Histoires Vecues

Ecole amie des enfants

 

Ecole amie des enfants

© UNICEF/Djibouti/Pirozzi/0098

Ecole amie des enfants

Dans le cadre de l’Initiative « école amie des enfants » une commission visite les écoles du pays afin d’évaluer les écoles sur des critères précis notamment sur la scolarisation des filles. La commission observe l’environnement scolaire, rencontre les directeurs d’écoles, des élèves, des enseignants et des parents d’élèves. Lors de ces rencontres, sont abordés des thèmes qui sont axés sur la scolarisation des enfants et en particulier des filles, et plus spécifiquement ce qui est fait ou à faire pour rendre l’environnement scolaire « amie des enfants ».

 

En 2005, 2 cas ont retenu l’attention de la commission.

Nagad est un petit village situé environ à 3 km de la capitale. Ce village possède une école primaire de 3 salles de classe. Le nombre des élèves fréquentant l’école est de 91 dont 41 filles. Les classes sont au nombre de 4 dont 2 multigrades. Un cantinier leur prépare le repas de midi. M. Omar est un militaire à la retraite, marié et père de 4 enfants en âge scolaire dont une fille, Saada. Omar nous apprend qu’il n’existe pas un problème de scolarisation des enfants dans son village. Il affirme que tous ses enfants sont scolarisés mais hésite et dit qu’à l’exception de sa fille, les 3 garçons vont à l’école. Saada aide sa mère dans les travaux domestiques. Les membres de la commission sont choqués et ne comprennent pas qu’à 3 km de la capitale, le cantinier de l’école ne puisse pas scolariser sa fille. Il fait la cuisine pour les enfants de l’école et laisse sa femme et sa fille faire la cuisine à la maison. Saada regarde ses frères et les autres enfants du village aller à l’école tous les matins. Bien sûr, elle aimerait aller aussi et a supplié son père de l’y amener. Il est resté insensible et pense que sa fille est utile dans le foyer parce qu’il pense qu’elle sera élevée par sa mère dans la tradition et sera bien préparée pour son mariage. Mme Aicha, membre de la commission lui a fait la remarque que ses garçons et lui même peuvent également aider la mère puisque son travail consiste à faire la cuisine, servir les élèves et laver les ustensiles de cuisine. Depuis la crise des années 90, les temps ont changé et la majorité des hommes préfère, de plus en plus maintenant se marier avec des femmes possédant un travail rémunéré qui leur permette de soutenir la famille mais aussi aider financièrement les parents. M. Omar a promis qu’il va étudier la question à la lumière des nouvelles informations.

Quartier 6 est l’un des quartiers populaires de la capitale et dispose de 2 écoles primaires, l’école quartier 6 et l’école quartier 6bis avec respectivement 1048 élèves (dont 47% de fille) et 481 élèves (dont 44% de fille). L’école quartier 6 est une vieille école. Elle a été rénovée et est dirigée par un jeune directeur dynamique. Lors des discussions sur la scolarisation et la rétention des filles, il nous parle du cas d’une jeune fille de la classe de 6ème année, Fardoussa qui venait d’être retirée de l’école par sa mère. Fardoussa a 12 ans et est la cadette d’une famille de 5 enfants. Son père est gardien d’une société de la place et ne gagne pas assez pour faire vivre correctement sa famille. Sa mère s’occupe du ménage et sa fille l’aide autant qu’elle peut. Après le 1er trimestre, le directeur a convoqué les parents des enfants en difficulté des élèves de 6ème année puisqu’il s’agit de la classe d’examen. Il dit à la mère de Fardoussa que sa fille a des difficultés en classe, ne fait pas souvent ses devoirs à la maison et que par conséquent elle risque d’échouer aux examens si elle n’améliore pas. La mère décide sur place de retirer sa fille de l’école en disant : « puisqu’elle ne travaille pas à l’école, elle va m’aider dans la maison ». Fardoussa n’est plus retournée à l’école malgré son envie d’apprendre. Elle apprend à ses dépends que la fille n’a pas autant de chance que le garçon. Elle se souvient de son grand frère qui a redoublé 2 fois dans le primaire et que les parents ont tout fait, jusqu’à lui payer des cours de soutien, pour qu’il réussisse aux examens. Fardoussa est partie augmenter le nombre de femmes analphabètes déjà assez important dans le quartier en particulier et dans le pays en général.

 

 

 

 
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