Le manque de moyens financiers est toujours un frein à la scolarisation des enfants
Abidjan, le 24 octobre 2011 - Alors que 2,5 millions d’élèves du primaire reprennent officiellement le chemin de l’école ce 24 octobre, l’UNICEF demeure préoccupé par l’impact durable de la crise postélectorale sur l’éducation primaire en Côte d’Ivoire. Selon une enquête menée début octobre par l’UNICEF et ses partenaires, plus de la moitié des parents ne sont toujours surs d’être en mesure de scolariser leurs enfants cette année. « La scolarisation des enfants n’était déjà pas facile pour les familles pauvres avant la crise on peut imaginer que la détérioration des conditions de vie au cours des derniers mois rendra encore plus difficile le retour à l’école pour les enfants et notamment ceux des ménages les plus pauvres » a expliqué Hervé Ludovic de Lys, Représentant de l’UNICEF en Côte d’Ivoire. « L’engagement fort du gouvernement d’assurer la gratuité de l’école est certes un geste dans la bonne direction, mais il faut aussi s’assurer que les charges familiales de scolarisation ne soient pas alourdies par des frais connexes tels que les fournitures scolaires, les repas scolaires et les uniformes qui pourraient constituer des barrières à l’entrée et/ou au maintien des enfants à l’école.» Selon l’enquête menée, le manque de moyens financiers des familles est l’obstacle majeur qui empêche la scolarisation des enfants et en particulier les filles qui sont les premières à être affectées lorsque des choix financiers doivent être faits par les chefs de famille. La capacité des familles à prendre en charge l’éducation de leurs enfants a été notamment affectée par l’affaiblissement des moyens de subsistance dans certaines régions, les pertes en vies humaines au sein de certaines familles directement touchées par les violences, ou simplement l’appauvrissement général des communautés après 10 années de tension socio-politiques.
La crise postélectorale a aussi profondément affecté le système éducatif ivoirien et plus d’un million d’enfants inscrits ont connu une scolarité interrompue durant l’année scolaire 2010-2011. Les écoles ont été fermées pendant plusieurs mois sur l’ensemble du territoire, de nombreux cas d’attaques (destructions, pillages, occupation par des forces et groupes armés, etc.) ont été enregistrés, certains enseignants et élèves ont fui leur région d’origine pour chercher refuge ailleurs en Côte d’Ivoire ou dans les pays voisins, etc. Bien que la situation politique et sécuritaire se soit normalisée sur la majeure partie du territoire, de nombreux défis restent à surmonter pour permettre à tous les enfants d’aller à l’école. L’UNICEF a lancé avec le Ministère de l’Education Nationale une campagne pour le retour et le maintien des enfants à l’école cette année qui vise près d’un million d’élèves. Près d’un demi-million de sacs scolaires sont en cours de distribution, des enseignants sont formés en soutien psychosocial et des travaux de réhabilitation rapide sont menés sur les écoles les plus endommagées. L’UNICEF encourage aussi les autres partenaires à œuvrer pour assurer l’accès de tous les enfants, filles et garçons, a une éducation de qualité. Des activités comme les cantines scolaires ou des campagnes d’information dans les médias locaux ont démontré qu’elles pouvaient favoriser la scolarisation des enfants de façon significative. **** A propos de l’UNICEF
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