Faire baisser la fièvre du paludisme
Par Parfait Kouassi BOUAKE, Côte d'Ivoire, mai 2007 - Le paludisme est la première cause de mortalité des enfants en Côte d’Ivoire. Dans le village d’Angouayaokro, à 30 Km à l’ouest de Bouaké, au centre du pays, le paludisme reste depuis de longues années la raison principale pour consultation. Ce matin, une trentaine de femmes venues des villages alentours attendent d’être reçues en consultation prénatale. Dans cette localité où près de 8000 personnes sont tombées malades du paludisme en 2006, c’est à travers ces femmes enceintes que Assoua, l’infirmier du village tente de réduire les ravages du paludisme. « De mars 2007 à avril 2007, le taux des consultations liées au paludisme a baissé de 10%», explique avec un brin de satisfaction, Assoua Kouadio, l’infirmier du village qui à l’instar de l’UNICEF (dans son programme de santé) a déclaré la guerre à cette maladie. Dans le cadre de la prévention contre le paludisme, l’UNICEF, avec le financement du Gouvernement Japonais, a mis à la disposition des centres de santé 326 000 moustiquaires imprégnées. Ce moyen de protection contre la piqûre de l’anophèle, vecteur du paludisme, est systématiquement offert lors des consultations aux enfants de moins de 5 ans et à chaque femme enceinte, à l’occasion de sa première consultation prénatale. « Ceci est une moustiquaire. Il faut l’accrocher au dessus de ta couchette et dormir en dessous avec l’enfant », explique Assoua à Madame Amani Ndri, la mère d’un petit garçon d’un an et porteuse d’une grossesse de 20 semaines. L’infirmier explique à cette femme venue en consultation prénatale que le paludisme est une menace pour sa grossesse. « Je passerai pour vérifier si tu l’utilises chez toi ! », prévient-il en lui remettant la moustiquaire imprégnée. L’UNICEF a également fourni aux centres de santé des kits médicaux, comprenant divers médicaments dont des antipaludéens. Pour rendre la lutte plus efficace, l’UNICEF a aussi inclus dans la formation des agents de santé, des modules relatifs à la prévention et au traitement du paludisme. Les Agents de Santé Communautaire (ASC) ainsi formés sont directement impliqués dans la lutte contre le paludisme. Clémentine Koffi, une mère de six enfants, habitant à Angouayaokro se réjouit des bienfaits de cette approche préventive de la lutte contre le paludisme. « Mes enfants étaient fréquemment malades du paludisme. Aujourd’hui, ils sont tous bien portants », affirme t-elle. Jeanne Yobouet, une mère de deux enfants habitant dans la cour voisine de celle de Clémentine, quant à elle, après plusieurs jours d’hésitation, est déterminée à utiliser la moustiquaire qui lui a été offerte. «Je sais que j’ai mal fait », confesse t-elle en expliquant que sa fillette de 2 ans était tombée malade faute d’avoir utilisé la moustiquaire. Pour la soigner « je lui avais fait prendre des médicaments achetés chez une vendeuse ambulante, mais elle est restée malade », raconte t-elle. Grâce aux conseils de Victorine N’guessan, une ASC du village, la mère a emmené l’enfant au dispensaire. « Après avoir pris les médicaments du dispensaire, ma fille est à présent guérie », dit Jeanne qui maintenant a installé sa moustiquaire et entend l’utiliser rigoureusement.
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