Cérémonie de lancement de la stratégie de survie et de développement de l’enfantAllocution de Monsieur Youssouf Oomar, Représentant-Résident Abidjan, le 11 juin 2007 Je vous livre donc quelques statistiques qui parlent d’elles-mêmes : • Chaque année 10,6 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent dans le monde dont 4,6 millions en Afrique (sub-sahélienne) soit 43%; • Sur le plan de la mortalité maternelle, la Côte d’Ivoire présente l’un des taux les plus élevés dans le monde. En effet sur 100 000 accouchements, 690 femmes meurent en donnant la vie. • Le VIH/SIDA avec 4,7% de prévalence nationale et plus de 8% chez les femmes placent la Côte d’Ivoire au premier rang des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. • Chez nous en Côte d’Ivoire, le taux de mortalité infantile est 118 sur 1000 naissances et le taux de décès avant 5 ans est de 194 pour 1000. Une fois encore, je tiens à le redire, la plupart de ces décès sont dus à des causes que nous pouvons éviter. On peut sauver des enfants du Paludisme en utilisant la moustiquaire qui coûte entre 1500 et 3000 Francs CFA (pour une moustiquaire non imprégnée). En ce moment 26% des enfants de moins de 5 ans dorment sous une moustiquaire et seulement 6% sous une moustiquaire imprégnée. Et c’est là où notre responsabilité à tous est engagée. C’est aussi cela qui a conduit les Chefs d’Etat et de Gouvernement du monde entier à se réunir en 2000 à New York et à s’engager solennellement à atteindre les 8 objectifs fondamentaux du Millénaire parmi lesquels 3 objectifs sont directement liés à la Survie de l’Enfant. Ce sont : 1. Réduire de deux tiers, d'ici à 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans 2. Réduire de trois quarts, d'ici à 2015, le taux de mortalité maternelle 3. Stopper d'ici à 2015, la propagation du VIH/SIDA et commencer à inverser la tendance actuelle et réduire la prévalence du paludisme. Comme vous le constatez ces objectifs ont été signés en 2000, nous sommes en 2007, pas très loin du tout de 2015, et vous venez d’écouter la situation préoccupante à travers les chiffres sur les décès d’enfants que je viens de vous livrer. Ceci explique le nouvel engagement des Chefs d’Etat de l’Union Africaine au cours de la session ordinaire du 2 au 5 juillet 2005 à Syrte en Libye qui ont adopté la déclaration qui affirme leur engagement à réduire le nombre annuel de décès d'enfant se produisant en Afrique de 1.5 million d'ici 2010, afin de réaliser l’ODM n° 4 d'ici 2015. Les Ministres de la Santé de l’Union Africaine ont emboîté le pas aux chefs d’Etat et de Gouvernement au cours de leur réunion de septembre 2006 durant laquelle ils se sont engagés à mettre en oeuvre la stratégie de Survie et de Développement de l’enfant. De fait, cette stratégie a été déjà mise en œuvre depuis 2002 avec l’appui financier du Gouvernement du Canada dans 11 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les premiers résultats sont encourageants. En effet, entre 2002 et 2005 on estime que grâce à cette stratégie, le Cameroun a réduit la mortalité chez les moins de 5 ans de 5%, la Guinée Bissau de plus de 14%, le Ghana de 17%, le Mali de 21% et le Sénégal de 25%. Au niveau de l’UNICEF, nous avons officiellement adopté cette stratégie à travers notre programme de coopération 2007. Dans une très bonne collaboration avec le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, nous avons identifié les paquets d’intervention à haut impact sur la réduction de la mortalité infanto juvénile et maternelle que nous sommes en train de mettre en œuvre notamment dans les 41 districts de la zone Centre, Nord, Ouest. Cependant, quelque soit la bonne volonté de nos bailleurs et la nôtre, ce programme restera toujours modeste au vu des besoins énormes que les statistiques citées plus haut ont révélés. Je dis cela pour souligner à cette occasion solennelle, la nécessité du renforcement quantitatif et qualitatif de ce programme. Et ce renforcement doit passer au moins par : 1) L’amélioration du système de santé avec le renforcement des capacités à tous les niveaux et en assurant des prestations de qualité pour au moins les interventions prioritaires à haut impact sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile. Dans ce cadre, nous ne croyons pas que la multiplication des structures administratives soit la panacée. Mais il faut plutôt une utilisation rationnelle des moyens existants, une meilleure coordination, une meilleure gouvernance et une augmentation du budget alloué à la santé. Il ne peut y avoir de succès de la survie de l’enfant si des efforts importants ne sont pas déployés au niveau de l’offre. Et si je dois citer un exemple que tout le monde sait, il ne peut y avoir de succès si aujourd’hui une partie des établissements sanitaires manquent de médicaments essentiels ou si nous continuons à enregistrer des pénuries de vaccins…. 2) L’habilitation des familles et des communautés notamment les plus marginalisées. Les communautés sont aptes à se prendre en charge et à contribuer à la bonne gestion des établissements de santé quant elles sont impliquées. 3) Le plaidoyer pour l’harmonisation des programmes qui visent à atteindre les OMD. Nous avons tous des programmes qui, d’une façon directe ou indirecte visent à réduire les mortalités infantile et maternelle mais nous n’avons pas souvent eu l’occasion de les coordonner et de les intégrer d’une façon harmonieuse. 4) La construction d’un partenariat opérationnel pour la mise en œuvre des interventions à haut impact sur la mortalité infantile et maternelle. Ce partenariat doit impliquer les bailleurs de fonds, les ONG, le secteur privé et toutes les parties prenantes dans le programme. 5) L’élaboration d’un plan de mobilisation des ressources au niveau international, national et gouvernemental pour le passage à échelle rapide des interventions à haut impact sur la mortalité infantile et maternelle. Tant il est vrai que, sans ce passage à échelle, nous perdrons une grande partie de l’efficacité de la stratégie de la Survie. Voilà, quelques propositions que nous avons jugés opportunes d’avancer à l’occasion du lancement de la SASDE. Nous avons également jugés opportun, pour soutenir le programme SASDE, de mettre à la disposition du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique : - 10 nouveaux véhicules pour les supervisions des Equipes Cadres de District et les stratégies mobiles, - 170 motos pour les stratégies avancées, - 965 vélos pour le suivi des activités communautaires. Ces derniers nouveaux moyens roulants ont été acquis grâce au financement de notre Directrice Exécutive dans le cadre du renforcement de la Survie et le Développement de l’Enfant. Je terminerai mon intervention avec des sincères remerciements à tous nos bailleurs de fonds et plus particulièrement à l’Union Européenne. Je réitère encore une fois l'engagement de l'UNICEF à déployer tous les efforts nécessaires pour contribuer à réduire la mortalité chez les enfants, accompagner leur épanouissement et leur développement, et leur assurer un monde meilleur. Un monde où chaque enfant verra ses droits respectés. Je vous remercie.
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