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COMMUNIQUE DE PRESSE

DECLARATION OFFICIELLE

 

Formation des Magistrats et des Forces de Defense et de Securite sur la Prise en charge Juridique des Violences Sexuelles

Madame la Directrice de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse,
Monsieur le Chef de la Section Genre de l’ONUCI,
Mesdames et Messieurs les Magistrats,
Mesdames et Messieurs les membres des Forces de Défense et de Sécurité
Honorables invités, chers partenaires des medias
Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous retrouve aujourd’hui, à l’occasion de l’ouverture de la première formation sur la prévention et la prise en charge juridique et judiciaire des violences sexuelles.

Cette formation, organisée par la Direction de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse en partenariat avec  l’UNICEF a pour objectif de former 120 points focaux des FDS et magistrats.
Aujourd’hui, cette formation se déroule à Abidjan, et elle va s’étendre sur les villes de Yamoussoukro et Guiglo pour s’assurer que toutes les zones d’intervention de l’UNICEF choisies pour cet projet soient touchées.

Je profite de cette journée pour souligner que les violences sexuelles contre les femmes et les filles - mais aussi les garçons et les hommes- ne reculent pas, quelque soit le continent, le pays et la culture.

En Côte d’Ivoire, chaque jour des filles et des femmes sont victimes de viol.  Essayez d’imaginez que ces filles et ces femmes pourraient être les vôtres.

Pendant presque tous les conflits, comme celui que la Côte d’Ivoire a vécu, le viol est utilisé comme une tactique de guerre, un facteur d'humiliation et d’annulation du corps et de l’âme  des femmes.

Cependant, le viol n’est pas uniquement lié au conflit.
Même hors des affrontements, les femmes continuent toujours d’en souffrir, à la maison, à l’école, au travail, dans la rue et aux barrages routiers.

Les causes sont nombreuses, on dénombre entre autres :

  • Une conception trompée de la sexualité et des relations femme - homme;
  • Une banalisation de l’acte de viol dans la société ;
  • Une impunité juridique et sociale des auteurs.

Et les conséquences aussi sont néfastes pour la victime d’un viol :

  1. Au plan physique  : Elles peuvent faire face à une grossesse non désirée, à des déchirures et/ou infections internes.
    Elles peuvent aussi être affectées par le VIH SIDA et autres maladies sexuellement transmissibles ;
  2. Au plan psychologique : les victimes courent des risques grandissants de voir apparaître des symptômes tels que : la sensation d’être coupable, la honte, la peur, la nervosité, l’anxiété, les cauchemars. On peut aller même jusqu’à une exclusion sociale, les tentatives de suicide et des troubles sur le plan sexuel.

Face à tout cela, la première réaction de l’Etat est de prévenir ; la prévention passe par l’application des lois de l’Etat  et donc par des actions correctes des forces de défense et de sécurité.  

Vous conviendrez donc avec moi qu’il est important de travailler ensemble, vous, le gouvernement, la société civile et nous en appui, pour une transformation de la vision actuelle des relations entre les femmes et les hommes, pour mettre fin à l’impunité face à cette situation et pour rendre justice aux victimes.

Madame la Directrice, il me serait difficile de continuer mon propos sans reconnaître les efforts consentis par le Gouvernement en adoptant une politique nationale en matière du genre et de la protection de ses populations.
Des efforts sont en cours mais la situation impose une volonté et des actions encore plus concrètes du Gouvernement de Côte d’Ivoire à assurer la lutte contre toutes les formes de discriminations et violence à l’égard des femmes.

C’est donc l’occasion de s’interroger sur le cadre institutionnel mis à la disposition des femmes pour protéger et revendiquer leurs Droits.
Faisons-nous assez pour permettre aux femmes de connaître leurs Droits et d’en jouir ?
Leur donnons-nous suffisamment de moyens pour les aider à protéger et revendiquer leurs Droits ?
Les femmes peuvent-elles dénoncer les violences et abus dont elles sont victimes et se faire entendre ?    

Il s’agit là d’autant de questions auxquelles nous devons répondre pour nous assurer de l’efficacité de nos interventions.

C’est la raison pour laquelle cette initiative de l’UNICEF, de la Direction de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse (DPJEJ) du Ministère de la Justice trouve son cadre dans un programme de lutte contre les violences basées sur le genre : un programme qui vise à renforcer les mesures préventives, la sensibilisation de la population  ainsi que la prise en charge des victimes.

Il faut passer à l’action, lutter contre les injustices, l’ignorance en sachant que dans la majorité des cas, il ne s’agit pas de lutter contre un individu mais contre des pratiques, des croyances et des préjugés ancrés dans nos consciences.
 Il  faut agir!

C’est en cela que cette formation est cruciale.
Nous espérons qu’à la fin de la formation, les officiers de police judiciaire et les magistrats appréhendent et appliquent mieux les règles applicables à la prévention et à la prise en charge des violences sexuelles. Et que les enfants et les victimes de violences sexuelles bénéficient d'une meilleure protection.

Pour obtenir ces objectifs, nous avons 4 modules de formation :

  1. Définition des violences, implication sur la santé physique et mentale des victimes et méthodes de prévention;
  2. Les normes juridiques nationales et internationales relatives aux violences sexuelles;
  3. La protection judiciaire des personnes victimes de violence sexuelle et particulier ment des mineurs victimes;
  4. La prise en charge médicale et son implication dans le processus judiciaire.

Nous sommes donc ensemble aujourd’hui : pour vous sensibiliser et renforcer vos capacités, afin de rendre effective la protection des femmes et des filles par les FDS.
Car même si des progrès certains ont été accomplis, des défis non moins importants restent à relever pour réduire significativement le nombre de filles et de femmes victimes de violences de tous genres en Côte d’Ivoire.

Chers participants et invités, unissons-nous pour les femmes et les enfants. Ensemble faisons de la lutte contre l’impunité des auteurs d’actes de violences, une réalité en Côte d’Ivoire.
Je vous remercie.

 

 
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