L'éducation informelle des enfants ivoiriens dans les communautés
Par Sacha Westerbeek and Thomas Nybo Dans ce pays ravagé par la guerre, près d'un million d'enfants ne vont pas en classe - ce qui explique en partie un taux d'alphabétisation qui dépasse à peine 50 pour cent. Il y a trois ans, une organisation non gouvernementale locale, ARK, aidée par l'UNICEF, a proposé une alternative aux parents. Au lieu d'avoir le choix entre l'école et les travaux agricoles, les enfants ont l'occasion d'aller en classe tout en s'occupant des cultures ou en soignant les bêtes. Les garçons passent une heure dans les champs le matin et plusieurs autres en fin d'après-midi. Dans l'intervalle, ils vont en classe. Aux périodes où l'activité agricole est intense - notamment lorsque Waodjanga et Kadokan doivent marcher des journées entières pour nourrir les bêtes - ils vont moins souvent à l'école. Lorsque l'activité agricole est ralentie, ils sont en mesure de se consacrer presqu'à temps complet au travail scolaire. « Je vais pouvoir partager avec ma famille ce que j'apprends à l'école », dit Waodjanga. « Je peux communiquer ce qui m'a été enseigné à ceux qui n'ont pas pu aller à l'école. Cela va aussi m'aider à trouver du travail ». Kassoum Coulibaly N'Djanbile, qui fait partie de l'équipe d'ARK, affirme que les retombées bénéfiques de cette éducation sont visibles partout dans le village. « Ici, l'éducation change vraiment la vie quotidienne », dit-il. « Grâce à cette formule d'éducation pratiquée ici, dans le village, les enfants apprennent à lire et à écrire afin de communiquer - non seulement pour s'exprimer et acquérir des connaissances, mais pour lire des lettres et s'occuper de questions d'argent et des comptes ». Le programme d'éducation informelle de Konovohogho correspond à une ferme conviction de l'UNICEF : une éducation de qualité est un droit de l'homme fondamental. La protection de ce droit exige souvent de penser de façon novatrice en s'appuyant sur les traditions et les cultures locales et non en s'y opposant.
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