Pour une grossesse sans risque, une fille-mère bénéficie de soins médicaux et d’une moustiquaire
Par Alexandra Westerbeek BOUAKÉ, Côte d’Ivoire, le 19 octobre 2006 – « Si vous commencez le processus, vous devez le terminer. Personne d’autre ne doit le regarder ni le remuer pour vous. Cela vous jettera un mauvais sort et le savon sera gâté, » explique Mariame Diabagate, 17 ans, en remuant le miel, le citron, l’huile de coco, les carottes, la terre verte et d’autres ingrédients dans une grande marmite. Mariame habite à Dar Es Salaam – un quartier de Bouaké, la deuxième grande ville de Côte d’Ivoire – avec son mari, leur fils âgé de deux ans et divers membres de sa belle famille. Ils partagent une cour commune avec deux autres familles. L’électricité a été coupée parce qu’ils n’arrivent pas à payer les factures. Adama Kone, le mari de Mariame, est un employé militaire âgé de 21 ans, qui travaille à une distance de trois heures de chez lui. Il assure le revenu de toute la famille. Avec ce qu’il gagne, ils paient environ 30$ de loyer pour les chambres qu’ils occupent dans la cour commune. Clinique de santé modèle Enceinte de cinq mois de son deuxième enfant, Mariame a l’air radieux mais fatigué. Elle souffre encore de paludisme. La Maternité de Koko lui a offert une moustiquaire il y a trois jours lorsqu’elle est partie pour sa visite prénatale de routine. Toutes les patientes prénatales de la clinique sont totalement immunisées et reçoivent des moustiquaires. L’infirmière qui l’a examinée était ravie de constater que sa grossesse se passait bien, mais elle était préoccupée par l’impact possible du paludisme sur le développement du bébé qu’elle porte. UNICEF, avec un financement de l’union européenne, vient de terminer la réhabilitation de la clinique de Koko. Avec du personnel formé, les équipements de vaccination, les médicaments et les fournitures médicales, la clinique est désormais un excellent exemple de la manière dont les services intégrés sont fournis aux femmes enceintes, aux bébés et aux jeunes enfants. « Tous les services dont j’ai besoin » Bien que la moustiquaire soit venue trop tard pour protéger Mariame contre la maladie cette fois-ci, elle a reçu une ordonnance pour traiter la maladie. Quand Mariame a de l’argent, elle retourne à la pharmacie de la clinique – qui fournit des médicaments au prix coûtant – pour acheter le traitement contre le paludisme. « J’aime la clinique de Koko. C’est un peu loin de chez-moi, mais je préfère aller là-bas. Tous les services dont j’ai besoin y sont disponibles,” remarque Mariame tout en remplissant les pots avec du savon. Le pot de savon vaut 60$, ce qui représente un bénéfice maximum de 30$. Il faudra normalement un mois pour vendre le pot entier. « J’espère que nous pourrons en vendre dans les deux jours pour que je puisse retourner chercher mes médicaments à la clinique », dit Mariame. Elle espère aussi que c’est la dernière fois qu’elle aura le paludisme. « A la clinique, ils ont expliqué pourquoi il est important d’utiliser la moustiquaire et comment l’utiliser correctement, » poursuit-elle. « Ils m’ont parlé du rapport entre le paludisme et les moustiques, et les dangers pour moi et pour mon enfant. Je veux rester en bonne santé, et j’espère que la moustiquaire aidera. »
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