Campagne de sensibilisation et de protection des enfants accusés de sorcellerie au Katanga.
Lubumbashi, le 22 juin 2009-La Ministre du Genre, Famille et Enfant, Mme Thérèse LUKENGE, a procédé le 17 juin 2009 au lancement de la campagne d’information, de sensibilisation et de plaidoyer sur le phénomène des enfants accusés de sorcellerie et à l’ouverture du colloque religieux sur la création des mécanismes communautaires de prévention et d’alerte sur les violations graves des droits de ces enfants . Cette campagne est organisée par le Programme Chrétien pour la Promotion des Droits des Enfants, PCPDE, en collaboration avec la section protection du Bureau UNICEF Lubumbashi Zone Sud et VODACOM/Lubumbashi. Le slogan choisi pour cette campagne est : «C’est pas sorcier de protéger un enfant ». Comme pour dire, « Ce n’est pas si difficile de protéger un enfant". En effet, selon une enquête menée par le PCPDE en 2007, plus de 50 % des enfants en rupture familiale et vivant dans la rue sont accusés de sorcellerie au Katanga. Dans la plupart des cas, ces persécutions sont souvent encouragées par certaines Églises et pasteurs, qui désignent l’enfant comme porteur de pouvoir démoniaque et en font une victime expiatoire. Cette vaste campagne se déroulera pendant deux mois et contribuera à la promotion et à la protection des droits des enfants accusés de sorcellerie et ce, par une approche basée sur la prévention auprès des responsables religieux, le plaidoyer auprès des Autorités Politico-Administratives (APA) et de l’Assemblée Provinciale (A.P.) du Katanga. Plusieurs activités seront menées durant cette période, notamment des colloques, des séances d’information et de plaidoyer à l’intention des députés provinciaux, des vidéo forums dans des quartiers populaires et des émissions radiotélévisées. A l’issue du colloque religieux sur la création des mécanismes communautaires de prévention et d’alerte sur les violations graves des droits des enfants accusés de sorcellerie, les responsables religieux, ont pris un engagement ferme : Celui de promouvoir les droits de l’enfant et surtout de s’impliquer dans les médiations et réinsertions des enfants accusés de sorcellerie. C’est ainsi que le Chef de Bureau de l’UNICEF Lubumbashi Zone Sud, M. Roger BOTRALAHY, a insisté lors de la clôture du colloque sur le fait que le plus important pour l’UNICEF est que les décisions et recommandations prises lors de ces assises, soient respectées et appliquées afin que les enfants du Katanga jouissent d’un avenir meilleur. Il a en outre rappelé que les églises ne sont pas les seules responsables de ce fléau. Quant à la Ministre du Genre, Famille et Enfant, elle a lancé un appel aux parents et à toute la communauté afin qu’ils reprennent leurs responsabilités et qu’ils évitent d’abandonner les enfants dans la rue, sous prétexte, qu’ils ont été accusés de sorcellerie. Par ailleurs, elle a reconnu que l’Etat aussi, a une grande responsabilité : celle de prendre des mesures préventives pour endiguer ce phénomène et faire respecter la loi en la matière, et notamment la loi portant protection de l’Enfant, promulguée en Janvier 2009 , qui stipule en son article 160 : «Quiconque impute méchamment et publiquement à un enfant un fait précis qui est de nature à porter atteinte à son honneur et à sa dignité est puni de deux à douze mois de servitude pénale principale et d’une amende de deux cent mille à six cent mille francs congolais ». Notons que VODACOM/Lubumbashi, qui était partie prenante de l’activité a offert des cadeaux aux enfants accusés de sorcellerie.
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