’étend sur  une superficie de 10 kms carré. «Le processus de l’électrification et de desserte d’eau par la Régie de distribution de l’eau (REGIDESO) est en cours », affirme plein d’espoir Célestin ALIZULU, chef de cité. Bien que  la qualité d’eau consommée soit potable, Marie regrette que   les habitants la polluent avec toutes les activités menées tout autour de la source. Les uns font la lessive et la vaisselle, tandis que les autres se baignent sur  la dalle  à côté. « Nous prenons  bain ici parce que  la source est loin de nos maisons », se défend Véronique KOMBA rencontrée en  route vers le point d’eau dont le passage n’est pas facile.
 Marie se préoccupe de plusieurs cas de malaria dont souffrent ses petits-enfants. « Il y a trop des moustiques a cause des parcelles  inhabitées, mais je ne dispose que d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide pour ma maison de quatre chambres », déplore t- elle. En effet, les moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées en décembre 2009 par le gouvernement congolais avec l’appui de l’UNICEF à tous les ménages de la province Orientale sont actuellement hors d’usage.
Au centre de santé Maria Malkia, l’unique institution sanitaire que compte cette entité, sur 1000 malades enregistrés au début de cette année  80% souffrent de la malaria, plus de 60% viennent en consultation pour des maladies d’origine hydrique. « Ils consomment de l’eau impropre, non bouillie », appuie  Annie LOLE  infirmière au centre de santé  Malkia de l’archidiocèse de Kisangani.  Annie se rappelle du cas récent  du décès d’un enfant d’une année qui a souffert de la diarrhée, due   à la négligence de ses parents qui n’ont pas eu le réflexe de l’amener à temps au centre de santé.  Plus portes sur des pratiques fétichistes, les parents de cette enfant se sont rendus au centre de santé  qu’a la dernière minute au moment où l’enfant agonisait déjà ! C’était trop tard, l’infirmière n’a constaté que le décès. Elle ne pouvait rien faire malgré sa bonne volonté.
Devant de telles pratiques très répandues dans cette cité, l’infirmière sollicite l’appui de l’UNICEF pour que les animateurs communautaires fassent la promotion des bonnes pratiques familiales essentielles dans les ménages et que les capacités des professionnels de santé soient renforcées sur la prise en charge correcte des cas dans le centre de santé. Annie LOLE a aussi demandé à l’UNICEF d’approvisionner ce centre en médicaments appropriés et efficaces. 
Vimilia est heureuse de vivre  avec ses petits fils dans ce quartier si calme. Elle estime que ses petits-fils pourront mieux grandir et être en bonne santé si les conditions d’assainissement sont réunies et les infrastructures de base sont mises en place en faveur des habitants de cette cite. Elle souhaite que l’Unicef puisse distribuer à nouveau des moustiquaires et réaménager d’autres sources d’eaux pour une survie meilleure.

Histoire à caractère humain rédigée par les membres du RJAE (Réseau des Journalistes Amis des Enfants)/Kisangani : Alfred NGWANZA, Hortense BASEA, Maguy LIBEBELE

 

 
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