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COMMUNIQUE DE PRESSE

DECLARATION OFFICIELLE

 

18ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant

Allocution de Monsieur Youssouf Oomar, Représentant-Résident

Abidjan, le 20 novembre 2007

Monsieur le Directeur de cabinet de la Ministre de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales,
Monsieur le Maire de Grand-Bassam,
Madame la coordinatrice de la communauté ABEL,
Chers enfants du Parlement des enfants de Côte d’Ivoire,
Chers enfants de l’Association des Enfants et Jeunes Travailleurs de Côte d’Ivoire,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, la Convention relative aux droits de l’enfant a 18 ans. Une génération entière de personnes dans le monde a grandi sous les dispositions de cette Convention. Cette génération a été le témoin d’un changement social stupéfiant où les enfants ont pris conscience de leurs droits et ont pu les revendiquer auprès de leurs gouvernants, de la société, de leurs communautés et de leurs familles.

La Côte d’Ivoire a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant le 4 février 1991.  Elle s’est par conséquent engagée à construire un pays « digne des enfants ». Un pays qui leur garantit la santé, l’éducation et la protection contre tout type d’abus, d’exploitation et de violence.
La grande innovation apportée par la Convention est que cette garantie n’est plus à la discrétion de l’Etat mais elle constitue une obligation pour laquelle les enfants et leurs familles peuvent demander à l’Etat de rendre compte.
Où en est-on dans la réalité ? Est-ce que la Convention a vraiment apporté une amélioration des conditions de vie de nos enfants ?

Bien sûr la Côte d’Ivoire a fait beaucoup d’efforts dans ce sens : les campagnes de vaccinations menées par le Gouvernement en collaboration avec l’UNICEF ont garanti la vie à des milliers des enfants ; près de 3000 enfants qui avaient été associés aux groupes armés ont été démobilisées et réintégré socialement dans le système scolaire ou professionnel.

Les enfants eux-mêmes ont commencé à s’associer et s’exprimer à haute voix en s’assurant que leurs opinions sont écoutées dans la société et cette journée organisée par le Parlement des Enfants et l’Association des Enfants et des Jeunes Travailleurs le démontre.
Alors, oui, la Convention nous a guidé et aidé à réaliser tout ça, ce qui doit nous rendre fiers, cependant ces 5 années de crise ont affecté la course vers l’application intégrale des droits des enfants.
Les chiffres le démontrent : actuellement en Côte d’Ivoire près d’un enfant sur deux n’est pas enregistré à l’état civil ; une fille sur 3 a été excisée ; des centaines d’enfants sont victimes de traite ; Les violences sexuelles sur les femmes ont pris une ampleur inquiétante;
L’état, l’autorité judiciaire et les services sociaux, ne sont plus présent au nord et sont devenus plus faibles au sud.
Il faut se rendre à l’évidence, beaucoup reste à faire.
Aujourd’hui nous sommes présents pour écouter les enfants : ils vont chanter, danser et exprimer leur désir de paix.

Parce que la paix est le postulat indispensable pour que les droits soient respectés, la paix permet de casser le cercle vicieux de la pauvreté, la paix substitue l’argent dépensé pour les armes pour le rendre aux écoles et aux hôpitaux, la paix rend libres les peuples.
C’est ce que les enfants vont nous dire ce matin : « La paix est la, à portée de main, ne la ratez pas, car VOUS NOUS LA DEVEZ ».

La Côte d’Ivoire est un pays beau, riche et plein d’espérance. Les enfants sont l’avenir de ce pays, leur place est à l’école avec leurs parents, à l’abri de la violence et de l’exploitation. 
Après la douleur de la crise, on chante aujourd’hui le retour de la paix et l’anniversaire de la Convention : les deux, ensemble, feront avancer le pays.

Je vous remercie.

 

 

 
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