Leurs histoires

LEURS HISTOIRES

 

Rapprocher les communautés des hôpitaux, améliorer la qualité des soins de santé

© UNICEF Côte d'Ivoire/2007/Kouassi
Olivier l’infirmier examine la fillette d’Eugénie

Par Parfait Kouassi

BOUNA, Côte d'Ivoire, mai 2007 - L’accès aux soins de santé essentiels est redevenu possible dans plusieurs villages aux alentours de Bouna, ville du nord de la Côte d’Ivoire, suite à la réhabilitation et l’équipement par l’UNICEF des centres de santé tombés en ruine pendant la guerre. Aujourd’hui, l’UNICEF tente de gagner le double défi de la qualité des soins et du relèvement du taux de fréquentation des hôpitaux dans cette région de la Côte d’Ivoire.

Hien Eugénie, 32 ans, présentait anxieusement sa fillette de six mois à l’infirmier. Cette mère désemparée a fait une heure de route depuis son village de Woulidouo pour rallier le dispensaire de Niandegué, un village situé à 12km à l’Est de Bouna.
« C’est une vraie aubaine d’avoir ce dispensaire à quelques pas de mon village. Il y a deux ans, je marchais encore 20 kilomètres pour me rendre à l’hôpital de Bouna », gémissait-elle.

La réhabilitation du dispensaire de Niandegué par l’UNICEF a de nouveau rapproché les 7700 habitants de ce village et des localités voisines de ce dispensaire. C’est le seul centre de soins des environs et la guerre déclenchée en septembre 2002 l’avait détruit, chassant par la même les fonctionnaires qui y travaillaient. Au total, on a enregistré dans le centre, le nord et l’ouest du pays (Zone CNO) le départ de près de 80% du personnel de santé, la fermeture et la destruction de près de 60% des 575 centres de santé.

Dès que  les conditions minimales de sécurité étaient assurées, l’UNICEF a progressivement mis en place avec le financement de l’Union Européenne des activités qui ont aboutit à la re-ouverture, en zone CNO (ex zones assiégées) de 89 % des centres et maternités qui fonctionnaient avant la guerre. En 2007 donc, au moins 511 centres de santé ont été réhabilités, facilitant ainsi aux populations l’accès aux soins de santé.

« Avant la réouverture de ce dispensaire, beaucoup d’enfants ont perdu la vie dans ces villages », expliquait Eugénie, tout en interrogeant du regard l’infirmier qui examine sa fillette.
« L’enfant souffre d’un accès palustre, une maladie très fréquente ici », annonce Olivier Yapi, l’infirmier du village, avant de rassurer la mère tourmentée.

Grâce aux antipaludéens, antibiotiques et antipyrétiques que lui a fourni l’UNICEF, cet infirmier fonctionnaire de l’Etat est devenu, avec son aide soignant, l’homme providentiel, le sauveur de vies dans le village.

Fraîchement sorti de l’école, Olivier met à profit les formations dont il a récemment bénéficié de l’UNICEF, pour donner des soins de qualité aux malades, notamment en consultation prénatale, vaccination de routine, supplémentation en vitamine A et en déparasitage. Cependant, il reste perplexe devant le taux de fréquentation du dispensaire toujours aussi faible (12%).
Pour faire face à ce problème dans une région où la plupart des femmes cultivent entre autres raisons un complexe vis-à-vis des infirmiers et choisissent d’accoucher à la maison,  l’UNICEF forme et met en place des Agents de Santé Communautaires (ASC) dans les villages.

A 30 km au Nord de Bouna, dans le village de Bouko, l’impact du travail des ASC est palpable. Ouattara Djata, une ménagère de 27 ans, se réjouit de l’expérience qu’elle en a faite.
« Quand ils ont vu que j’allais enfanter à la maison, les ASC sont venus me chercher à moto et m’ont emmenée à la maternité du village », explique t-elle.
Depuis ce jour, Djata assure qu’elle n’a pas manqué de conseils. « Ils m’ont demandé de ne nourrir mon bébé qu’au sein et de ne pas lui donner de l’eau avant six mois », raconte t-elle.
Grâce à leurs conseils, Djata a répondu présente à tous les rendez-vous de vaccinations.

Après leur formation, les trois ASC issus de Bouko se sont dispersés dans le village, chacun encadrant les ménages de son secteur.
Ouattara Mariam, l’ASC qui conseille Djata, lui rend des visites régulières et s’assure que les conseils d’hygiène et de santé sont appliqués.
« Je lui enseigne les pratiques familiales essentielles pour consolider et améliorer la santé de sa famille », déclare Mariam.

«Une ASC doit être disponible et rigoureuse ; car l’ignorance et la négligence sont la cause de nombreuses maladies dans les villages », indique t-  elle, avant d’enfourcher la bicyclette que lui a offert l’UNICEF, pour aller rendre visite à d’autres ménages.

© UNICEF Côte d'Ivoire/2007/Kouassi
Mariam, une ASC en visite chez Djata

 

 
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