Discours

atelier national sur LES FRAIS scolaires au primaire : Kinshasa, le 24 avril 2007

C’est pour moi un agréable plaisir de prendre la parole, à la cérémonie d'ouverture de cette importante rencontre qui va se pencher sur les frais scolaires au cycle primaire en RDC. Qu’il me soit permis d’exprimer d'abord mes vifs remerciements à vous, Madame la Première Dame, pour l’intérêt que vous manifestez aux questions des enfants. Je crois savoir que l’éducation des enfants est une des priorités de la « Grande Alliance » pour la survie, le développement de l’enfant que vous êtes en train de mettre en place.   Votre présence parmi nous aujourd’hui illustre, une fois encore, la place importante que le Peuple et le Gouvernement de la RDC accordent aux enfants. Je vous en suis reconnaissant.

Distingués invités,

La Constitution Congolaise inscrit dans ses dispositions, la gratuité de l’éducation. Le Document de Stratégies et de Croissance pour le Réduction de la Pauvreté l’affirme également.  Ce faisant, la RDC établit le cadre législatif et politique pour promouvoir l’un des objectifs majeurs poursuivis par la Convention Relative aux droits de l’Enfant et les Objectifs du Millénaire pour le Développement : à savoir, assurer l’accès à une éducation de qualité à chaque enfant, sans discrimination aucune.  Aujourd’hui les différents rapports nous montrent que la moitié des enfants congolais - plus de 4 millions – qui sont en âge d’aller à l’école, n’y vont pas.   Les causes sont de diverses natures. Les infrastructures scolaires devant les accueillir ont été détruites durant des années de conflits ; le peu qui existe et qui fonctionne tant bien que mal, n’assure pas un environnement propice d’apprentissage. Les matériels didactiques sont insuffisants. Les personnels enseignants n’ont été ni renouvelés ni recyclés.  Le contenu des enseignements n’est pas adapté aux préoccupations des familles.  Les contraintes évoquées constituent une entrave sérieuse à l’accès à l’éducation de millions d’enfants congolais. Actuellement, le taux d’admission en 1ere année primaire est très faible au regard de l’objectif visant un accès universel à l’éducation de base.

Mesdames et messieurs,

Même si les dispositions nationales, reconnaissent le caractère obligatoire de l’enseignement primaire, dans la pratique, le coût de scolarisation est aujourd’hui quasi totalement pris en charge par les parents.  Les familles qui s’efforcent à inscrire et garder leurs enfants à l’école sont elles-mêmes, confrontées à des difficultés matérielles et financières.   De ce fait, nos pouvons supposer que les enfants des familles les plus pauvres sont exclus du système éducatif.  Souvent laissés à eux-mêmes ; les enfants qui ne fréquentent pas l’école sont recrutés ou incorporés par la force dans les bandes armées où ils subissent la tragédie du viol.  Ils font l’objet de trafic et travaillent dans des conditions inhumaines, ou sont victimes d’exploitation sexuelle.

L’importance, la place l’éducation pour le décollage d’un pays ne sont plus à démontrer.  Malgré le défi que pose la réduction des frais scolaires, elle constitue pour nous à l’UNICEF et les autres partenaires, une question d’ordre stratégique :

Ø       Elle facilitera la réalisation des droits des enfants à l’éducation ;

Ø       Eliminer complètement les frais scolaires permettra de résoudre également un grand obstacle à l’accès des enfants vulnérables à l’éducation.

Ø       Nous sommes persuadés que l’allégement de la charge pour les parents - si on arrive à éliminer les frais scolaires - constituera une mesure de réduction de pauvreté des parents.

Ø       L’école elle-même est un endroit protecteur pour les enfants qui autrement sont exposés à des abus et à différentes formes d’exploitation dans les rues et ailleurs. La réduction et pourquoi pas l’élimination des frais scolaires contribuera ainsi à la prévention des fléaux des temps modernes : analphabétisme, malnutrition, grossesses précoces, IST, VIH/SIDA, et j’en passe.

L’UNICEF depuis 45 ans s’investit en RDC dans le développement harmonieux des enfants et adolescents.  Son souhait intime est de voir tous les enfants Congolais aller à l’école, bénéficiant d’une éducation, de soins de santé de qualité, d’une plus grande protection contre les abus et violences, de loisirs et de repos.

Pourtant, je serai parmi les premiers à avouer qu’alléger ce lourd fardeau que constitue la charge l’éducation des enfants pour les parents, ne sera pas du tout une tache facile. Dans un contexte où le budget national alloué à l‘éducation est insuffisant, nos réflexions doivent porter entre autres sur :

Ø       Comment assurer une augmentation progressive du budget de l’état et un contrôle efficace des dépenses dans le secteur?;

Ø       Quel mécanisme développer pour s’assurer que le budget alloué arrive aux niveaux et à ceux pour lesquels l’allocation est faite ?;

Ø       Les reformes qui sont nécessaires et qui touchent aux questions relatives au paiement des enseignants – l’élimination des noms des personnes fictives avant même de passer à la grille de salaires.

Ø       Le rôle que doit jouer les apports internationaux et l’aide au développement.

Ailleurs, les efforts allant dans le sens de l’abolition des frais scolaires et la gestion saine des ressources issues des remises de dettes, en vue de les orienter vers les secteurs sociaux de base, ont eu un impact positif certain sur la promotion et le développement de l’éducation et celle des filles en particulier et sur le bien être des populations en général.  Ceci a été prouvé dans des pays Africains comme le Kenya et la Tanzanie.

·         Madame la Première Dame,

·         Distingués invités,

L’enjeu est de taille et les défis nombreux, complexes. La question interpelle la conscience collective nationale, internationale et commande des réponses pragmatiques.  Raison pour laquelle je reconnais - et je salue d’ailleurs – la présence de l’USAID, de DFID, de la Banque Mondiale, des représentants des réseaux - gestionnaires des écoles, de la société civile et  des ONGs parmi nous. Tous vous, avez répondu à l’invitation de l’EPSP à participer à ce dialogue national important sur les frais scolaires. 

Ensemble, déterminés, dans un partenariat dynamique et soutenu, nous pouvons relever ce défi d’assurer un accès universel à tous les enfants Congolais.  Pour sa part, l’UNICEF vous rassure, d’ores et déjà, que il accordera un vif intérêt aux conclusions de vos travaux et à la mise en œuvre conjointe des propositions que vous ferez.

Au nom de l’UNICEF, je souhaite plein succès à vos travaux.

Je vous remercie.

 

 

 

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