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COMMUNIQUE DE PRESSE

DECLARATION OFFICIELLE

 

Séminaire sur la justice juvénile

Allocution de Monsieur Youssouf Oomar, Représentant-Résident

Abidjan, le 22 novembre 2007

• Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire,
• Monsieur le Directeur de Cabinet du Ministre de la Justice,
• Messieurs les Juges du Réseau des Magistrats amies des Enfants et du Parquet,
• Monsieur le Capitaine de la Direction de la police criminelle,
• Madame la représentante de la Direction de la Protection judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse,
• Monsieur le Directeur de l’administration pénitentiaire,
• Monsieur le Directeur Général des droits de l’homme et de l’administration pénitentiaire,
• Messieurs les Représentants du Ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires Sociales,
• Messieurs les avocats du Barreau,
• Honorables amies de la société civile,
• Honorables invités,
• Mesdames et Messieurs,

La crise est finie, la paix est là.
L’heure d’avancer et de reprendre les chemins délaissés du développement social est arrivée.
Comme toujours, nous sommes là pour vous rappeler que les enfants ont besoin d’être protégés contre tout type d’abus, de violence et d’exploitation.

Pendant ces dernières années, on a beaucoup parlé d’enfants associes aux groupes armes, d’enfants victimes de traite, abandonnés ou violés ; d’enfants qui étaient victimes de la crise et d’une société fragile et divisée. 
Aujourd’hui, la phase de transition vers le développement qu’amorce la Cote d’Ivoire impose l’analyse de certaines thématiques qui ont été mises de coté, en raison du conflit.
L’actuel processus du redéploiement de l’administration nous permet d’entamer la réflexion sur les possibles interventions à mener pour une restauration progressive de l’autorité de la loi sur tout le territoire national.

Ce matin nous parlerons des enfants en conflit avec la loi, eux aussi victimes d’une défaillance de la société qui n’a pas pu les mettre à l’abri de situations délictuelles.

En tant qu’enfants, ils sont vulnérables et titulaires de droits que leur confère la convention relative aux droits de l’enfant.
De façon strictement techniques le terme « enfant en conflit avec la loi » fait référence à tout jeune de moins de 18 ans qui est en contact avec le système judiciaire après avoir été suspecté ou accusé d’avoir commis un délit.

Mais au plan social et humain, il ne faut pas oublier que la plupart des enfants en conflit avec la loi viennent de communautés et de familles particulièrement démunies, n’ont pas accès à l’école, ont été victimes de violences et d’abus, et proviennent souvent de minorités faisant l’objet de discriminations.

En outre, les infractions commises sont généralement mineures ; celles-ci étant relatives au statut de la personne (école buissonnière, abandon du foyer, consommation d’alcool, etc.) et/ou aux comportements de survie (la mendicité, l’errance, le vagabondage), actes qui ne sont pas considérées comme étant des infractions criminelles lorsqu’elles sont commises par des adultes.

Pour cette raison, les enfants en conflit avec la loi sont des personnes très vulnérables, qui se trouvent en équilibre entre la marginalisation et la possibilité de devenir des adultes productifs capables d’assumer un rôle constructif au sein de la société.

L’UNICEF considère que la question de la justice juvénile devrait se régir sur le principe fondamental de « justice restaurative », axée sur la récupération de la personne, et non sur la « justice rétributive », axée sur la punition de l'auteur de l'infraction.

La justice rétributive est plus attentive à l'infraction elle-même qu'aux personnes qui y sont impliquées. Le plus souvent, cette justice n'est pas menée dans le meilleur intérêt de la victime, de l'auteur, ni de la société en général.

Par contre la justice restaurative est basée sur 4 piliers qui constituent les axes stratégiques de l’UNICEF :

1. Prévention : pour éviter d’abord que les enfants se mettent en conflit avec la loi ;

2. Diversion: pour garantir aux mineurs, à tous les stades de la procédure, la possibilité d'une voie alternative au système judiciaire formel : la médiation entre victime et délinquant, conférences de famille, signalement ou prise en charge par des services sociaux, programmes de désintoxication, travaux d'intérêt général, etc.

3. Réparation: dans le cas ou le recours au système judiciaire formel est nécessaire, pour garantir que ceci soit conforme aux standards internationaux, notamment centré sur l’intérêt supérieur de l’enfant et sa réintégration sociale ;

4. Recours prioritaire aux peines alternatives, telles que la probation, les amendes, les travaux d'intérêt général; les mesures de traitement intermédiaire telle que la liberté surveillée, le placement en milieu ouvert, familial ou institutionnel; les alternatives traditionnelles telles que les conférences de groupe ou de famille. 

Dans tous les cas, la détention en prison ne devrait être utilisée qu’en dernier ressort et pour une période aussi courte que possible.

Pour conclure, c’est sur la base du principe inspirateur de la justice restaurative que je vous laisse initier le débat d’aujourd’hui tout en vous rappelant que les enfants sont l’avenir de la Cotre d’Ivoire et que nous avons tous le devoir de leur offrir d’autres alternatives ;

Comme j’ai l’habitude de le dire la place d’un enfant n’est pas d’être en prison ; elle est sur les bancs de l’école entoure de l’amour et de la protection de sa famille.

Mon vœu est que ce séminaire contribue à faire du système judiciaire ivoirien un système ami des enfants, qui garantisse le respect de leurs droits fondamentaux.

Je vous remercie.

 

 
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